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Chèque de Mbappé, demandes de faveurs aux stars des Bleus... Ce que l'on sait des accusations visant Mohamed Sanhadji, le "Mr Sécurité" des Bleus

Le responsable de la sécurité et de la logistique de l'équipe de France est notamment accusé de corruption, de trafic d'influence ou encore d'abus de confiance.

Mohamed Sanhadji a notamment reçu un "don d'usage" de 60.300 euros de la part de Kylian Mbappé après le Mondial 2022, un cadeau qui lui a valu une sanction de la part de la police nationale le poussant à prendre sa retraite anticipée.

Crédit : FRANCK FIFE / AFP

Alexis Lalemant & AFP

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Si le sportif se porte à merveille en équipe de France, avec les débuts jusqu'ici prometteurs de la sélection portée par Zinédine Zidane, un membre du staff des Bleus apporte toutefois une ombre gênante au tableau automnal presque parfait de la FFF. Cet homme, c'est le responsable de la sécurité et de la logistique de la sélection, Mohamed Sanhadji. 

Surnommé "Momo" ou encore "la République", ce policier chargé depuis 2004 de la sécurité des joueurs de l'équipe de France est l'homme de confiance du groupe tricolore. Pour souligner l'importance et la confiance qu'inspire cet ancien fonctionnaire, comme le relate L'Équipe, Mohamed Sanhadji est par exemple l'un des premiers à être averti après la séquestration et la tentative d'extorsion de Paul Pogba.

Mais entre confiance très étroite et soupçons de dérives, la frontière peut se révéler ténue, comme le montre la liste des accusations formulées à ce stade contre Mohamed Sanhadji.

Passé proche de la case prison

Si Zinédine Zidane l'avait conservé dans la composition de son staff, le responsable de la sécurité ne pourra finalement pas officier. Car mercredi 16 septembre, à quelques jours du premier rassemblement de l'ère Zidane à Clairefontaine, le couperet tombe pour Mohamed Sanhadji, mis en examen par la justice.

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La liste des chefs d'accusation est relativement saisissante : "recel de détournement de fonds public", "corruption active de personne dépositaire de l'autorité publique", "trafic d'influence actif sur personne dépositaire de l'autorité publique", "trafic d'influence passif par personne dépositaire de l'autorité publique", "trafic d'influence international passif", "corruption passive par personne dépositaire de l'autorité publique".
Passé proche de la détention provisoire et placé sous contrôle judiciaire, grâce à une caution d'un montant de 80.000 euros, Mohamed Sanhadji a pour interdiction formelle, "sauf autorisation expresse" du magistrat instructeur, de se présenter "au siège de la Fédération française de football (FFF), au centre d'entraînement de Clairefontaine, au Stade de France et au Parc des Princes", d'après le parquet.

Un don de Kylian Mbappé, et plus de 300.000 euros de prêts

L'affaire Mohamed Sanhadji débute en juin 2023, lorsqu'il reçoit un don d'environ 60.000 euros de la part de Kylian Mbappé. Une somme provenant de la prime du Mondial 2022 touchée par le capitaine des Bleus, transmise par l'attaquant à "Momo" en guise de remerciement pour son implication.

Ce don avait été signalé par un banquier à la cellule de renseignement financier du ministère de l'Économie, en juillet 2024, ce qui avait entraîné l'ouverture d'une enquête judiciaire. Toujours engagé au sein de la police nationale à cette période, Mohamed Sanhadji avait dû prendre sa retraite anticipée, sanctionné après avoir reçu ce gros chèque sans en avoir prévenu sa hiérarchie. 

Une mise au ban qui n'avait pas empêché la Fédération française de football d'engager l'ex-policier à titre privé pour continuer d'assurer son implication auprès de Didier Deschamps, de son staff et de ses joueurs.

Au-delà du généreux cadeau de Kylian Mbappé, Mohamed Sanhadji est aussi accusé d'avoir contracté des prêts à l'amiable auprès de plusieurs internationaux tricolores. Selon l'enquête de L'Equipe, une quinzaine de joueurs ont été sollicités entre 2020 et 2024 pour obtenir de l'argent afin d'investir dans l'achat d'une maison. Il aurait ainsi obtenu près de 120.000 euros de la part de Fayza Lamari, la mère de Kylian Mbappé. Raphaël Varane, Sabri Lamouchi, Hugo Lloris, Yann M'Vila, Patrick Vieira, Mattéo Guendouzi , Willy Sagnol, Nicolas Anelka ou encore Laurent Blanc auraient aussi accepté de prêter des sommes d'argent, moins conséquentes, Mohamed Sanhadji. 

Un préfet contacté pour les soins d'un proche des Mbappé, un stage pour le fils de Jamel Debbouze

Outre l'aspect financier, la justice suspecte aussi Mohamed Sanhadji d'avoir fait jouer sa proximité avec de nombreux contacts pour obtenir des faveurs, des coups de main, et pour faire valoir son image. Dans son enquête, L'Equipe révèle ainsi que l'ex-policier a tenté d'obtenir de l'aide pour faciliter l'hospitalisation d'urgence d'un proche de la famille Mbappé. 

"C'est la première fois qu'ils me demandent de l'aide. Je te raconte pas le crédit si on y arrive", écrit-il à son contact au sein de la police, avant que les deux comparses n'approchent "un préfet et un docteur" pour tenter d'obtenir gain de cause.

Tandis que le nom de la famille Mbappé ressort à de nombreuses reprises dans l'enquête, d'autres stars françaises ont aussi eu recours aux services de "la République". C'est ainsi que Jamel Debbouze, selon le quotidien sportif, aurait obtenu une place pour un stage de football à Clairefontaine pour son fils. Dans le sens inverse, le comédien franco-marocain répond favorablement aux sirènes lancées par Mohamed Sanhadji, qui évoque son envie de pouvoir, un jour, s'offrir un voyage au Maroc. Ce dernier lui offre alors un séjour dans son riad, avec mise à disposition d'un chauffeur privé sur place.

Autant de dossiers qui ont donc poussé à la mise en examen du responsable de la sécurité des Bleus, une décision que la défense de Mohamed Sanhadji qualifie de "condamnation à mort sociale". Abdel Aïssou précise d'ailleurs à l'AFP que son client a interjeté appel du contrôle judiciaire qui rend "impossible matériellement son travail".

L'avocat de Mohamed Sanhadji considère de plus le dossier comme "une procédure tirée par les cheveux", avec "pas grand chose sur le plan du droit".

"La Fédération ne commente pas une procédure judiciaire en cours, mais en tirera les conséquences vis-à-vis de l'intéressé et va se porter partie civile", assure de son côté à l'AFP une source au sein de la fédération.

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