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L'attaquant de la Suède Viktor Gyökeres croisera la route des Bleus à la Coupe du monde.
Crédit : AFP
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Didier Deschamps et son staff n'ont certainement pas présenté leur futur adversaire sous cet angle aux joueurs de l'équipe de France, mais la Suède se présente en seizièmes de finale de la Coupe du monde avec un statut de miraculée, mardi 30 juin au MetLife Stadium, dans la banlieue de New York. Face aux Bleus, qui ont roulé lors de la phase de groupes avec le meilleur bilan du tournoi (9 points et une différence de buts de +8), les Scandinaves ne partiront clairement pas favoris.
Absente du dernier Mondial au Qatar mais également de l'Euro 2024, la sélection suédoise a affiché une grande irrégularité ces précédents mois. Elle n'aurait même jamais été présente en Amérique cet été sans un heureux changement de règlement, après n'avoir pris que deux petits points et échoué à la dernière place d'un groupe de qualification abordable (Suisse, Kosovo, Slovénie).
Son salut est venu de son classement établi il y a près de deux ans lors de la Ligue des nations, qui lui a offert une place inespérée en barrages dans la zone Europe, une innovation liée au l'élargissement du Mondial à 48 équipes. L'ex-sélectionneur danois Jon Dahl Tomasson n'a cependant pas résisté au marasme, étant remplacé par l'Anglais Graham Potter en octobre.
S'il sortait de passages décevants à Chelsea et West Ham, le nouveau venu - apprécié sur place pour sa compréhension de la langue locale après avoir lancé sa carrière d’entraîneur à Östersund en 2011, qu'il a amené de la quatrième division à la Ligue Europa - a permis à ses ouailles de venir à bout d'une Ukraine expatriée en raison de la guerre (3-1) et de la Pologne (3-2), et donc de décrocher son ticket in extremis pour le tournoi en mars.
Depuis ? Sa Suède est sur courant alternatif, en témoignent ses matchs de préparation (défaite 3-1 contre la Norvège, 2-2 face à la Grèce). Si elle a débuté la compétition avec un succès retentissant contre la Tunisie grâce à un doublé du prometteur Yasin Ayari (5-1), le fiasco des Aigles de Carthage par la suite a largement nuancé la portée de cette prestation.
De fait, après avoir subi l'efficacité néerlandaise venue de ses ailes (5-1), les Blagult n'ont acquis leur qualification au tour suivant qu'avec un statut de meilleur troisième, malgré leur match nul contre le Japon (1-1). "Je pense que nous serons l'outsider, évidemment, vu d'où on vient et ce qu'on a accompli", a commenté Graham Potter avant de savoir que les Bleus l'attendaient. "C'est déjà très bien pour nous d'être là et on sera prêts, on se battra, on fera de notre mieux".
"Nous sommes simplement reconnaissants pour chaque match que nous pouvons jouer à la Coupe du monde", a complété l'ailier Anthony Elanga, buteur contre les Nippons, dans un registre similaire en zone mixte. Il faut dire que son équipe a de vraies fragilités : la défense guidée par le capitaine Victor Lindelöf, passé par Manchester United et désormais à Aston Villa à 31 ans, est plus que fébrile avec 7 buts encaissés (le pire total parmi les sélections encore en lice avec la Norvège). Pas de quoi rassurer, d'autant plus que l'un de ses patrons, Isak Hien, est forfait pour le reste de la compétition.
De même, des doutes entourent le poste de gardien. Contre le Japon, Graham Potter a gardé sur le banc Kristoffer Nordfeldt, son titulaire lors des barrages et durant les deux premiers matches du Mondial, au profit de Jacob Widell Zetterström, qui évolue à Derby County deuxième division anglaise et ne compte que quatre sélections. Pas idéal quand on affronte Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Michael Olise, pour ne citer qu'eux.
"Nous partons dans le New Jersey pour jouer contre la meilleure attaque internationale des vingt dernières années", résumait d'ailleurs le quotidien Aftonbladet, après l'annonce de l'affiche, espérant que les Suédois arrivent à "arrêter quelque chose d’inarrêtable". "Y a-t-il seulement une chance ?", s'inquiétait pareillement le tabloïd Expressen.
Celle-ci pourrait bien venir du trio d'attaque. Aussi irrégulière et déséquilibrée qu'elle soit, la Suède compte dans ses rangs deux des avant-centres les plus réputés de Premier League avec Alexander Isak (Liverpool, 3 buts) et Viktor Gyökeres (Arsenal, 14 buts). L'un est un finisseur au grand gabarit doté d'une belle maîtrise technique, quand l'autre s'implique à la récupération et fait jouer sa puissance.
"On cherche encore, pour être honnête, comment bien utiliser Alex et Viktor, avec et sans le ballon", a toutefois reconnu Graham Potter en conférence de presse après ce dernier match contre le Japon, où les deux hommes n'ont pas pesé, empiétant les mêmes zones axiales. Il faut dire qu'ils ont souvent joué en alternance durant leurs carrières internationales, parfois en raison des blessures comme la fracture du péroné qui a tenu le Red écarté des terrains pendant quatre mois jusqu'en avril, alors que son intégration était déjà difficile.
Les Bleus auront aussi probablement affaire à Anthony Elanga (Newcastle) qui a réalisé une entrée pleine d'énergie contre les Pays-Bas, avec un but à la clé, et il a de nouveau marqué contre le Japon, comme titulaire cette fois. "On peut bien s'en sortir même quand on joue contre les meilleures équipes. Nous croyons en nous. Il faudra être à notre meilleur niveau, il faut que notre organisation défensive soit presque parfaite et ensuite, bien sûr, convertir les occasions que nous aurons", a expliqué Gyökeres, avant son duel "fun" avec son défenseur William Saliba chez les Gunners.
"Nous devons répondre par le collectif et être une menace. Nous ne pouvons pas simplement défendre pendant 90 minutes", a fait savoir Graham Potter lundi. Selon la légende suédoise Zlatan Ibrahimovic, désormais consultant pour la télévision américaine FOX, l'optimisme est pour autant loin d'être de mise : "La seule chance pour un adversaire de la France, c'est quand ils se relâchent et qu'ils s'éteignent, mais ils font peur parce qu'on sait qu'ils vont marquer". Mais parfois, c'est lorsque l'on arrive sans la pression du résultat, que l'on déplace des montagnes.
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