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Des micros de Ligue 1+, le diffuseur de la Ligue 1. (illustration)
Crédit : FRED TANNEAU / AFP
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Le conseil d'administration de la Ligue de football professionnel (LFP) a validé mercredi 21 octobre le lancement d'un appel d'offres pour diffuser la Ligue 1 sur la période 2027-2032, a annoncé l'instance. Cet appel d'offres, qui peut désormais être lancé pour un lot unique proposant la diffusion de l'intégralité des matchs de Ligue 1, se déroulera du 3 novembre au 7 décembre, a précisé la LFP auprès de l'AFP.
Cette proposition d'Olivier Bramly, le directeur général de LFP Media, la filiale commerciale et médiatique de la Ligue, intervient deux ans avant la remise prévue des droits sur le marché. Initialement, le cycle débuté en 2024 devait se terminer en 2029.
Pour l'instant, aucun diffuseur ne s'est officiellement porté candidat, sachant que Ligue 1+, la plateforme de la LFP, diffuse actuellement les 9 matchs de chaque journée de championnat en direct (avec toute la Ligue 3). On vous explique ce dossier épineux en trois questions.
"Cette décision intervient dans un contexte nouveau. Depuis plusieurs mois, nous avons reçu un certain nombre de marques d'intérêt concrètes de la part de différents acteurs", a indiqué mercredi Vincent Labrune, le président de la LFP, dans une déclaration transmise à l'AFP, pour justifier cette annonce.
"Pour la première fois depuis longtemps, le football français est en position de choisir son avenir", veut-il croire. "Le lancement de Ligue 1+ nous a permis de retrouver cette liberté et d'aborder cette nouvelle étape avec sérénité. En effet, la Ligue 1 est attractive et le calendrier de cet appel d'offres nous semble bien plus favorable que par le passé pour susciter l'intérêt des principaux acteurs du marché", selon le dirigeant.
Avec environ 1,1 million d'abonnés avant le début de l'exercice 2026-27, Ligue 1+ s'était fixé comme objectif d'en atteindre 1,3 million d'ici l'été prochain. Pour autant, le football français est frappé par une chute drastique des revenus issus des droits TV et les clubs ne lui voient pas un grand avenir à court terme.
En l'état, Ligue 1+ rapporte très peu de revenus aux clubs, même si la couverture éditoriale du championnat est globalement de qualité. Depuis que beIN Sports - dirigé par le président du PSG Nasser al-Khelaïfi - a lâché la seule affiche en direct dont il disposait jusque la saison dernière, avant de doublé la Ligue sur l'attribution des droits de la Coupe du monde 2026, les différentes formations du championnat ne touchent plus de droits domestiques directs.
Il ne leur reste que quelques millions chacun correspondant essentiellement aux recettes liées aux prix des abonnements des utilisateurs. Comme expliqué par Jérôme Cazadieu, directeur éditorial de LFP Media, sur RMC Sport en mai, le chiffre d'affaires de Ligue 1+ tournera autour de 150 millions d'euros, mais une augmentation d'une centaine de millions d'euros est visée pour la saison prochaine. À cela, il faut toutefois retrancher les coûts engendrés.
"Nous on fait du sport, je ne fais pas de politique. Le problème de nos instances, c'est que beaucoup sont là pour le 'je' et pas pour le 'jeu' football. Il y a trop d'intérêts personnels, par rapport à l'intérêt général. Aujourd'hui, on attend que plus d'argent ruisselle pour les clubs. Notre métier, ce n'est pas de distribuer une chaîne. Ce qui ruisselle, ce sont les revenus générés moins les coûts, ce qui est très faible pour les clubs. Comment revenir à quelque chose qui soit plus vertueux ?", questionnait le patron de Lille, Olivier Létang, début septembre.
Ainsi, la plupart comptent sur la venue ou le retour d'un diffuseur pour améliorer leurs santés économiques en berne. Faut-il y croire ? On peut l'espérer, mais le passé récent invite forcément à prendre des pincettes. En 2018, les droits TV représentaient plus de 50% des revenus des clubs, lorsqu'ils espéraient faire passer le montant global des recettes de 600 millions à 1 milliards d’euros annuels. Au final, les échecs commerciaux se sont succédé depuis la scission avec Canal+, DAZN arrêtant par exemple de diffuser le championnat il y a un an, alors qu'il l'avait acquis pour 400 millions.
Ce choix de lancer un appel d'offres a donc pour but de séduire de nouveaux diffuseurs, mais deux options s'offriront à de potentiels candidats : soit se contenter de diffuser Ligue 1+ sans exploiter eux-mêmes les droits, soit créer leur propre chaîne. Si cette seconde possibilité est retenue, alors la plateforme de la LFP rejoindrait les Mediapro, Amazon Prime et autres DAZN, parmi les éphémères diffuseurs de notre championnat.
L'attrait des plateformes de diffusion en continu pour les droits sportifs, comme Disney+ qui a récemment raflé la diffusion de la Liga en France, Netflix, ou Apple, qui avait discuté avec la LFP en 2023, a sans doute convaincu
Olivier Bramly, le successeur de Nicolas de Tavernost à la tête de LFP Media, de tenter ce pari.
Reste à savoir s'il sera payant cette fois, sachant que le retour du diffuseur historique, Canal+, qui a développé son offre essentiellement sur la Premier League et la Coupe d'Europe, semble encore hypothétique.
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