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Les joueurs de Manchester City autour de Rayan Cherki contre Sunderland en Premier League, le 20 septembre 2026 à l'Ethiad Stadium.
Crédit : PETER POWELL / AFP
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C'est un adversaire en proie à un grand marasme extra-sportif que le PSG défie. Double tenante du titre, la formation de Luis Enrique se déplace à l'Ethiad Stadium pour affronter Manchester City à l'occasion de la 2e journée de la phase régulière de Ligue des champions, mercredi 14 octobre. Les Parisiens espèrent tirer profit d'un contexte particulièrement difficile pour les Citizens.
D'après les informations de The Athletic, confirmées ensuite par un communiqué de la Premier League, qui avait diligenté une commission indépendante diligentée la commission indépendante il y a trois ans, le club a été reconnu coupable de 114 des 115 chefs d'accusation qui le visaient. Ces charges correspondent à de "graves" infractions financières entre 2009 et 2018, avec une dissimulation de l'équivalent de plus d'un milliard d'euros aux contrôles des instances.
Même si le géant anglais possédé par un fonds émirien conteste les faits et a fait appel, cela vient ternir ses succès des quinze dernières années, marquées notamment par la conquête de huit titres de champion d'Angleterre et une victoire en C1 sous Pep Guardiola. Pour tout comprendre à l'affaire, on vous résume cela en cinq questions.
Tout est parti des "Football Leaks", une enquête du consortium de journaux European Investigative Collaborations sur la base de plusieurs millions de documents fournis par la plateforme du même nom du hackeur portugais Rui Pinto. En novembre 2018, le recours par Manchester City à des contrats de sponsoring surévalués et à des contrats détournés pour alléger sa masse salariale est révélé. Le propriétaire, le Cheikh Mansour, qui est aussi vice-président et vice-premier ministre des Émirats arabes unis, aurait notamment versé 127,5 millions d'euros aux sponsors du club, afin qu'ils les reversent ensuite à son équipe, rachetée en 2008.
Sur la base de ces révélations, l'UEFA a ouvert une enquête en 2019 pour "violations potentielles des règles du fair-play financier". Ce système mis en place par l'instance de gouvernance du football européen interdit à un club de dépenser plus que ce qu'il ne gagne et encadre étroitement les injections de capitaux de la part des propriétaires. Simultanément, la Premier League a lancé également ses propres investigations.
Si City a finalement évité deux saisons d'exclusion des compétitions UEFA en 2020 grâce à un appel devant le Tribunal arbitral du sport, l'enquête menée par la commission indépendante de la Ligue anglaise a elle conclu que le club avait mis en place de faux contrats avec plusieurs partenaires commerciaux, dissimulant la réalité de sa situation financière et lui permettant de contourner les limites de dépenses imposées à l'échelle nationale et continentale.
"Il a été établi que ces montages avaient pour but de gonfler artificiellement les recettes du club et de réduire ses coûts de plus de 900 millions de livres sterling", selon le récent communiqué de la Premier League, ce qui revient à 1,05 milliard d'euros. Sur les 80 infractions financières datant de la période 2009-2018 et les 35 charges supplémentaires pour un manque de coopération durant la phase d'investigation, seule une a été abandonnée.
Une sanction doit désormais être prononcée, sans que la Premier League n'ait précisé de calendrier. L'éventail des sanctions possibles comprend des pénalités financières, une interdiction de recruter, un retrait de points avec un risque de relégation en division inférieure, voire une exclusion du championnat, ce qui serait un véritable séisme outre-Manche. Le tout, alors qu'à titre individuel, les dirigeants s'exposent potentiellement à dix ans de prison et une amende pour de fausses déclarations.
Pour le patron de la Premier League Richard Masters, "cette affaire disciplinaire, ainsi que cette décision, sont les plus importantes de l'histoire" du championnat anglais. Il faut dire que ce dopage financier présumé a permis aux Sky blues d'attirer des pointures mondiales (Kevin de Bruyne, Bernardo Silva, Rodri etc), d'enchaîner les titres et de bâtir les fondations de son âge d'or sous Pep Guardiola (2016-2026).
Depuis, les voix s'élèvent parmi les anciens joueurs du championnat, certains réclamant une sanction exemplaire, notamment le retrait des titres, à l'instar de Paul Pogba, dauphin de City à deux reprises avec Manchester United. "Je pense qu'il faut les faire souffrir comme ils ont fait souffrir tout le monde pendant les neuf ou dix ans qu'ils ont abusé de leur pouvoir. C'est mon avis. Mais il faut donner l'exemple", a encore estimé Steven Gerrard, deuxième avec Liverpool en 2014, réclamant plutôt "des sanctions pluriannuelles" dans l'émission Overlap Daily.
La semaine passée, un consultant du média britannique Talksport a expliqué qu'un retrait de 60 points pour la saison prochaine était possible, selon plusieurs de ses sources. Dans ce cas, City devrait réaliser un exercice record, avec un rythme de champion, pour décrocher le maintien l'an prochain.
