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Le football gronde contre les pelouses synthétiques

Annoncées comme une véritable révolution, les pelouses synthétiques sont loin de faire l'unanimité dans les vestiaires et sur les bancs de touche.

Benjamin Moukandjo sur la pelouse synthétique de Nancy, le 18 mai 2013
Benjamin Moukandjo sur la pelouse synthétique de Nancy, le 18 mai 2013 Crédit : AFP/J.C.Verhaegen
Julien Quelen
Julien Quelen
et Ludovic Vandekerckhove

Tout le monde n'est pas toujours d'accord avec Pascal Dupraz, mais sur le sujet des pelouses synthétiques qui fleurissent sur les terrains de Ligue 1, beaucoup se rallieront certainement aux propos de l'entraîneur d'Evian Thonon-Gaillard, très peu familier avec cette innovation. 

Après la deuxième victoire consécutive du club haut-savoyard le week-end dernier face à Lorient, le coach habitué aux sorties médiatiques remarquées s'est une nouvelle fois fois signaler : "Je déteste le synthétique. C’est à proscrire pour le football professionnel (...) Le synthétique, ça pue déjà, donc tu n’as déjà pas envie de venir te défoncer sur un terrain, où tu as l’impression que tu es dans une fabrique de pneu", a-t-il ainsi lancé au micro de Canal +

Des problèmes musculaires

Si les pelouses synthétiques fluidifient et accélèrent le jeu en augmentant la qualité des trajectoires de balle et des passes, elles laissent aussi des traces sur les organismes des footballeurs, déjà très exposés aux douleurs musculaires. Ainsi, du temps où il entraînait le PSGCarlo Ancelotti avait déjà émis certaines réserves concernant la participation de certains de ces joueurs, fragiles au moment de se déplacer à Lorient ou Nancy. 

Pour un déplacement chez les Merlus, le technicien italien avait préservé David Beckham qui n'avait pas forcément les moyens d'évoluer sur la surface : "C'est un peu compliqué de le faire jouer sur un terrain synthétique (...). Le synthétique, c'est dur pour un joueur de 38 ans". 

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De la même façon, Guillaume Hoarau, qui revenait d'une blessure au genou au moment d'affronter Nancy, avait été préservé par l'actuel entraîneur du Real Madrid : "Il a eu des problèmes à un genou et je ne crois pas qu'il soit bon pour lui de jouer sur cette surface", avait-il lancé en conférence de presse. Des propos confirmés par Claude Makélélé en 2010 : "Ça devrait être proscrit. J'espère qu'aucune autre équipe ne fera ce choix. Parce que les appuis sont dangereux". 

Des brûlures impressionnantes

Du côté du football amateur, où les gazons synthétiques se multiplient également, les joueurs se plaignent de brûlures qui mettent plusieurs semaines à cicatriser. À cause de tacles ou simplement de contacts qui envoient au sol, les amateurs se blessent et mettent tous en cause la surface

Le président de Nancy pourrait faire machine arrière

Véritable pionnier en la matière, Jacques Rousselot, le président nancéen qui avait introduit en 2010 la pelouse synthétique pour l'optimisation du beau jeu et la fin des reports de matches en hiver, a plusieurs fois défendu son idée devant les critiques. 

"Je ne vois pas pourquoi ces détracteurs continuent à scander des conneries, c'est l'avenir la pelouse synthétique", avançait-il ainsi ajoutant également "qu'aucun médecin ne pouvait prouver que le terrain synthétique engendre des blessures". Aujourd'hui le président du club de Nancy, pensionnaire de Ligue 2, a changé d'avis et songe sérieusement à revenir à une pelouse naturelle en raison des plaintes de ses joueurs et de son staff. 

Les femmes aussi protestent

Alors que se profile la Coupe du monde de football féminin qui aura lieu en 2015 au Canada, la Fifa fait face à la fronde des joueuses qui mènent bataille contre les terrains synthétiques. Parmi elles, les meilleures joueuses mondiales menacent même la Fédération internationale d'attenter une action en justice pour que les pelouses artificielles ne soient pas utilisées. 

"La pelouse de Vancouver est une plaisanterie, s'insurge Nadine Angerer dans des propos recueillis par l'Agence SID. C'est du béton. Le risque de blessure est énorme. J'espère que la Fifa va réaliser à quel point c'est embarrassant". 

Les terrains seront peut-être modifiés (...) Je ne vois pas la Fifa changer de stades

Gaëtane Thiney
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Un point de vue partagée par l'internationale française Gaëtane Thiney qui espère des changements, sans y accorder trop d'espoir : "Apparemment c'est du béton. les terrains seront peut-être modifiés par je ne sais quelle matière. Je ne vois pas la Fifa changer de stades..."

Vendredi dernier, la FIFA a annoncé qu'une "entreprise indépendante" se rendrait au Canada pour "tester les terrains des stades et des sites d'entraînement afin de garantir qu'ils répondent aux exigences de qualité de la Fifa". 

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Les pelouses synthétiques posent problème Crédit Média : Ludovic Vandekerckhove | Durée : | Date :
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