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Le coup de chaud de Casper Ruud à Roland-Garros, le 25 mai 2026, lors de son match contre Roman Safiullin.
Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP
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Coup de chaud Porte d'Auteuil. Alors que la France connaît un épisode de chaleur inédit de par sa précocité, l'ambiance est brûlante à Roland-Garros. Le tournoi de tennis parisien a débuté dimanche 24 mai alors que le mercure était déjà élevé, impactant aussi bien les joueurs que le public. Lundi, la température a dépassé les 33°C sur les courts, les tribunes ensoleillées étaient parfois bien vides alors que les amateurs du sport, éventail à la main, cherchaient désespérément un coin d'ombre pour se rafraîchir.
Sur place les organisateurs ne cessent de rappeler les bons gestes à adopter : s'hydrater évidemment, ne pas oublier le couvre-chef, penser à la crème solaire mais aussi faire des pauses à l'ombre. Les brumisateurs disposés entre les courts ont la côte alors que les queues pour les fontaines à eau sont parfois plus longues que celles pour les courts annexes.
Mais le public n'est pas le seul à souffrir de la chaleur. Lundi, une jeune ramasseuse de balles a été prise d'un coup de chaud pendant le match entre Andrey Rublev et le Péruvien Ignacio Buse sur le court numéro 7. La jeune fille, qui n'arrivait plus à ramasser les balles, a rapidement été prise en charge par l'arbitre et évacuée du court. Peu de temps après, le joueur péruvien était également mal en point, demandant la venue d'un médecin qui a vérifié son pouls.
Car les joueurs aussi doivent tout donner sur la terre battue alors que le soleil tape. À chaque changement de côté, serviettes rafraîchissantes, glace et parasols sont sortis pour protéger de la chaleur. Le Norvégien Casper Ruud a particulièrement souffert lors de son match contre le Russe Roman Safiullin, qu'il a fini par battre après plus de 3h50 de jeu. Alors qu'il dominait son adversaire, le 16e mondial a eu un coup de chaud à partir du troisième set.
"C'est au milieu du troisième set que j'ai commencé à avoir ces sensations. J'ai commencé à me sentir fatigué. J'ai ressenti des crampes aux mollets. J'ai eu l'impression que j'ai vraiment eu une insolation. Je ne me sentais pas bien", a-t-il raconté en conférence de presse. Le visage du Norvégien était en sueur, son regard vide, il ne bougeait quasiment plus, et a demandé à recevoir des soins.
"J'ai essayé d'utiliser autant de glace et d'eau froide, appliquées sur mon corps, pour essayer de faire baisser ma température. J'ai aussi pensé à Jannik (Sinner) cette année à l'Open d'Australie. Il a eu vraiment du mal avec la chaleur. C'était un peu mieux avec le toit fermé, il a réussi à retrouver de l'énergie. Ça a fonctionné pour moi", a-t-il ajouté. Après que son adversaire se soit blessé à la jambe, Casper Ruud a fini par remonter et remporter le match.
Également qualifié lundi pour le deuxième tour, le Français Arthur Rinderknech a été interrogé sur les fortes chaleurs (et surtout comment s'y adapter) lors de sa conférence de presse d'après match. "Gérer, gérer... C'est un bien grand mot, (l'important) c'est survivre. C'est s'accrocher pour le prochain point. Pas se dire qu'il fait trop chaud, pas se dire qu'on est trop mouillé, trop transpirant", explique-t-il.
Mais le Français l'assure : les joueurs ont l'habitude de jouer avec un mercure élevé. "L'été, aux États-Unis, on joue dans des conditions au moins aussi chaudes, souvent plus chaudes ; en Australie, on joue aussi à des conditions plus chaudes ; la tournée sud-américaine, je ne la connais pas, mais j'ai entendu dire qu'il faisait aussi très chaud sur terre battue. En soi, on est aussi habitués et préparés à ça, c'est juste que là, c'est quand même au meilleur des cinq sets", détaille le 23e mondial.
Roland-Garros a un protocole permettant aux organisateurs de suivre et de réagir à l'évolution des conditions climatiques, avec notamment deux sondes permettant de relever la température en temps réel. Elles sont installées sur le court Philippe Chatrier et le n°14.
Des seuils ont été mis en place grâce à un indice appelé WGBT - Wet Bulb Globe Temperature, qui combine la chaleur et le taux d'humidité. Le premier (35°C et 60% d'humidité) permet d'avoir 10 minutes de repos en plus après un deuxième set pour les femmes et un troisième pour les joueurs. Le deuxième seuil (36°C, et 66% d'humidité) peut entraîner l'arrêt des matchs et la fermeture des toits sur les courts Philippe Chatrier et Suzanne Lenglen. Il est assez peu probable que ces règles soient mises en place à Roland-Garros, le taux d'humidité n'était pas assez élevé.
Joueurs, staff et public vont devoir prendre leur mal en patience cette semaine : Météo-France annonce une journée "encore plus chaude" ce mardi, alors que la vague de chaleur doit durer jusqu'à la fin de semaine. Ce Roland-Garros s'annonce déjà plus brûlant que sa dernière édition.
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