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Qualification après 40 ans d'absence, contexte de guerre et coach bien connu des Bleus… Que vaut l'Irak, deuxième adversaire de la France à la Coupe du monde 2026 ?

Battue par la Norvège pour son premier match de Coupe du monde depuis 1986, l'équipe d'Irak est sous pression avant d'affronter les Bleus de Didier Deschamps, lundi 22 juin à Philadelphie (23h).

L'équipe d'Irak avant le match face à la Norvège à la Coupe du monde, le 16 juin 2026 à Boston.

Crédit : Mattia Ozbot / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Ennio Aparicio-Szkudlarek

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"Ne les considérez pas comme une petite équipe parce que ce n'est pas le cas." Depuis plusieurs jours, Didier Deschamps appelle son groupe à la plus grande prudence avant cette affiche déséquilibrée face à l'Irak, 60e nation au classement Fifa, pour la deuxième journée de la phase de groupe de la Coupe du monde, lundi 22 juin à Philadelphie (23h, en direct sur M6 et M6+), comme observé dans les vidéos diffusées par la FFF.

Après sa victoire inaugurale contre le Sénégal (3-1) et avant de défier la Norvège d'Erling Haaland vendredi, l'équipe de France se frotte aux plus modestes Lions de la Mésopotamie, l'ultime sélection à avoir décroché son ticket pour ce Mondial le 31 mars dernier, après sa victoire contre la Bolivie (2-1) lors du barrage intercontinental au Mexique. Une performance historique : c'est seulement la deuxième fois que le pays accède à la phase finale du tournoi. 

De retour en Coupe du monde après 40 ans

De nombreux joueurs irakiens avaient d'ailleurs éclaté en sanglots au coup de sifflet final, une fois cette première qualification depuis la Coupe du monde 1986, déjà au Mexique, en poche. À l'époque, l'Irak n'avait pas réussi à passer les phases de poules avec trois défaites contre le pays hôte, le Paraguay et la Belgique.

L'équipe nationale a ensuite connu une période sombre pendant plusieurs décennies. Le pays n'a pas échappé au contexte politique, enlisé dans une guerre avec les États-Unis durant les années 2000. Un climat insoutenable où les joueurs irakiens ont subi des pressions du gouvernement, allant jusqu'à des mauvais traitements et des emprisonnements en cas de défaites.

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Malgré ce conflit, la sélection a continué à concourir en Coupe d'Asie, en réalisant l'exploit de remporter la compétition en 2007. Cette victoire reste à ce jour le plus grand fait d'armes de l'histoire du football irakien, stoppé en huitièmes de finale lors des deux dernières éditions après avoir atteint le dernier carré en 2015.

Mais la sélection s'est de nouveau retrouvée hantée par l'instabilité géopolitique de la région exacerbée par la guerre entre l'Iran et les États-Unis ces derniers mois. L'Irak avait d'ailleurs demandé le report - rejeté - de la rencontre contre la Bolivie, car elle était contrainte d'effectuer un voyage de plus de vingt heures par la route pour décoller vers l'Amérique du Nord en lieu sûr.

"Après la qualification, je n’ai pas pu retourner en Irak parce que l’espace aérien était fermé. J’aurais aimé partager ces célébrations attendues depuis quarante ans. Quand je demande aux joueurs s’ils ont peur de la guerre ou de la situation au Moyen-Orient, ils sont presque surpris. Ils vivent avec ça depuis des années. Pour moi, Australien, c’était angoissant, mais pour eux, c’est leur réalité", expliquait le sélectionneur Graham Arnold, dimanche à L'Equipe, lui qui a déjà croisé la route des Bleus lors de la Coupe du monde 2022 comme coach de la sélection aussie (défaite 4-1).

Un éprouvant parcours qualificatif long de 21 matchs

La sélection irakienne a fait preuve d'une incroyable résilience pour obtenir sa place dans le gotha du football mondial. Les Lions de la Mésopotamie ont dû disputer cinq tours qualificatifs, avec en point d'orgue cette rencontre face à la Bolivie. Une très longue campagne débutée le 16 novembre 2023, avec une victoire contre l'Indonésie (5-1).

Lors du deuxième tour de qualification de la zone Asie, l'Irak avait surclassé ses adversaires en signant six victoires en autant de matchs, terminant ainsi première de son groupe. Mais à la phase suivante, elle n'a pas réussi à atteindre les deux premières places de leur poule, directement qualificatives pour le Mondial.

Troisièmes derrière la Corée du Sud et la Jordanie, les Lions de la Mésopotamie ont dû passer par une nouvelle manche qualificative... et un nouveau scénario cruel : engagée dans une poule de trois équipes avec l'Arabie Saoudite et l'Indonésie, la sélection a été coiffée de peu par les Saoudiens, malgré une égalité de points et une différence de buts similaire. La première place directement qualificative lui a échappé en raison d'un plus faible nombre de buts marqués.

L'Irak a ainsi été contrainte de disputer un nouveau barrage contre les Émirats arabes unis, pour s'offrir le droit de jouer sa place au Mondial lors d'un barrage intercontinental ensuite. Après un nul au match aller, les Irakiens se sont qualifiés chez eux au bout du suspense face aux Émirats arabes unis, grâce à un penalty victorieux marqué à la 17e minute... du temps additionnel. C'est finalement après un périple fou de 21 matchs que la sélection a enfin obtenu son sésame rêvé pour la Coupe du monde.

Une équipe composée en majorité de joueurs locaux

Tombés dans l'un des groupes les plus relevés de la compétition, les Irakiens font figure de petit poucet de la compétition, avec un roaster de joueurs principalement issus du championnat national. Parmi les cinq grands championnats, on retrouve seulement l'ailier gauche Marko Farji, promu en Serie A avec Venise, mais en ne jouant que deux bouts de matchs.

Pour le reste, le joueur le plus côté est son pendant à droite Ahmed Qasem, qui évolue à Nashville aux États-Unis, et six autres ont une petite expérience européenne. L'Irak pourra néanmoins s'appuyer sur son buteur Ayman Hussein : neuf buts en qualifications et auteur d'une belle tête lors de la défaite face à la Norvège en ouverture (1-4), marquée par une belle boulette du gardien et capitaine Jalal Hassan devant Haaland.

"Cela va être un match très intense. Ils vont jouer pour rester dans la compétition. Ce sera très physique et on sait dans quel système ils jouent avec leur 4-4-2 et leurs deux attaquants. Je pense que ce sera un match assez direct et il faudra être prêt pour ça", a averti samedi le latéral tricolore Lucas Digne, qui devrait suppléer à gauche Théo Hernandez, guère à son aise contre le Sénégal.

Le défenseur William Saliba a lui quelque peu dramatisé l'affrontement et a dit s'attendre à "une grande bataille". Mais face à une équipe qui a tenu en échec la grande Espagne en préparation début juin (1-1), autant activer tous les leviers de motivation, sachant qu'une victoire permettra aux Bleus de valider leur billet en seizièmes de finale.


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