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Coupe du monde 2026 : aucun tir avant la 117e minute et deux cartons rouges... Pour l'Argentine, une finale sous forme de défaite totale avec un Lionel Messi fantomatique

L'Argentine n'a tout simplement pas existé lors de cette finale de Coupe du monde, au cours de laquelle l'Albiceleste n'a pas su rendre coup pour coup à une Espagne bien trop forte dans tous les compartiments du jeu, dimanche 19 juillet à East Rutherford.

Lionel Messi après la finale perdue par l'Argentine contre l'Espagne lors de la Coupe du monde 2026, le dimanche 19 juillet au MetLife Stadium.

Crédit : PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Alexis Lalemant

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Il n'y aura pas de "back-to-back" pour l'Argentine. Face à l'Espagne ce dimanche 19 juillet, au MetLife Stadium de East Rutherford dans le New Jersey, Lionel Messi et ses coéquipiers ont été dominés de bout en bout, sans pouvoir faire le poids contre la Roja (0-1 a.p.). Comme contre l'équipe de France cinq jours plus tôt, les joueurs de Luis de la Fuente ont imposé leur jeu pendant toute la durée de la rencontre, longtemps restée avec un score vierge au tableau d'affichage, au point de devoir se fader une prolongation.

En face, l'Argentine a été surclassée, empêchée dans toutes ses tentatives d'avancer vers le but d'un Unai Simon, qui n'aura eu aucun arrêt à faire pendant la rencontre. Une soumission à la tactique espagnole qui s'exprime surtout par un chiffre ubuesque : jusqu'à la 117e minute, l'Albiceleste n'a pas tenté un seul tir.

Finalement, elle aura fini le match avec deux frappes, une de Lionel Messi après l'ouverture du score de Torres, puis une autre de Giuliano Simeone au bout de deux heures de jeu.

Ce mutisme de l'Argentine est rare, et fait même office de record : jamais une équipe n'avait aussi peu produit, pendant aussi longtemps, dans une finale de Coupe du monde. La faiblesse de cette sélection championne du monde sortante s'est traduite par un match au cours duquel son leader de toujours, Messi, qui avait jusqu'ici réalisé un Mondial exceptionnel auréolé de huit buts à 39 ans, a semblé totalement impuissant.  

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Le numéro 10 argentin, éblouissant jusqu'ici et notamment dans la demi-finale contre l'Angleterre (2-1) où il avait sonné la révolte des siens pour reverser la partie, n'a cette fois pu toucher que 54 ballons dans cette finale. Dans le premier quart d'heure, l'octobre Ballon d'or n'a pu sentir le cuir qu'une seule fois sur son pied : lors du coup d'envoi.

Il est ensuite rentré aux vestiaires à la pause avec un compteur affichant quinze touches, mais aucune dans la surface espagnole. Ce n'était certes pas une première pour lui cet été, puisqu'il nous a habitué à prendre le temps avant de piquer son adversaire en fin de match. Reste que cette fois, le plus grand footballeur de l'histoire a semblé bien humain. Seul son centre pour Simeone a pu apporter une énorme frayeur dans la défense ibère (120e). 

Martinez homme du match, des Argentins qui dégoupillent

Dans les chiffres, en dehors de la Pulga, les hommes de Lionel Scaloni ont sombré et ont longtemps été sauvés par leur portier Emiliano Martinez. Le gardien argentin a réalisé 11 arrêts au cours de l'après-midi new-yorkais, et est sans nul doute le seul meilleur homme de l'Albiceleste à avoir sauvé son match. Au-delà de ses interventions, une statistique encore plus édifiante vient imager les difficultés de l'Argentine à jouer au football ce dimanche. 

Avec 62 ballons joués selon le site de statistiques Opta, "Dibu" Martinez est ainsi le joueur argentin qui a touché le plus la balle lors de la finale. Pire encore : il est aussi en tête au nombre de passes effectuées par son équipe, avec 46 tentatives et un pourcentage de 61% de réussite.

Alors, au fil du match, l'Argentine a laissé monter la frustration et l'énervement, au point de totalement sortir de ses gonds. D'abord avec Enzo Fernandez, fidèle lieutenant de Messi qui, à la 83e minute de jeu, a laissé éclater sa colère face à l'arbitre à la suite d'un coup reçu non sanctionné. Ce qui lui a valu d'écoper d'un premier avertissement qui n'a pas fait redescendre sa rage. Bien au contraire, puisque le milieu de Chelsea a finalement été expulsé après un deuxième carton jaune reçu à la suite d'une vilaine faute sur Pau Cubarsi (90e+4).

Puis en fin de rencontre, c'est Leandro Paredes qui a lui aussi pris un carton rouge plus que mérité pour l'ensemble de son odieuse œuvre lors de cette finale. Son expulsion après le coup de sifflet final, en raison d'un coup de sang envers Gavi qu'il a empoigné à la gorge, a mis un point final à la soirée cauchemardesque de l'Argentine, ponctuée par les pleurs de Messi face à ses supporters venus en nombre dans le New Jersey.

Scaloni, Messi, quel avenir ?

Des larmes qui ont trouvé écho auprès de son homonyme, le sélectionneur argentin, qui a lui aussi laissé éclater des sanglots en conférence de presse d'après-match. Se disant "désolé" au sortir d'un épisode "douloureux", Scaloni a laissé planer le doute sur son avenir, alors que son contrat à la tête de l'Albiceleste doit prendre fin en décembre 2026. 

"J'ai déjà une idée de ce que je veux faire, je vais honorer mon contrat et ensuite on verra. J'ai besoin de réfléchir, car je ne sais pas s'il est possible de réaliser quelque chose d'aussi grand que cela", a ainsi déclaré l'entraîneur, en place depuis 2018 sur le banc argentin, où il a réalisé un triplé Copa América-Mondial-Copa América.

Entre son possible départ de Scaloni, et l'hypothétique révérence de Messi qui pourrait dire au revoir à la sélection, un nouveau chapitre pourrait s'ouvrir en Argentine. En attendant, il s'agit surtout de tourner la page pour oublier cette finale.

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