Ces derniers jours, le nom d'Andy Burnham, le Premier ministre du Royaume-Uni a été questionné sur l'affaire Manchester City, sachant que le verdict pourrait avoir aussi des répercussions géopolitiques, venant ternir la réussite d'un club qui est l'une des plus éclatantes vitrines du "soft power" des Émirats arabes unis, avec qui son pays entretient des liens de longue date.
"Je dois garder mes distances. Ce serait une erreur de ma part d'agir autrement", a réagi le Premier ministre Andy Burnham, interrogé par la BBC début octobre. "Je serais très inquiet de les voir partir. Ils ont été un partenaire de taille dans la transformation de Manchester", reconnaissait-il toutefois, lui qui a dirigé le Grand Manchester de 2017 jusqu'à juin dernier, une région où les investissements émiriens sont très visibles. La compagnie aérienne Etihad Airways, parraineur principal de City depuis 2009, a d'ailleurs fait savoir qu'elle examinait des recours juridiques contre la Premier League, qu'elle accuse d'avoir porté atteinte à sa réputation sans l'avoir interrogée dans la procédure.
Interrogé sur Times Radio, David Bernstein, ex-président de Manchester City et de la Fédération anglaise de football, redoute "un risque d'ingérence politique". Il évoque la possibilité que City soit considéré comme "trop important pour tomber" ou que des intérêts nationaux entrent en jeu.
"Il ne saurait être question de laisser penser que quiconque est au-dessus des règles", a déclaré il y a deux semaines un porte-parole de Downing Street. "Comme l'a clairement indiqué le Premier ministre, le jugement initial est grave", a-t-il ajouté, soulignant qu'il s'agissait d'"une procédure indépendante toujours en cours", qui devait "aller à son terme" et dont l'issue devait être respectée. Dans le podcast The Rest is Politics, Andy Burnham a expliqué lundi qu'il allait dévoiler publiquement le détail de ses relations avec le club, après en avoir été enjoint par l'opposition, afin de clarifier ses propos.
En marge du déplacement à Liverpool (3-0) dimanche, les supporters de Manchester City ont été gentiment chahutés par les fans adverses, les accusant de tricherie. Une attitude qui risque de se propager largement au sein du Royaume. Leur réponse ? Face à ce contexte, les supporters ont préféré le prendre avec le sourire en dépit de l'incertitude planant sur leur situation, déployant des bananes gonflables dans le parcage à Anfield.
Une vieille tradition du club, qui remonte à 1987, année où il avait été relégué sportivement en Championship. À l'époque, un suiveur du club voulait rasséréner ses camarades en tribunes, au moment où le hooliganisme sévissait par ailleurs, et avait donc apporté l'objet jaune dans les travées. L'attaquant Imre Varadi, qui jouait alors sous les couleurs de City, avait même été rebaptisé "Imre Banana", tandis que le fruit est devenu une sorte de mascotte officieuse.
Les fans de Manchester City avec des bananes gonflables dans le parcage lors de la victoire à Liverpool, le 11 octobre 2026 à Anfield.
Crédit : AFP
Avec ce retour aux racines de leur engagement, les fans souhaitent ainsi détendre l'atmosphère, mais aussi rappeler qu'ils soutiendront l'équipe peu importe la division.
Au vu de l'ambiance morose entourant les hommes d'Enzo Maresca, on pourrait se dire que le club est affecté et à la dérive sur les terrains, ce qui arrangerait bien le PSG ce mercredi en C1. Mais il n'en est rien.
Depuis sa lourde défaite inaugurale en août dans le Community Shield contre Arsenal (0-3), Manchester City reste sur une série de huit victoires et trône en tête de la Premier League avec trois unités d'avance sur les Gunners. Si les partenaires de Rayan Cherki n'ont pas toujours affiché un niveau exceptionnel durant 90 minutes, ils ont fait preuve d'une résilience et d'un réalisme à toute épreuve, allant gagner contre le rival United à Old Trafford en infériorité numérique (1-0), ou à l'arrachée contre Sunderland (5-3) dans un scénario fou.
Pour autant, City dispose encore d'une marge de progression évidente, son milieu étant en vaste reconstruction, même si ses carences sont amplement gommées par le serial buteur Erling Haaland et l'ancien gardien parisien Gianluigi Donnarumma.
Ainsi, cela ne doit pas effrayer Paris qui, après un début de saison poussif, a accéléré et compte toujours sur un collectif doré pour aller décrocher une troisième étoile consécutive. Reste à ses principales vedettes offensives, Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia, de se mettre complètement en route, à l'occasion de ce rendez-vous qui a tout du gros test de l'automne pour les deux équipes, mais qui revêt d'une valeur symbolique forte, entre possessions émirienne et qatarienne.
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