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Le sélectionneur de la Belgique Rudi Garcia parlant à ses joueurs lors d'un amical contre la Tunisie, le 6 juin 2026 au stade du Roi Baudoin à Bruxelles.
Crédit : JOHN THYS / AFP
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Comme d’autres sports locaux, le soccer se joue en quart-temps aux US. Décidées par la Fifa, des "pauses fraîcheur" systématiques ont été instaurées lors de chaque période de toutes les rencontres de la Coupe du monde. Ce jeudi 11 juin, lors du match Mexique-Afrique du Sud, les joueurs ont ainsi été invités par l’arbitre à tous aller boire à la 22e, puis la 67e minute de jeu.
Officiellement, cela doit permettre aux acteurs de se préserver sur le plan physique, au vu des fortes chaleurs attendues aux États-Unis, au Canada et au Mexique jusqu'au 19 juillet, date de la finale disputée dans le New Jersey. Et ce, même si la partie se déroule dans un stade climatisé ou encore malgré 19ºC comme ressentis à l'Azteca de Mexico lors de cette première.
De quoi se questionner sur le bien fondé de cette mesure. Voici tout ce qu’elle change pour vous et pour les principaux intéressés.
Peut-être était-ce même pensé ainsi dès l'origine : testée à plusieurs reprises lors des amicaux de préparation depuis mars, cette innovation a donné lieu à la création de coupures pub en plein match, le jeu était interrompu pendant trois minutes maximum. De fait, c’est une très bonne nouvelle pour les diffuseurs, dont les contrats sont logiquement bien plus rentables. Pour vous, c’est forcément un peu plus de temps dédié à votre rencontre.
Les supporters des Bleus à la Beaujoire pour France-Côte d’Ivoire (1-2) ont d’ailleurs sifflé cet arrêt temporaire depuis les tribunes la semaine passée. Une manière de s'opposer à une certaine américanisation du sport-roi et à ce que bon nombre considère être une nouvelle dérive du foot-business, qui pervertit tout pour des raisons économiques, jusqu'au déroulé même des rencontres. En revanche, devant votre télévision, pas besoin de zapper, ces pages de réclames sont faites pour que vous ne manquiez rien du match et techniquement, vous disposez d’assez de temps pour en profiter pour, vous aussi, aller chercher de quoi vous désaltérer.
Comme le chronomètre ne se stoppe pas au football - contrairement au rugby par exemple -, ces pauses fraîcheur vont nécessairement être la cause d’un temps additionnel plus conséquent à chaque période. In fine, le match devrait donc durer à chaque fois un peu plus de deux heures entre le coup d’envoi et le coup de sifflet, sans compter une éventuelle prolongation et une séance de tirs au but à partir des seizièmes de finale (voire des interruptions pour orages ou tornades).
"Je n'aime pas ça, si nous jouons dans un stade à 21, 22 ou 23 degrés, je ne pense pas que ce soit nécessaire car les joueurs sont préparés pour jouer 45 minutes d'affilée. C'est une règle que je n'aime pas, ils disent que cela va aider au spectacle... On va dans une direction d'un changement, le football que nous connaissons va cesser d'exister et devenir un autre sport." Questionné sur le sujet, le sélectionneur de Team USA, Mauricio Pochettino n'a récemment pas caché son désarroi face à la mise en place de ces pauses fraîcheur.
Reste que l'ex-coach du PSG a été vu avec un ordinateur en train de faire un retour quasi-instantané à ses hommes, en première période du match amical contre le Sénégal (3-2). "Je n'aime pas, mais je profite de la pause fraîcheur pour essayer d'aider mes joueurs", a-t-il justifié, sans que l'on sache vraiment si de l'analyse vidéo est autorisée lors de ce qui s'apparente en l'état à de véritables temps morts tactiques. "Je pense que c’est très utile pour les joueurs de voir des actions concrètes, a-t-il expliqué ensuite. Il ne s’agit pas seulement de leur dire ce qu’on attend d’eux, ce qu’ils doivent améliorer. Le fait qu’ils voient l’image est désormais très important".
"Moi, j’appelle ça le 'coaching break', et non pas le 'cooling break' [le nom anglais des pauses fraîcheur]", s'est de son côté amusé le sélectionneur français de la Belgique, Rudi Garcia, parlant même d'une "aubaine" le week-end dernier. "Je ne vais pas dire merci la publicité aux États-Unis mais les trois minutes qui vont m’être octroyées en milieu de première période et de deuxième période sont vraiment des moments où on pourra parler avec les joueurs, recadrer tactiquement, leur donner des conseils. Peut-être qu’un jour on viendra aux temps-morts comme au basket où le coach demande à parler à son équipe. Mais là au moins une fois par période, ça me parait très bien", a-t-il ajouté, se montrant à contre-courant du mouvement global de rejet des entraîneurs.
Et pour les joueurs alors ? Si peu se sont exprimé sur le sujet, ces pauses fraîcheur qui existent déjà de façon occasionnelle dans leurs championnats n'ont pas spécialement déclenché de lever de bouclier. "Il ne faisait pas très chaud aujourd’hui donc je ne vais pas dire que ça ne servait à rien...", a par exemple estimé Aurélien Tchouameni après un arrêt boisson par 12°C contre la Côte d'Ivoire. "Mais après avoir fait la Coupe du monde des clubs l’année dernière, je peux vous dire que là-bas [aux États-Unis] on va l’attendre la pause fraîcheur. C’est pas mal, c’est un peu comme un temps mort", a-t-il encore ajouté, faisant référence à la compétition qu'il a disputé à l'été 2025 avec le Real Madrid.
Autrement dit, cela ne peut faire que du bien aux organismes, éprouvés par une soixantaine de rencontres jouées en club pour ceux qui évoluent au plus haut niveau et l'absence de véritables vacances depuis deux ans en raison de ce Mondial des clubs. Lors de Maroc-Norvège, un test organisé par une trentaine de degrés à Harrison dans le New Jersey dimanche, on a ainsi vu Erling Haaland tenter de faire redescendre la température avec un collier de patchs de glace autour du cou à la 22e minute, quand les Scandinaves semblaient souffrir du mercure.
Autre enjeu ? La peur de casser le rythme, comme l'a souligné Didier Deschamps début juin : "Si vous êtes dans un temps fort ou que l'adversaire est dans un temps fort, les trois minutes ça coupe tout... Ça peut aider si vous êtes moins bien, mais si vous êtes proche de faire plier l'adversaire..." On espère donc que ce genre de mésaventure n'arrive pas à l'équipe de France face au Sénégal mardi 16 ou sur la suite de la compétition ! Ces pauses fraîcheur n'ont pas fini de faire parler.
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