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Comment les Américains gèrent leurs clubs de football ?

DÉCRYPTAGE - Arsenal, Manchester United, AS Roma... L'investissement d'Américains dans le football européen ne signifie pas forcément un mécénat forcené, mais plutôt un développement des ressources propres des clubs.

Avram Glazer, président américain de Manchester United, à la bourse de New York
Avram Glazer, président américain de Manchester United, à la bourse de New York Crédit : Sipa
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Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Le prochain propriétaire de l'Olympique de Marseille sera américain. Né à Boston d'une famille irlandaise, Frank McCourt est âgé de 63 ans et est ancien propriétaire d'une franchise de base-ball. Une incursion d'un Américain dans le monde du football européen qui n'est pas nouvelle en Europe, ni en France où c'est le 4e investisseur US qui tente une aventure dans le ballon rond hexagonal (IMG Maccormack à Stransbourg, Colony Capital au PSG et Vincent Volpe au Havre). Des exemples potentiels à observer pour essayer de savoir ce que Frank McCourt envisage de faire aux commandes de l'OM, loin des folies dépensière de QSI au PSG. 

Arsenal, Manchester United et Liverpool, trois places fortes du football anglais et toutes sous actionnariat majoritaire US. Trois cas qui indiquent la manière dont le sport-business est appréhendé par les Américains. Car dans chaque prise de contrôle, les Américains arrivent "dans le but de générer du cash", explique Pierre Rondeau, professeur d'Économie à la Sports Management School à Paris et spécialiste du football. 

Marseille reste le club numéro 1 dans le cœur des Français

Pierre Rondeau
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Ainsi, les investisseurs d'Outre-Atlantique viennent afin de monétiser un club de football, développer une marque et générer des ressources. "Ils ont l'habitude de générer de l'argent, ils s'attendent à ce que leur business plan fonctionnent dans le football qui est le sport le plus populaire au monde", analyse Pierre Rondeau. Le choix de Marseille est donc judicieux car ça reste le club le plus populaire de France, celui dont la marque est potentiellement la plus forte. Si le marketing n'est pas au niveau du potentiel, son essor peut être accéléré par la popularité et surtout la médiatisation du club en France. "Marseille reste le club numéro 1 dans le cœur des Français. En tout cas dans celui de Canal+ et beIN Sport", indique le spécialiste. L'OM était encore la saison passée l'équipe la plus diffusée auprès du plus grand nombre par les chaînes, malgré une saison catastrophique (13e de Ligue 1).

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Manchester United, Arsenal ou encore Liverpool sont de véritables machines à cash, notamment ManU véritable pionnier dans le merchandising dès la fin des années 90, et ce n'est pas encore le cas de l'Olympique de Marseille. "Manchester, Arsenal et Liverpool généraient déjà de l'argent", note Pierre Rondeau. Ainsi, lorsque Malcolm Glazer rachète Manchester United coté en bourse pour 700 millions de livres (820 millions d'euros) en 2003, le club est déjà le plus riche du monde. Quand Stan Kroenke devient actionnaire majoritaire d'Arsenal en 2011, le club génère déjà des sommes folles en terme de revenus. Ainsi, nul besoin de réinvestir massivement, les clubs s'auto-financent et les propriétaires engrangent de l'argent, et s'offrent un retour sur investissement. 

Les dépenses d'aujourd'hui sont les résultats sportifs de demain

Pierre Rondeau
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Le modèle de business sportif à l'américaine exclut donc l'investissement permanent de l'actionnaire, loin du mécénat des Qataris au PSG ou de celui de la famille Louis-Dreyfus en 20 ans à l'OM. Pas de quoi rassurer les supporters marseillais qui attendent de Frank McCourt un arrosage en bonne et due forme sur le marché des transferts. C'est là que la comparaison s'arrête avec les clubs anglais. "En Angleterre, le risque est faible", tempère Pierre Rondeau. "En terme de droit télé, le dernier de Premier League touche deux fois plus que le champion de France", rappelle-t-il. Mais il y a de l'espoir pour l'OM, car le prochain boss a annoncé clairement son projet de faire de Marseille un prétendant au titre de champion en Ligue 1, et ça ne saurait se faire sans mettre la main à la poche. 

"Les dépenses d'aujourd'hui sont les résultats sportifs de demain", explique Pierre Rondeau. Et ces succès sont la garantie d'une marque exposée, levier indispensable à un développement marketing efficace. "S'il veut gagner de l'argent à Marseille, il faut qu'il gagne à Marseille", appuie le professeur d'Économie. D'autant que le prix d'achat d'un club en France est très bas comparé à l'Angleterre. Payer 50 millions pour l'OM est une bonne affaire, à condition d'accepter d'injecter encore de l'argent pendant les première années afin d'étoffer l'équipe. Si le fait de ne pas être propriétaire du stade est un frein à la multiplication des ressources, cette question se posera plus tard. Pour le moment, McCourt devra consentir à ouvrir un peu son chéquier pour que l'OM ne se transforme pas en PSG de Colony Capital, mais plutôt pencher vers l'AS Roma. L'actionnaire US de la Louve injecte des sommes importantes afin de construire une équipe compétitive, mais a surtout entamé un projet de construction de stade privé, dont le coût est estimé à un milliard d'euros

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