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Vinicius Jr lors du barrage retour de Ligue des champions du Real Madrid remporté contre Benfica, le 25 février 2026 au Bernabéu.
Crédit : Jose Breton / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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À quand remonte la dernière soirée de folie au Bernabéu ? Depuis sa campagne victorieuse de 2024 marquée notamment par le doublé éclair de Joselu en demi-finale retour pour écarter le Bayern Munich, le Real Madrid peine à retrouver des leviers pour activer la magie, qui a fait sa grandeur sur la décennie écoulée, en Ligue des champions. Si bien que ce huitième de finale aller contre un Manchester City de nouveau sûr de sa force semble particulièrement déséquilibré, mercredi 11 mars.
Depuis deux ans, il y a bien eu des coups d'éclat contre Dortmund en phase de ligue (5-2) ou l'Atlético de Madrid en huitièmes de finale la saison passée (2-1), mais c'était encore loin des tours aux enjeux les plus critiques.
Ces derniers mois, ce sont plutôt les sifflets qui sont devenus l'habitude dans les travées de la gigantesque enceinte de la capitale espagnole. Mais quel mal ronge réellement le club aux 15 coupes aux grandes oreilles ?
Au moment où la cavalcade citizen de Pep Guardiola débarque à Madrid avec un effectif pléthorique et quasiment au complet (hormis les Croates Josko Gvardiol et Mateo Kovacic), la cascade de blessures de la Maison Blanche explique en partie sa récente méforme : décroché à quatre points de Barcelone en Liga après deux défaites contre Osasuna (1-2) et Getafe (0-1), une qualification sans convaincre en C1 contre Benfica (2-1, 1-0 à l'aller) et une victoire poussive face au Celta Vigo vendredi (2-1).
Jude Bellingham, Alvaro Carreras, David Alaba, Dani Ceballos et Eder Militao manquent à l'appel, quand le potentiel offensif en a pris un coup avec la rupture du ligament croisé antérieur au genou droit de Rodrygo, forfait pour plusieurs mois. Mais le cas qui fait le plus jaser est évidemment celui de Kylian Mbappé, diminué lui aussi par une lésion au ligament externe du genou gauche depuis fin 2025.
Sans sa star et sa floppée de 38 buts inscrits en 33 matchs (soit 25 de plus que Vinicius Jr, pourtant deuxième meilleur réalisateur du club), le Real Madrid perd son plus grand atout. Résultat, le capitaine de l'équipe de France a eu tendance à forcer depuis le début d'année, quitte à enchaîner les allées et venues à l'infirmerie.
Il a d'ailleurs été vu lundi à l'entraînement, alors que son entraîneur Alvaro Arbeloa déclarait encore début mars : "Ce que nous voulons maintenant, c'est qu'il se remette de ses douleurs pour qu'il revienne à 100%", évoquant un repos de "plusieurs jours" voire "plusieurs semaines". De quoi interroger sur la gestion de la gâchette tricolore, pas disponible pour le match aller, et qui inquiète à trois mois du Mondial.
Mais le Real Madrid - contraint de titulariser des jeunes à l'image de Thiago Pitarch en Galice ce week-end - ne trouve plus la clé, notamment sur le plan tactique, depuis déjà l'exercice 2024-25. S'il avait réussi à mener son groupe vers un énième sacre avec un plan de jeu minimaliste laissant à Vinicius et Rodrygo toute la latitude de manœuvrer sur le front offensif de son 4-4-2, où Jude Bellingham réussissait à s'incorporer dans le dernier tiers, Carlo Ancelotti n'est pas parvenu à intégrer Kylian Mbappé à son système l'an passé. Et ce, alors que la perte de Toni Kroos, parti en retraite, a durablement désorganisé l'entrejeu madrilène.
L'arrivée de Xabi Alonso, en réussite avec le Bayer Leverkusen jusqu'ici, était censée changer la donne et redynamiser l'équipe. Mais sa tentative d'installer son 3-4-3 avec un fort pressing à la perte s'est heurtée à une certaine hostilité du vestiaire, peu enclin à consentir de tels efforts. Son licenciement début janvier, après une défaite contre le rival catalan en Supercoupe d'Espagne (2-3), semblait donc inéluctable dans une formation où les résultats immédiats prennent le pas sur la planification des projets sportifs à moyen et long terme.
C'est ainsi qu'Alvaro Arbeloa, lui aussi ancien Merengue, a été promu à la tête de l'équipe première, après avoir coaché la Castilla. Malgré une élimination piteuse en Coupe du Roi sur le terrain d'Albacete - pensionnaire de troisième division - pour ses débuts (2-3), il avait réussi à apaiser le climat tendu autour des partenaires de Federico Valverde. Reste que sa passivité sur le banc et l'absence d'une quelconque patte commencent à se voir. Le technicien espagnol, qui s'attend à "un match compliqué" face à l'armada anglaise, un collectif "capable de se trouver les yeux fermés", a cependant assuré que le Real ne devait "jamais se sentir inférieur à quiconque". Alors simple méthode Coué ou vraie ambition ? Les supporters se montrent en tout cas méfiants.
L'heure n'est pas encore au bilan, car le chassé-croisé en Liga peut encore durer un moment et qu'une épopée européenne reste possible quand on est le plus grand club de l'histoire du football.
Mais puisque les entraîneurs se cassent les dents à vouloir additionner des talents qui ont du mal à collaborer sur le pré, difficile de ne pas pointer la responsabilité de la direction incarnée par l'omnipotent président Florentino Pérez. La venue à l'été 2024 de Kylian Mbappé, qui a dû opérer une mue pour jouer numéro 9 sans (trop) empiéter sur la zone de Vinicius, était par exemple sa volonté, pour symboliquement renouer avec l'époque des Galactiques du début du siècle (Zinédine Zidane, Ronaldo Nazario, David Beckham, Luis Figo etc).
Le Français est irréprochable quand il joue depuis quelques temps, mais le transfert a amené une dimension politique dans un vestiaire où chaque mouvement est scruté et surinterprété. Aux joueurs de Manchester City, toujours distancés par Arsenal dans la course au titre en Premier League, de profiter de ce marasme, avant que le champion ne redore son blason.
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