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Tournoi des Six Nations : ce qui a changé dans le XV de France depuis l'humiliation face à la Nouvelle-Zélande

DÉCRYPTAGE - Sélectionneur, joueurs, capitaine, primes et valeurs : le XV de France présente un nouveau visage pour le Tournoi des VI Nations 2016.

Haie d'honneur pour les All Blacks après leur victoire face aux Français en quart de finale du Mondial 2015 le 17 octobre 2015
Haie d'honneur pour les All Blacks après leur victoire face aux Français en quart de finale du Mondial 2015 le 17 octobre 2015 Crédit : AFP/F.Fife
Gregory Fortune
Gregory Fortune
Journaliste RTL

L'heure des retrouvailles entre le XV de France et son public a sonné. Les Bleus affrontent l'Italie samedi 6 février (15h25) au Stade de France en match d'ouverture du Tournoi des Six Nations 2016. Un peu moins de quatre mois se sont écoulés depuis cette cruelle soirée du samedi 17 octobre. Sur la pelouse du Millenium de Cardiff, le groupe de Philippe Saint-André a volé en éclats, balayé par les All Blacks en quart de finale de la Coupe du monde 2015. 62-13 au tableau d'affichage, 9 essais à 1 pour les futurs champions du monde : jamais la France n'avait enregistré une telle défaite en Coupe du monde.

Six jours plus tôt, l'Irlande avait déjà mis en lumière les failles françaises en s'imposant 24-9 lors du dernier match de la poule D. Les succès préalables face à l'Italie (32-10), la Roumanie (38-11) et le Canada (41-18) n'étaient bien que des cache-misère. Philippe Saint-André terminera finalement les quatre années de son mandat avec seulement 44,44% de victoires, soit le pire bilan d'un sélectionneur à la tête des Bleus depuis 1991 (63% pour Bernard Laporte, 65% pour Jean-Claude Skrela, 60% pour Marc Lièvremont).

Guy Novès a franchi le cap

Guy Novès le 13 novembre 2015
Guy Novès le 13 novembre 2015 Crédit : AFP/F.Fife

Comme le veut le (curieux) fonctionnement de la FFR, l'identité du successeur de "PSA" était connue bien avant le début de la Coupe du Monde, depuis le 31 mai 2015. Quatre ans plus tôt, Guy Novès avait décliné la proposition du président Pierre Camou de prendre la suite de Marc Lièvremont. Cette fois, le manager historique du Stade Toulousain (1988-1990 puis 1993-2015) a lui-même fait acte de candidature. Au lendemain de ces 62 ans, le plus titré des entraîneurs français (dix titres de champion de France et quatre Coupes d'Europe) sera sur le banc face à la Squadra Azzura. 

L'ancien professeur d'éducation physique de Pibrac (Haute-Garonne) a d'emblée promis de se tourner vers un rugby "spectaculaire" afin de raccrocher les wagons au niveau mondial. Mais Novès ne se contera pas du beau jeu. Compétiteur acharné il n'a effectivement qu'un objectif : la gagne. "Il a un côté humain très fort, complète le nouvel appelé en Bleu Jonathan Danty. Il échange beaucoup avec les joueurs, n'intervient pas énormément sur le terrain mais est derrière les poteaux à regarder, et fait des retours après les entraînements".

11 rescapés et 10 nouveaux

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C'est souvent le cas à l'issue d'une échéance comme une Coupe du monde, plus encore lorsque l'aventure se termine mal : de nombreux cadres de l'équipe de France ont tiré leur révérence en octobre. Le capitaine Thierry Dusautoir, Pascal Papé, Frédérick Michalak, Nicolas Mas et Dimitri Szarzewski ne reviendront plus. Guy Novès a en outre décidé de ne pas rappeler Mathieu Bastareaud, Sébastien Tillous-Borde, Brice Dulin ou Yannick Nyanga. Morgan Parra, lui, est blessé, comme François Trinh-Duc.

