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Coupe du monde : 28 ans après la rencontre irrespirable de 1998, le Paraguay peut-il inquiéter les Bleus ?

Vingt-huit ans après leur affrontement mythique en 1998, les Bleus retrouvent le Paraguay en huitièmes de finale de la Coupe du monde samedi 4 juillet à 23 heures. Impressionnants face à l'Allemagne et très disciplinés défensivement, les joueurs de l'Albirroja espèrent jouer un mauvais tour aux hommes de Didier Deschamps.

Les joueurs du Paraguay célèbrent avec leur gardien Orlando Gill après la victoire aux tirs aux buts face à l'Allemagne (1-1, t.a.b. 4-3) en Coupe du monde au Gillette Stadium de Foxborough, le 29 juin 2026.

Crédit : Jewel SAMAD / AFP

Ennio Aparicio-Szkudlarek

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L'épouvantail de la Coupe du monde ? Après son succès sans appel contre la Suède (3-0), l'équipe de France va se frotter au Paraguay en huitièmes de finale samedi 4 juillet 2026, à 23 h (heures françaises). Le match sera diffusé en direct sur RTL, RTL Sport, M6 et M6+. La sélection sud-américaine, troisième de sa poule au premier tour, a réussi l'exploit d'éliminer l'Allemagne aux tirs au but, lundi 29 juin (1-1, t.a.b. 4-3).

Les hommes de Didier Deschamps s'attendaient sans doute à retrouver leur meilleur ennemi allemand à ce stade de la compétition. Il n'en sera rien. La confrontation contre l'Albirroja réveille quelques souvenirs, pas forcément agréables.

Les deux équipes se sont déjà rencontrées en amical ces dernières années (victoire 5-0 en 2017, match nul 1-1 en 2014 et 0-0 en 2008), mais le huitième contre le Paraguay a tout d'un remake de la Coupe du monde 1998, date du dernier affrontement entre Français et Paraguayens en compétition officielle. 

Un "but en or" de Laurent Blanc pour libérer la France en 1998

Vingt-huit années plus tôt, les joueurs de l'Albirroja se sont dressés sur la route étoilée des Bleus d'Aimé Jacquet, déjà en huitièmes de finale, le 29 juin 1998 au Stade Bollaert de Lens. En l'absence de Zinédine Zidane, suspendu pour cette rencontre, l'équipe de France avait longtemps buté sur une défense paraguayenne resserrée et son gardien José Luis Chilavert. Véritable forteresse sur sa ligne, ce joueur intimidant était également capable de tirer penalties et coups francs !

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C'est finalement Laurent Blanc, en désertant son poste, qui a délivré la France en inscrivant le célèbre "but en or" à la 114e minute, au bout d'une rencontre irrespirable qui aurait bien pu priver les Bleus de soulever le précieux trophée quelques jours plus tard dans les travées du Stade de France. 

Ce match emblématique de l'épopée bleue de 1998 reste toujours dans les têtes côté paraguayen. Après la qualification de l'équipe de France ce mardi, les médias du pays aux 7 millions d'habitants ont tout de suite fait le parallèle avec le traumatisme vécu à Lens, en relayant les célèbres clichés de Chilavert relevant ses coéquipiers tous allongés sur la pelouse après la rencontre. 

L'Albirroja a de quoi faire douter les Bleus

Les joueurs de l'Albirroja voient donc d'un bon œil l'idée de venger leurs aînés ce samedi, face à une équipe de France donnée largement favorite de ce duel. Avec un sans-faute dans cette Coupe du monde 2026 et un quatuor d'attaque qui fait trembler toute la planète, la France a toutes les raisons de croire qu'elle ne revivra pas le scénario insoutenable de 1998. Mais le Paraguay a de quoi faire douter les hommes de Deschamps. 

"J'ai observé le Paraguay. Ce qu'il a réalisé n'est pas le fruit du hasard. On ne se qualifie pas en 1/8e de finale par hasard", s'est méfié le sélectionneur français à BeIN Sport en marge de la rencontre contre la Suède. Une mise en garde sur cette sélection assez caractéristique de ce que peut produire le football sud-américain. "Ça accroche, c'est dur dans les duels, mais il y a de bons joueurs aussi", a souligné Deschamps. 


