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Les futures Coupes du monde sans la France ni l'Espagne ? Le projet commercial de la Fifa vire à la guerre ouverte avec l'UEFA

Le patron de la FIFA, Gianni Infantino, défend un projet de création de société commerciale ouverte à des investisseurs privés. L'UEFA dénonce un projet "irresponsable" et menace de boycotter les prochaines compétitions internationales si la FIFA ne renonce pas au projet.

Kylian Mbappé avec les Bleus face à l'Espagne le 14 juillet 2026 à Arlington

Crédit : Shaun Botterill / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

L'UEFA menace de boycotter les prochaines rencontres internationales après la proposition de Gianni Infantino sur les investisseurs privés

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Julien Hababou - édité par Laurène Rocheteau

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Des compétitions internationales sans les fédérations européennes ? C'est ce qu'il risque de se passer si la Fédération internationale de football ne renonce pas à son projet de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés. 

L'UEFA, qui qualifie cette proposition d'"irresponsable" et "indéfendable", a menacé jeudi de boycotter les prochaines rencontres internationales : aucune des 55 équipes nationales de l'UEFA ne participerait donc aux compétitions internationales prévu prochainement si le projet de Gianni Infantino reste d'actualité. 

Cela concerne donc la Coupe du monde des jeunes, prévue à la rentrée, mais aussi la Coupe du monde féminine l'été prochain au Brésil. L'équipe de France est d'ailleurs déjà qualifiée pour ce tournoi. Le patron de la FIFA, Gianni Infantino, a lui-même fixé une échéance au 19 septembre, date limite pour que ses 211 fédérations membres disent oui ou non au projet d'ouverture à des investisseurs privés.

Une société pour gérer les activités commerciales

Le projet de la FIFA, présenté mardi à la surprise générale, prévoit la création d'une société, la Fifa Forward Enterprise (FFE), chargée de gérer ses activités commerciales (diffusion, sponsoring, billetterie, octroi de licences) et événementielles (Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, etc.). L'objectif : porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années. 

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Des investisseurs privés pourront posséder des parts de la FFE, mais resteront minoritaires à hauteur d'environ 20%, a promis l'instance, qui veut lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars, sur la base d'une valorisation de la future entreprise évaluée à 20 milliards de dollars. La Fifa assure qu'elle conservera le contrôle exclusif de cette société ainsi que "l'autorité exclusive" sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier, les décisions réglementaires... 

Si le projet voit le jour, chacune des 211 fédérations membres de la Fifa pourrait recevoir une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027 et verra passer sa dotation sur la période 2027-2030 de 8 à 20 millions de dollars. 

La FIFA défend son projet

Mercredi, le président de la FIFA Gianni Infantino a défendu son projet, y voyant "une occasion en or de dynamiser le développement du sport à l'échelle mondiale", et estimant qu"'une part trop faible de la valeur commerciale croissante du football revient aux acteurs de ce sport qui en ont le plus besoin". 

La Fifa a confirmé vendredi sa volonté de maintenir son projet d'ouverture aux investisseurs privés malgré la très forte opposition d'une grande partie de ses membres, affirmant avoir entendu les critiques et vouloir poursuivre des consultations "ouvertes et démocratiques". 

"Le processus de consultation que nous avions prévu a été perturbé par des informations inexactes diffusées dans les médias", affirme vendredi dans un communiqué l'instance dirigeante du football mondial, ajoutant: "Nous poursuivrons néanmoins cette consultation afin que chaque fédération membre puisse se prononcer sur la base de faits avérés".

Fracture dans les lignes dirigeantes du foot mondial

En attendant, la perspective d'une ouverture aux investisseurs privés n'en finit plus de fracturer les lignes dirigeantes du football mondial. Vendredi, la Confédération asiatique (AFC) s’est rangée aux côtés de l’UEFA et de la Concacaf pour s’y opposer. 

De son côté, la Confédération océanienne (OFC) a appelé ses onze fédérations membres à examiner le texte et à prendre part à la consultation lancée par la FIFA. 

Autre illustration de la crise en cours : Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, a annoncé sa démission immédiate, en désaccord total avec cette initiative.

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