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Dopage : pourquoi le tennis n'est plus épargné

ÉCLAIRAGE - Ce qui secoue actuellement le monde de la petite balle jaune ce ne sont pas les prouesses sportives, mais bien les cas de dopage.

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3 minutes pour comprendre - Pourquoi le tennis n'est plus épargné par le dopage Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Langé
Isabelle Lange et Loïc Farge

Le Masters 1000 de Paris Bercy démarre ce lundi 31 octobre. En plus des habituels derniers tickets à distribuer pour le Masters, c'est la place de numéro un mondial, à la portée d'Andy Murray, qui sera en jeu au cours de cette édition 2016. L'occasion aussi de s'intéresser à la lutte anti-dopage dans ce sport (du moins, si elle existe). Depuis toujours, peu de cas majeurs ont été révélés. Même si la suspension pour quinze mois de Maria Sharapova, ex-numéro un mondiale, a jeté un froid sur la planète tennis.

Le cas Sharapova, contrôlée positive au Meldonium, ce médicament qui a fait scandale cette année chez les Russes, a permis à la Fédération internationale de tennis (ITF) de dire : "Vous voyez, nous aussi on sait faire le ménage". Car jusque-là, cela concernait plutôt des joueurs de seconde zone inconnus du grand public. Il y avait quand même eu en 2013, le cas Marin Cilic, le Croate bourreau des Français en Coupe Davis. Mais sans la presse croate, qui a eu vent de ce contrôle positif, pas sûr que la Fédération internationale l'aurait révélé. Car ledit contrôle datait du mois de mai, et il n'a été mis à jour qu'en juillet.

Au final, l'ITF avait suspendu Cilic neuf mois en disant quand même qu'il avait ingéré ces substances "par inadvertance", qu'à la base il n'avait nullement l'intention d'améliorer ses performances.

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Certains contrôles positifs masqués ?

André Agassi lui-même racontait dans son autobiographie comment l’ATP (l'organisme qui gère le circuit masculin) avait fermé les yeux sur son contrôle positif à la crystal meth (un stimulant) en 1997. L'une des pires saisons de sa carrière pendant laquelle il était redescendu au-delà de la 100e place mondiale, avant de réaliser une année 1998 extraordinaire, avant sa victoire à Roland-Garros l'année suivante.

Pourquoi une telle omerta ? Il faut savoir que le tennis génère beaucoup d'argent, des sponsors, des contrats télé. Un scandale lié au dopage, ce n'est pas une bonne pub. D'aucuns disent même que pour s'en prémunir, la Fédération internationale aurait masqué certains contrôles positifs en blessure à rallonge, en congé sabbatique, voire même en retraite anticipée. En 2010, par exemple, le retour à la compétition de la Belge Justine Hénin, après une première retraite de deux ans, avait colporté son lot de rumeurs.

Quand on joue quelqu'un qui a quatre poumons, c'est un peu agaçant

Fabrice Santora, ex-tennisman français
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Qu'en pensent les joueurs ? Les avis divergent. Le numéro un mondial, Novak Djkokovic, estime que la lutte antidopage est très bien menée dans le tennis. De son côté, Roger Federer s'interroge. Non sans humour, il dit qu'il est toujours surpris après une finale, car il se demande où sont les contrôleurs. L'an passé, le Suisse a subi seulement cinq contrôles hors compétition. Pour l'homme aux dix-sept titres du Grand Chelem, il faut accentuer la lutte contre le dopage, et cela passe par plus de contrôles. Rafael Nadal, qui a souvent été l'objet de suspicion, va même plus loin, et demande que les résultats de chaque contrôle soient rendus publics.

De son côté, Fabrice Santoro, retraité des courts depuis 2010, avoue qu'il a eu des doutes tout au long de sa carrière. "Dans le vestiaire on ne voit rien. Je dirais que là où c'est le plus palpable, c'est quand on est de l'autre côté du filet", raconte le Français. "Un être humain normalement constitué a deux poumons. Quand on joue quelqu'un qui en a quatre, c'est un peu agaçant", dit-il un brin narquois. A-t-il eu, à la fin de sa carrière, une certaine frustration par rapport à l'interrogation autour de son réel classement ? "C'est drôle, c'est exactement la question que je me suis posée", confie-t-il.

Les "no-show", ces contrôles manqués

La Fédération française, elle, collabore activement avec l'Agence française de lutte contre le dopage. Comme de nombreuses fédérations sportives tricolores, elle verse un pécule à l'AFLD chaque année pour qu'elle puisse effectuer des contrôles inopinés sur les joueurs. C'est ainsi que l'an dernier, pendant Bercy, les contrôleurs s'étaient présentés un matin au domicile de Nicolas Mahut, dans l'ouest de Paris. Mais l'Angevin, qui devait jouer tôt ce jour-là, avait décidé la veille de dormir à côté du stade de Bercy.

Il avait oublié de changer sa localisation dans le fameux logiciel Adams, la base informatique dans laquelle les sportifs de haut niveau doivent chaque jour donner une heure et un lieu où ils peuvent être contrôlés. Conséquence pour Nicolas Mahut : cela lui a valu ce que l'on appelle un "no-show". Il faut savoir qu'au bout de trois, c'est la suspension.

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