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Coupe du monde féminine : les Bleues doivent apprendre à aller au bout

DÉCRYPTAGE - Depuis la quatrième place à la Coupe du monde 2011, les Bleues, éliminées vendredi 26 juin en quarts du Mondial 2015 par l'Allemagne, ne parviennent pas à obtenir de meilleurs résultats.

Claire Lavogez en larmes, dans les bras de Philippe Bergeroo, après son tir au but manqué lors de France-Allemagne, le 26 juin 2015
Claire Lavogez en larmes, dans les bras de Philippe Bergeroo, après son tir au but manqué lors de France-Allemagne, le 26 juin 2015 Crédit : FRANCK FIFE / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

C'est à peine la cinquantième seconde. Louisa Necib, démarquée à hauteur du point de penalty, reçoit un centre caviar d'Élodie Thomis mais ne parvient pas à cadrer le ballon dans la moitié de but vide. À la 116e minute, c'était au tour de Gaëtane Thiney de rater l'immanquable sur un centre millimétré de Jessica Houara. Ces deux actions lors de la défaite face à l'Allemagne (1-1, 5-4 aux t.a.b.), vendredi 26 juin en quarts de finale du Mondial de football féminin, résument la récente histoire de l'équipe de France féminine de football, toujours si près du but mais incapable de concrétiser tous les espoirs placés en elle.

Sur le papier, cette élimination par la Mannschaft n'a rien de honteuse. Il s'agit de la première nation au classement FIFA, double championne du monde et sacrée huit fois à l'Euro. Elle était d'ailleurs favorite au coup d'envoi. Les Bleues peuvent toutefois nourrir de grands regrets car la physionomie du match est largement à leur avantage au vu de leur domination et du nombre d'occasions créées. "L'efficacité, c'est le nerf de la guerre", note d'ailleurs Gaëtane Thiney.

Toujours pas de finale

Cette désillusion met surtout en exergue un manque de progrès en termes de paliers à franchir pour obtenir un titre. Lors de la Coupe du monde 2011, la France avait fait sensation en terminant quatrième pour sa deuxième participation à une phase finale. Avec sa génération dorée (Necib, Thiney, Georges), cette équipe promettait des résultats significatifs dans le futur.

Depuis, ça patine. Son football a certes progressé, comme l'ensemble du gratin du football féminin. Mais aux Jeux Olympiques 2012 de Londres, elle échoue une nouvelle fois au pied du podium. À l'Euro 2013, la déception est  bien plus grande puisqu'elle n'atteint pas le dernier carré, stoppée en quarts par le Danemark... aux tirs au but comme contre l'Allemagne. Or, comme le reconnaît le sélectionneur Philippe Bergeroo, l'objectif était bien d'arriver au moins en demies. "On avant entre nous un pacte pour aller sur le podium. On ne l'a pas fait et tout le monde est très frustré".

Il est primordial d'apprendre que dominer n'est pas gagner. Il faut vite apprendre les choses

Philippe Bergeroo
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"On a l'impression que les histoires se répètent à chaque fois. C'est vraiment dur parce qu'on le sent qu'on progresse", a regretté la milieu de terrain Camille Abily qui disputait peut-être son dernier Mondial. Pour Amandine Henry, "il faut se remettre en question, savoir ce qui a manqué".

Pour les Bleues, les prochaines échéances vont très vite arriver. Il y a d'abord les JO 2016 à Rio de Janeiro. Puis l'Euro 2017 aux Pays-Bas et, surtout, la Coupe du monde 2019 en France. Philippe Bergeroo est persuadé que ces efforts seront un jour récompensés même s'il sait que le noyau dur de joueuses présent depuis le début de la belle aventure de 2011 va commencer à s'en aller. Mais il sait surtout que cette équipe ne peut plus se reposer sur la belle histoire racontée par ce sport et qu'il faut désormais être capable d'aller chercher des résultats : "Je pense qu'on va y arriver. Il y a 11 joueuses de ce groupe qui seront là en 2019. Il est primordial d'apprendre que dominer n'est pas gagner. Il faut vite apprendre les choses".

Si les objectifs n'ont pas été atteints sur le plan sportif, les Françaises ont continué de séduire de nouveaux supporters avec ce Mondial. 4,124 millions de téléspectateurs ont suivi le quart de finale contre l'Allemagne sur W9, soit 26,2% de la part d'audience à cette heure tardive. Un pic a même été atteint à 5,3 millions, un nouveau record pour le football féminin mais aussi pour une chaîne de la TNT. De quoi consoler Eugénie Le Sommer : "J'espère qu'on a montré une bonne image, qu'on a donné envie aux gens de nous soutenir et que le football féminin continue de progresser en France". Reste donc à écrire le palmarès.

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