4 min de lecture

"Ce qu'on demande, c'est de gagner" : Arsenal-Atlético de Madrid, une demi-finale de Ligue des champions placée sous le signe de la défense rugueuse

En attendant de savoir si le PSG retournera en finale de C1, Londoniens et Madrilènes se disputent le premier ticket pour Budapest, mardi 5 mai dans une affiche particulièrement indécise à l'Emirates Stadium (1-1 à l'aller).

Marcos Llorente et Viktor Gyökeres lors du match aller de la demi-finale de Ligue des champions entre l'Atlético et Arsenal, au Metropolitano de Madrid, le 29 avril 2026.

Crédit : Thomas COEX / AFP

AFP & Gabriel Joly

Je m'abonne à la newsletter « Sport »

Moins de spectacle mais pas moins d'enjeu pour deux équipes jamais titrées en C1. La semaine passée, le phénoménal 5-4 de PSG-Bayern a illuminé les demi-finales aller de Ligue des champions et éclipsé la seconde affiche entre Arsenal et l'Atlético de Madrid (1-1), qui offre un "autre" football où l'art de défendre promet de nouveau d'être capital, mardi 5 mai à l'Emirates Stadium de Londres.

"Il ne faut pas s'attendre à ce qui s'est passé entre Paris et le Bayern. Mais pas du tout", anticipe Robert Pirès, acteur de la seule finale de Ligue des champions disputée par Arsenal, en 2006. "Ça va être hyper quadrillé des deux côtés, hyper défensif. Ça peut être dur physiquement et nerveusement, tu peux y laisser des plumes aussi", estime-t-il auprès de l'AFP.

Ces demi-finales offrent "les deux facettes du football", souligne l'ancien ailier des Gunners. "Les deux me vont bien. Je me suis régalé à voir PSG-Bayern. Atlético-Arsenal, c'est une autre façon de jouer au football. Il y en a qui n'aiment pas, aucun problème. Mais en tant que joueur, c'est un art de bien défendre et les deux équipes le font bien". Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s'amusent d'ailleurs à dépeindre l'affiche comme l'allégorie de l'anti-football, insistant sur les doctrines pragmatiques des deux entraîneurs, Diego Simeone et Miekl Arteta, quitte à délaisser le beau jeu parfois.

À l'aller, l'affiche s'est d'ailleurs jouée sur des pénaltys de Viktor Gyökeres et Julian Alvarez, sachant que les Anglais auraient pu l'emporter si celui sifflé en faveur d'Eberechi Eze n'avait pas été annulé après appel de la VAR. Une situation qui a suscité la colère de Mikel Arteta, mal payé malgré un match globalement dominé par les Madrilènes.

Arsenal, toujours roi des coups de pied arrêtés

L'entraîneur d'Arsenal a amené son équipe dans le dernier carré de la grande Coupe d'Europe pour la deuxième année d'affilée, une performance inédite dans l'histoire du club, et il est bien placé pour remporter le titre en Premier League, 22 ans après le dernier en 2004.

À écouter aussi

Toutefois, son équipe propose une tactique bien moins enthousiasmante que les années précédentes, plus restrictive, parfois lente et souvent basée sur des coups de pied arrêtés gérés d'une main de maître grâce à l'expertise du Français Nicolas Jover, l'entraîneur responsable de ce compartiment du jeu. En championnat, 25 de leurs 67 buts marqués l'ont été sur des situations de ce genre (dont quatre pénaltys). À tel point que certains observateurs en viennent à parler d'un "boring Arsenal".

"Mikel Arteta en est conscient. Mais ce qu'on lui demande, c'est de gagner", balaye Robert Pirès. "Les gens vont dire : 'Ils ne savent que défendre, que marquer sur coup de pied arrêté'. Pas de problème, mais pourquoi les autres ne le font pas ? Puisque c'est une arme, le corner ou le coup franc. Les gens parlent, critiquent. Moi, ça me fait rire".

Contre Fulham (3-0), samedi, le club au canon a cependant retrouvé de l'explosivité dans la lignée d'un Bukayo Saka retrouvé, remuant et déterminant avant de sortir à la mi-temps. "Il revient au moment le plus important de la saison et maintenant il est frais. Il est frais dans la tête et sa détermination est au plus haut", a apprécié son entraîneur, alors que le "starboy" était blessé à une cheville en avril.

William Saliba pour contenir Antoine Griezmann ?

Le temps d'un match, Arsenal peut tout emporter sur sa route et l'Atlético est bien placé pour le savoir : les Espagnols ont pris la foudre (4-0) en octobre à l'Emirates durant la phase de ligue. Leur plus grande force reste toutefois leur base défensive, notamment le triangle d'or formé par le gardien David Raya et ses défenseurs centraux, Gabriel et William Saliba. En Ligue des champions cette saison, les Londoniens n'ont encaissé que six buts en 13 rencontres, en comptant les deux contre les Kazakhs du Kaïrat Almaty (3-2), un jour où les titulaires étaient au repos.

Faire tourner, c'est justement l'option prise samedi par Diego Simeone, l'entraîneur de l'Atlético, qui est allé s'imposer à Valence (2-0) avec une équipe complètement remaniée en vue du choc à Londres. Antoine Griezmann, entré en seconde période, a eu le temps de s'offrir une passe décisive et encore un peu plus de confiance, avant d'aborder ce qui pourrait être son dernier sommet européen avec les Colchoneros.

Ces derniers mois, le club matelassier a montré qu'il avait aussi de solides arguments en attaque, mais son quart de finale de C1 contre le FC Barcelone (2-0, 1-2) a rappelé ô combien sa solidité et sa résistance, tant mentale que physique, restait son atout majeur avec une arrière-garde pas avare d'efforts en dépit de vraies stars (Le Normand, Hancko, Ruggeri, Pubill, Lenglet).

Il prétend donc à une quatrième finale de Ligue des champions (après 1974, 2014 et 2016), une troisième avec "Cholo" Simeone sur le banc et une deuxième avec "Grizou" - toujours en quête d'un trophée majeur autre que la Ligue Europa avec son club de cœur - sur la pelouse.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info