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Declan Rice avec Arsenal lors de la demi-finale retour de Ligue des champions contre l'Atlético de Madrid à l'Emirates Stadium, le 5 mai 2026.
Crédit : Adrian Dennis / AFP
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Une concurrence enfin à sa hauteur ? Si beaucoup de suiveurs attribuent assez légitimement le costume de favori au Paris Saint-Germain avant la finale de Ligue des champions, prévue samedi 30 mai (18 heures) à la Puskás Aréna de Budapest, les tenants du titre savent qu'a priori la rencontre face à Arsenal s'annonce plus serrée que l'ultime duel de l'an passé contre l'Inter Milan (5-0).
"Ce sera une finale très difficile avec des équipes qui arrivent avec des schémas différents", a d'ailleurs assuré le coach Luis Enrique en conférence de presse la semaine passée. "On ne s'enflamme pas, on reste humbles, on est sûrs de nos forces, on sait où on veut aller, on sait ce qu'on veut accomplir", avait de son côté fait savoir Désiré Doué, au soir de la qualification aux dépens du Bayern en demi-finales (5-4, 1-1).
Contrairement à la double confrontation contre des Munichois qui avait tout d'un miroir entre les deux équipes, le PSG risque cette fois de se frotter à une opposition à laquelle il est moins habituée. Parmi les nombreux arguments que le récent champion d'Angleterre peut faire valoir, sa solidité défensive apparaît comme un atout important face à la puissance de feu des Rouge et Bleu (44 buts en 16 matchs).
Pour reconquérir leur championnat après 22 ans d'attente et se hisser en finale de C1, les Gunners se sont appuyés sur cette arrière-garde particulièrement efficace. L'Espagnol David Raya, élu meilleur gardien de Premier League pour la troisième fois consécutive, était un candidat crédible au titre de joueur de l'année outre-Manche, tant il s'est montré dominant dans sa surface et sur sa ligne : seulement 26 buts encaissés pour un bilan impressionnant de 19 clean sheets.
Même constat en Ligue des champions, où les Londoniens n'ont jamais perdu mais n'ont surtout concédé que six buts en 14 rencontres, en comptant les deux contre les Kazakhs du Kaïrat Almaty en phase régulière (3-2), un jour où les titulaires étaient au repos. À titre de comparaison, le PSG en a pris 22 avec deux matchs de plus disputés.
Dans ces deux compétitions, David Raya a été par ailleurs été largement aidé par ses défenseurs, notamment les robustes Gabriel et l'international tricolore William Saliba. Pour preuve, les portiers londoniens ne comptent que 1,6 arrêt par match de Premier League (le plus faible total du championnat) et 2,4 en moyenne sur la scène européenne (le 31e total en C1), car les stoppeurs ont joué leur rôles à merveille.
Mais réduire Arsenal à une simple muraille serait trop réducteur. L'écurie britannique possède tout de même la deuxième attaque du Royaume (71 réalisations, derrière son dauphin Manchester City avec 77). Et ce, alors même que ses détracteurs n'ont cessé de critiquer sa propension à se contenter de petites victoires.
Il faut dire que son jeu offensif - souvent qualifié de "boring" car jugé trop lent et restrictif - se base en grande partie sur la létalité de ses coups de pied arrêtés, le domaine d'expertise du Français Nicolas Jover, l'entraîneur responsable de ce compartiment du jeu, qui ne cesse de réinventer et adapter ses tactiques dédiées.
"Peu d'équipes ont réussi à contrer cette année parce qu'ils ont une telle diversité, ils ont une telle justesse dans l'exécution. C'est chirurgical", souligne pour RTL.fr Gilles Grimandi, ex-milieu défensif français qui a évolué à Arsenal de 1997 à 2002, avant d'y devenir recruteur jusqu'en 2019. En championnat, son club de cœur a ainsi marqué la ribambelle de 20 buts sur corner, du jamais vu. Dans les rôles principaux ? Declan Rice à la baguette et le Brésilien Gabriel d'un coup de casque, tandis le gardien est souvent empêché de sortir par des blocs.
De quoi inquiéter les Parisiens ? "Pas de cauchemar, on va essayer de défendre comme d'habitude, on est une équipe petite [en taille] mais qui défend bien les coups de pied arrêtés", a assuré Luis Enrique. À noter toutefois que le potentiel offensif des hommes du Nord de Londres a récemment gagné en créativité avec le retour de blessure de sa star Bukayo Saka sur l'aile droite. "On les a déjà affrontés, on connaît leur capacité avec le ballon à marquer des buts, et sans le ballon c'est la meilleure équipe du monde, sans aucun doute", a jugé Luis Enrique.
À cette recette, s'ajoute aussi une force mentale à toute épreuve. Après trois deuxièmes places de suite, les Gunners semblaient dans l'obligation d'être titrés en Premier League cette année. "Pour moi, ils sont libérés avant cette finale. La pression, c'était quand il fallait être champion. Sans ça, ils basculaient comme d'éternels losers", rappelle Gilles Grimandi.
En tête pendant de longs mois, les partenaires de Leandro Trossard ont montré une belle résilience quand Manchester City a refait son retard au classement en avril. Battus par leurs rivaux (1-2), les ouailles de Mikel Arteta sont parvenus à ne plus commettre d'impair ensuite, remportant leurs six derniers matchs. Le symbole de cette ténacité ? Le milieu Declan Rice, dont la phrase "It's not done" ("ce n'est pas fini") martelée sur la pelouse de l'Ethiad Stadium, est devenue culte chez les fans qui craignaient d'encore passer par des loosers. Au point de lui valoir un chant spécial.
"Moi, je suis bluffé : c'est le recrutement le plus onéreux du club [116 millions d'euros à l'été 2023] mais aussi le mieux réussi ces dernières années. C'est un relais très fort de l'entraîneur sur le terrain, il a une mentalité exceptionnelle, son pied... Il coche beaucoup de cases, entre l'investissement et l'image qu'il dégage hors terrain. Il est l'élément déterminant du projet, celui qui tire tout le monde vers le haut", s'émerveille Gilles Grimandi.
"C'est l'entraîneur Mikel Arteta qui a apporté cette mentalité de gagnant à Arsenal, il y a quatre ou cinq saisons qu'ils s'améliorent d'année en année", a de son côté salué Luis Enrique, lui aussi attaché à l'aspect psychologique.
C'est donc avec le vent en poupe qu'Arsenal débarque en Hongrie pour défier Paris. "Le capital confiance est très élevé, puis dans ces moments de fête, on se retrouve. Dans une vie de groupe, cela efface beaucoup de choses, les petites tensions d'une année footballistique", souligne Gilles Grimandi, faisant allusion aux différentes célébrations des joueurs.
D'abord mardi soir à l'annonce de leur sacre, puis dimanche une fois le trophée reçu. Des vidéos de Mikel Arteta assurant, devant une large foule, "devenir champion d'Europe samedi" ont d'ailleurs été relayées sur les réseaux sociaux.
Toujours vu comme des bottlers - une expression utilisée en Angleterre pour désigner ceux qui craquent lorsque les attentes sont trop élevées - il y a un mois, les Gunners peuvent désormais marquer l'histoire de leur club, qui dispute sa deuxième finale de C1, vingt ans après le crève-cœur contre Barcelone au Stade de France (1-2). Reste à savoir si Paris l'entendra de cette oreille.
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