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Didier Deschamps et Kylian Mbappé après la petite finale de la Coupe du monde France-Angleterre, le 18 juillet 2026 à Miami.
Crédit : ROBERTO SCHMIDT / AFP
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Au moins, sa der aura été mémorable. Pour ses adieux à l'équipe de France, Didier Deschamps est passé par toutes les émotions lors de la petite finale de la Coupe du monde, conclue sur un invraisemblable score de 6-4 pour l'Angleterre, samedi 18 juillet au Hard Rock Stadium de Miami. Lui qui appelait de ses vœux que ses Bleus fassent honneur au maillot, même si l'enjeu sportif de cette rencontre était limitée, est d'abord tombé de haut, avant de contribuer à la faire entrer dans l'histoire : ce n'est que la sixième fois qu'une partie accouche d'au moins dix buts au Mondial.
S'ils avaient, comme lui et ses sept changements, procédé à une certaine revue d'effectif, les Three Lions ont démarré pied au plancher, marquant d'entrée par l'intermédiaire de Declan Rice, pas attaqué après une passe manquée de Désiré Doué, et il ne fallait pas être un tacticien hors pair pour voir que quelque chose ne tournait pas rond côté Français.
Pourtant, à mesure que les minutes et les buts défilaient au cours d'une "première période imprésentable" selon ses mots au coup de sifflet final sur M6, le sélectionneur s'est renfrogné sur son siège, comme abattu aux côtés de Guy Stéphan. À la pause fraîcheur, il a tout de même donné de la voix, s'agaçant notamment contre Rayan Cherki, lequel s'est éloigné pour mieux ignorer les consignes. De quoi illustrer, dans des proportions encore plus larges, l'impuissance qu'il avait déjà affiché sur son banc lors de la leçon reçue contre l'Espagne en demi-finales (0-2).
Était-ce du milieu de Manchester City, dont Adrien Rabiot parlait auprès de beIN Sports quand il constatait avoir "vu des comportements de certains joueurs que je n'avais jamais vu jusqu'ici, certains comportements inadmissibles" ? En tout cas, les ouailles de "DD" ont logiquement continué de prendre l'eau, avec un doublé de Bukayo Saka, notamment sur un but du 3-0 lunaire, sur lequel personne n'est venu prêter main forte à Mike Maignan, contraint de sortir loin de sa cage, dans l'angle de sa surface, pour défendre en vain.
"C'est de ma faute, parce que je n'ai pas dû faire ce qu'il faut en première mi-temps", a endossé le coach en fin de rencontre. Mais le ton n'était clairement pas le même à la pause : "On ne peut pas faire pire parce que c'était catastrophique. Chaque attaque, on peut prendre un but. Je peux comprendre l'énorme déception qu'on a eue [contre la Roja], mais on n'a pas le droit de faire ça, pas comme ça", tonnait-il sur M6 dans les travées du stade.
"Face à un adversaire qui joue un vrai match, nous on fait un match amical. Là, il n'est même pas question de la troisième place, c'est juste une question d'honneur et de fierté par rapport à ce qu'est l'équipe de France", enrageait-il encore, avant de procéder à quatre changements d'un coup.
En sortant Cherki, Ibrahima Konaté, Théo Hernandez et Doué complétement dépassés, pour faire entrer Ousmane Dembélé, Dayot Upamecano, Bradley Barcola et Lucas Digne, quatre de ses hommes de base durant la compétition et ainsi retrouver un semblant d'équipe-type, Deschamps a eu un impact immédiat sur le sort du match.
Et ce, non sans avoir donné de sa personne dans le vestiaire : "Le coach a fait un discours exceptionnel à la mi-temps pour permettre à tout le monde de se remobiliser et de montrer de meilleures choses. Il a surtout parlé d'orgueil et de devoir de tout donner pour le maillot de l'équipe de France, et c'est ce qui a été fait", a expliqué Aurélien Tchouameni en zone mixte. Il faut dire que la France n'avait plus encaissé autant sur les 45 premières minutes d'un match depuis 1968.
Derrière, son capitaine Kylian Mbappé - comme un symbole alors qu'il entretient une relation de grande proximité avec Deschamps - a sonné la révolte tricolore avec brio, marquant un doublé sur deux passes décisives à Michael Olise, pour prendre les commandes du classement des buteurs de cette édition du Mondial (10, contre 8 pour Lionel Messi), mais également du record de buts absolu dans le tournoi (22, contre 21) en attendant la possible réponse de l'Argentin, dimanche en finale.
Au passage, son lieutenant du Bayern Munich devrait, en partie grâce à lui, décrocher le titre de meilleur passeur (7) avec un total plus vu depuis plus de soixante ans. Alors oui, les pions ajoutés par Bradley Barcola et Ousmane Dembélé n'auront pas suffis pour recoller, car les Anglais ont de nouveau trouvé le chemin des filets en fin de partie via le hat-trick de Saka sur pénalty et Jude Bellingham. Et ce, en dépit d'occasions pour égaliser à 4-4, qui ont beaucoup frustré Deschamps.
Reste, qu'in fine, "il y a eu une réaction" et "au moins, ça ressemble à quelque chose même si la défaite fait mal", comme l'a souligné celui qui a qui Zinédine Zidane doit succéder. Si ce match d'anthologie est une deuxième défaite de rang pour son départ - le genre de série qu'il n'a connu que trois fois en quatorze ans -, ce ne sera pas la plus grosse défaite de sa carrière comme sélectionneur national (3-0 au Brésil en 2013), contrairement à ce que l'on a envisagé un temps.
Raison pour laquelle, cela aura permis de conclure son mandat sur une note plus digne, avec des hommages de toute part et un Deschamps aux bords des larmes sur la pelouse floridienne. "Une page de l'histoire du football français se tourne ce soir. Merci Didier Deschamps pour les victoires légendaires, les émotions fortes, pour avoir porté durant des années nos Bleus et fait vibrer la France. Quatorze années : la génération Deschamps", avait écrit Emmanuel Macron en début de soirée, quand Mbappé confiait : "Nous aurions dû t'offrir une meilleure fin, mais nous avons échoué" sur X.
"On voulait faire quelque chose pour lui... Malheureusement la première mi-temps donne l'impression qu'on l'a laissé tomber. Mais ce n'est pas ce qu'on voulait faire ressentir. C'est le football, on veut remercier le coach pour tout ce qu'il a fait. Ce match ne va pas entacher la légende Didier Deschamps", promettait-il encore au coup sifflet final d'une partie à l'exact inverse de la solidité prôné par son coach durant son long règne.
Simultanément, la Fédération française de football (FFF) venait d'envoyer un communiqué, dont l'intitulé sonne aujourd'hui comme un porte-voix d'une large majorité de fans à travers le pays : "Merci Didier".
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