Finalement, il ne reste que 11 joueurs présents au Mondial dans le groupe de 31 joueurs retenus par le nouveau sélectionneur pour le premier match du Tournoi : Eddy Ben Arous, Rabah Slimani, Guilhem Guirado, Louis Picamoles, Damien Chouly, Yoann Maestri, Scott Spedding, Uni Atonio, Alexandre Flanquart, Bernard Le Roux et Gaël Fickou. Et si Sébastien Vahaamahina, Teddy Thomas, Antoine Burban, Wenceslas Lauret, Jean-Marc Doussain, Jules Plisson, Hugo Bonneval et les trois Maxime, Machenaud, Médard et Mermoz, sont déjà apparus en Bleu, Novès a fait soufflé un vent de fraîcheur et de jeunesse en faisant appel à 10 nouveaux.

Virimi Vakatawa en avril 2015
Virimi Vakatawa en avril 2015 Crédit : AFP/T.Yamanaka

Le grand public va donc découvrir dès samedi 6 février Virimi Vakatawa, ailier de 23 ans, membre depuis un peu moins de deux ans de l'équipe de France de rugby à VII. Sébastien Bézy (24 ans), Paul Jedrasiak (22 ans) et Jonathan Danty (23 ans) fêteront aussi leur première cape. Camille Chat (20 ans), Jefferson Poirot (23 ans) et Yacouba Camara (21 ans) seront sur le banc. Marvin O'Connor (24 ans), Kevin Gourdon (26 ans), Vincent Pelo (27 ans) sont les autres nouveaux visages dans le premier groupe de Novès.

Guirado hérite du brassard

Thierry Dusautoir à la retraite internationale, il a fallu désigner un successeur au plus capé des capitaines de l'histoire du XV de France (56 brassards portés). Guy Novès a opté pour Guilhem Guirado, talonneur de Toulon, 29 ans, 38 sélections. Le natif de Céret, au pied des Pyrénées était en balance avec le 2e ligne toulousain Yohann Maestri. Comment perçoit-il son nouveau rôle ? "Je rejoins Guy : je vais essayer de recadrer si quelque chose me semble important", a-t-il déclaré à deux jours de France-Italie.

"J'aurai un peu plus de responsabilités mais je serai avant tout concentré sur mon poste, a poursuivi Guirado. J'ai beaucoup de boulot en touche et en mêlée (...) C'est un immense honneur, une fierté, mais avant tout, ce qui me concerne, c'est le terrain, être exemplaire. Je vous laisse écrire ce que vous voulez. Le  principal c'est d'être bon sur le terrain".

Guilhem Guirado le 19 septembre 2015 lors du premier match des Bleus au Mondial 2015, face à l'Italie
Guilhem Guirado le 19 septembre 2015 lors du premier match des Bleus au Mondial 2015, face à l'Italie Crédit : AFP/G.Kirk

J'aimerais qu'ils aient les valeurs qui animaient les joueurs de rugby il y a trente ans

Guy Novès
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Dernier changement dans cette nouvelle ère qui débute : le système de rémunération a changé. Les joueurs ne seront plus payés en fonction du nombre de matches joués et gagnés mais du classement final. Cette politique, amorcée lors de la dernière Coupe du monde, est en parfaite adéquation avec le discours de Guy Novès, qui estime que les joueurs "représentent une nation".

"J'aimerais qu'ils aient les valeurs qui animaient les joueurs de rugby il y a trente ans, a récemment déclaré le sélectionneur c'est-à-dire qu'ils ne viennent que pour défendre leurs partenaires, leurs copains, en ayant qu'une seule idée, c'est que les gens autour soient fiers d'eux". Concrètement, un éventuel Grand Chelem rapporterait plus que les 80.000 euros promis sous l'ère Philippe Saint-André, mais jamais accordés faute de résultats.

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