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"Une erreur fatale" : Gianni Infantino, patron de la Fifa, est-il sur un siège éjectable après son projet controversé ?

Le projet de Gianni Infantino de "vendre la Coupe du monde" n'en finit plus de faire réagir. S'il a finalement décidé de l'abandonner, le patron de la Fifa est taclé de toute part. Certaines voix appellent même à sa démission alors que les élections de la Fifa ont lieu dans huit mois.

Gianni Infantino, le président de la Fifa, en mai 2026

Crédit : Patrick T. Fallon / AFP

Vincent Chaudel, fondateur de l'observatoire du sport business, revient sur le projet fou de Gianni Infantino

00:11:03

Justine Audollent

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Un projet qui pourrait coûter sa place à Gianni Infantino. Mardi 28 juillet, le patron de la Fifa a lâché une bombe en dévoilant son projet visant à créer une société, la Fifa Forward Entreprise (FFE), ouverte aux investisseurs privés et chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l'instance, y compris la Coupe du monde. Face au tollé qu'il a provoqué, le dirigeant de 56 ans a rétropédalé dans la nuit de vendredi à samedi

Un abandon qui n'a pas fait taire les critiques et qui pourrait précipiter sa fin comme président de la Fifa, un poste qu'il occupe depuis 2016. "On présentait Infantino jusqu'ici comme un fin tacticien et politicien. Là, c'est une très grosse erreur politique qu'il a fait et qui pourrait le faire tomber", estime Vincent Chaudel, fondateur de l'observatoire du sport business, dans l'émission On refait le sport ce dimanche 2 août sur RTL. Selon lui, ce projet représente "peut-être une erreur fatale" pour Infantino.

Un dirigeant isolé au sein de la Fifa

Les élections pour désigner le prochain président de la Fifa auront lieu en mars 2027 au Maroc. Et jusqu'à présent, Gianni Infantino était le seul candidat à sa réélection. "Là où il avait un chemin tout tracé pour continuer et rester en place de nombreuses années, il s'est peut-être fait hara-kiri, tout simplement", juge Vincent Chaudel.

Le dirigeant sportif se retrouve par ailleurs de plus en plus isolé au sein même de l'instance du football mondial. Il a ainsi été lâché par son bras droit, Carlos Cordeiro, qui a décidé de claquer la porte vendredi 31 juillet. Le numéro 3 de la Fifa, le Français Kevin Lamour, n'a également pas mâché ses mots pour critiquer le projet de son patron, le fait "d'une seule personne" selon lui.

De plus, des voix appelant à son départ commencent à s'élever. Sur son compte X, Javier Tebas, le président de LaLiga, s'est par exemple fendu d'un message incendiaire. "Que la FIFA ait retiré sa proposition de privatiser ses compétitions est une bonne nouvelle. Mais ce serait une grave erreur de penser que cela résout le problème de gouvernance. (...) Je pense que Gianni Infantino ne doit pas rester à la tête de la Fifa. Le football mondial a besoin d’une nouvelle direction capable de moderniser sa gouvernance, de restaurer la crédibilité institutionnelle et d’élaborer les décisions d’avenir en concertation avec les acteurs concernés plutôt que de les imposer de manière unilatérale", a commenté le dirigeant espagnol.

La Concacaf, composée de 41 fédérations d'Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes, a quant à elle réclamé une "mise à plat complète" de la gouvernance d'Infantino. Ce projet est "le symptôme d'une gouvernance qui a cessé de placer le football au premier plan" et agit "en dehors de tout cadre et sans transparence, consultation, ni procédure régulière", a estimé l'instance.

Un vote de défiance convoqué par l'UEFA ?

Un vote de défiance de la part de l'UEFA, très critique depuis l'annonce du projet d'Infantino, serait notamment à l'ordre du jour. "C'est un peu comme renverser le gouvernement à l'Assemblée nationale. Des motions de censure, on peut toujours en pousser. Il faut avoir, après, assez de votants pour aller au bout. La question, c'est de savoir dans quel délai on est capable de réunir assez de voix pour le faire tomber", précise Vincent Chaudel. 
Pour convoquer un vote de défiance, 43 fédérations doivent en faire la demande écrite. L'UEFA étant composée de 55 fédérations, ce seuil devrait être atteint. Par la suite, il faudrait que la majorité simple (plus de 50%) des suffrages, soit 106 fédérations, votent en faveur de la destitution de Gianni Infantino.


"Pour le faire tomber ou pour avoir une présidence alternative, c'est une course contre-la-montre pour chercher la personne idoine et chercher les votes qui vont soutenir cette personne-là", résume Vincent Chaudel.

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