Poussée par sa qualification historique contre la Nationalmannschaft, l'équipe dirigée par le sélectionneur argentin Gustavo Alfaro présente des similitudes avec celle qui a fait douter les Bleus de 98. 

Une équipe de "guerriers"

Après avoir manqué son entrée dans la compétition face aux États-Unis (défaite 4-1), les joueurs au maillot rouge, blanc et bleu n'ont encaissé qu'un seul but sur les trois rencontres qu'ils ont ensuite disputées contre la Turquie (victoire 1-0), l'Australie (0-0) et l'Allemagne (1-1). 

Sa charnière centrale, incarnée par le numéro 13 José Canale, a marqué les esprits durant le 16e de finale, en réussissant à contenir pendant plus d'une heure de jeu les offensives de Kai Havertz et consorts lundi soir. 

Les prestations du Paraguay ont montré que cette équipe n'a pas peur de faire le dos rond pendant de longues minutes pour ne pas encaisser de but. "On dirait que si nous ne souffrons pas, ça ne compte pas", avait avancé le sélectionneur de l'Albirroja après la qualification lundi soir.

"Mes garçons laissent leur cœur sur le terrain. Nos adversaires sont formés dans les meilleures académies d'Europe. Nous, nous venons de la terre rouge. Et c'est sur cette terre que nous apprenons à jouer, pieds nus, avec les sacrifices faits par nos parents pour que leurs enfants, leurs fils, puissent accomplir leurs rêves", a-t-il ajouté. 

Un gardien dans les pas de Chilavert ?

Cette solidité défensive fait la paire avec l'incroyable niveau affiché par le portier Orlando Gill, qui n'était même pas assuré d'être titulaire avant le début de la Coupe du monde, et qui a écœuré toute l'Allemagne lundi soir. Avec 6 arrêts et 2 tirs aux buts arrêtés, le gardien de 26 ans est devenu le nouveau héros de son pays, et semble s'inscrire dans les pas de la légende José Luis Chilavert.

Un accomplissement impensable pour ce pensionnaire du club argentin de San Lorenzo, qui a longtemps joué en réserve et a attendu 2025 pour connaître sa première sélection avec le Paraguay. Mais la rencontre de lundi soir a montré qu'Orlando Gill pouvait se mesurer aux plus grandes nations mondiales. La France est prévenue. 

Enciso, l'arme fatale ?

Les Bleus devront s'attendre à une discipline défensive à toute épreuve et redoubler de créativité offensive face à une équipe compacte et qui dispose d'une arme particulièrement intéressante et connue du championnat de France : Julio Enciso.

L'attaquant du RC Strasbourg, numéro 19 dans le dos, brille par sa qualité technique et son sens du dribble dans ce Mondial et a été décisif à trois reprises depuis le début du tournoi (1 but, 2 passes décisives). C'est lui qui a lancé les siens en première période contre l'Allemagne d'une tête parfaitement placée. Il est sans aucun doute le leader offensif de la sélection sud-américaine et le danger principal à retenir pour les défenseurs de l'équipe de France.

Le joueur de 22 ans a annoncé la couleur "Je suis prêt à jouer contre n'importe qui. La France est une très bonne équipe avec des joueurs de très haut niveau (...) Nous avons aussi nos atouts, et avec notre style de jeu, nous allons essayer de leur faire mal", a prévenu Enciso en conférence de presse après la qualification contre l'Allemagne.

Portée par un engouement national historique - un jour férié a été décrété après la qualification en huitièmes de finale - la sélection paraguayenne arrive sans complexes et compte bien jouer un mauvais tour aux coéquipiers de Kylian Mbappé. Le coup d'envoi de la rencontre est prévu à 23h, heure française, au stade de Philadelphie. Le vainqueur sera opposé au Maroc ou au Canada en quart de finale. 

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