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Le danois Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) et le slovène Tadej Pogačar (UAE Team Emirates-XRG) grimpent le mont Ventoux lors de la 16e étape de la 112e édition du Tour de France, le 22 juillet 2025.
Crédit : Bernard PAPON / AFP
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Le Tour de France va-t-il devoir apprendre à courir avec la canicule ? À quelques jours du grand départ, la question n'a plus rien de théorique. À peine la France sortie d'un épisode de chaleur exceptionnel, Météo-France avertit déjà qu'"un nouvel épisode caniculaire" pourrait "sans doute" débuter dès ce week-end, au moment même où la Grande Boucle prendra la route, samedi 4 juillet, depuis Barcelone.
Une réalité que le directeur du Tour Christian Prudhomme ne perd pas de vue. "On connaîtra d'évidence de fortes chaleurs sur le Tour de France. La protection des coureurs et du public est pour nous capitale. Le maître mot est de s'adapter", explique-t-il auprès de l'AFP.
Même constat pour Laurent Jalabert, consultant RTL pendant la course de trois semaines. "Le monde va devoir s'adapter au changement climatique". Selon l'ancien coureur, "l'épisode caniculaire que la France vient de traverser rappelle à tout le monde que [le dérèglement climatique, NDLR] n'est pas une blague".
Cette adaptation passe d'abord par le protocole températures extrêmes de l'Union cycliste internationale (UCI). Christian Prudhomme rappelle qu'"il est possible d'avoir plus de ravitaillements" et que "les délais d'élimination peuvent être revus dans un sens beaucoup plus large pour éviter que les coureurs lâchés n'aient à fournir des efforts démesurés".
Sur ce point, Laurent Jalabert constate lui aussi une évolution nette. "Quand tu es en compétition sur le Tour de France ou ailleurs, mais surtout sur le Tour, tout est fait pour que les coureurs, à chaque instant, quand ils ont des besoins, ils les ont", explique-t-il. "Aujourd'hui, il fait chaud. On adapte ce règlement, on permet aux coureurs de se ravitailler jusqu'à la fin. C'est très bien d'ailleurs, parce que ça ne se joue pas là une compétition. Il ne faut pas se mettre dans une situation extrême".
Le parcours lui-même commence aussi à évoluer. "Il y a six ou sept ans encore, notamment en montagne, on se disait qu'il fallait que ce soit le plus dégagé possible", explique Christian Prudhomme. "Aujourd'hui, on est dans une réflexion presque inverse en cherchant les endroits boisés parce qu'il est absolument capital pour nous que le public puisse être à l'abri".
Même logique sur la longueur des étapes. "On a aussi considérablement réduit la distance des étapes, dans un premier temps pour une raison d'intérêt sportif, mais qui peut l'être maintenant aussi pour une raison de climat", souligne le patron du Tour. Cette année, aucune étape ne dépassera 205 kilomètres.
Sur le plan sportif, Laurent Jalabert estime toutefois que le peloton est aujourd'hui mieux armé pour encaisser ces conditions. "On essaie de se maintenir au frais le plus longtemps possible et de se rafraîchir le plus souvent possible", explique-t-il. "Les connaissances ne sont pas les mêmes qu'il y a quelques années. On sait affronter des phénomènes comme cela".
Le vainqueur du Tour d'Espagne (1995) rappelle que la chaleur a toujours fait partie du décor du mois de juillet. Mais selon lui, elle n'est pas forcément plus difficile à supporter pour les coureurs de maintenant. "Ils sont mieux préparés à ça je crois. C'est un problème qu'on maîtrise au mieux, je pense. On connaît les solutions et les coureurs sont bien encadrés pour ça".
Gilets fraîcheur, arrosage plus fréquent, ravitaillements adaptés, suivi précis de l'hydratation : tout est pensé pour retarder au maximum le coup de chaleur et la déshydratation.
Christian Prudhomme insiste enfin sur l'exposition du public, parfois plus vulnérable encore que les coureurs. "La protection des coureurs et du public est pour nous capitale", répète-t-il. Le Tour prévoit des messages de prévention répétés, de l'eau distribuée et appelle les spectateurs à venir équipés, avec une attention particulière pour les enfants et les personnes âgées.
La question, désormais, n'est peut-être plus de savoir si le Tour devra s'adapter, mais jusqu'où. Laurent Jalabert estime qu'"il doit y avoir une réflexion là-dessus" et qu'il faudra "trouver des solutions pour ne pas s'exposer autant que ce qu'on a pu le faire jusque-là".
Mais celui qui a remporté quatre victoires d'étapes lors de la Grande Boucle souligne aussi les limites très concrètes de l'exercice : si le Tour reste en juillet, il faudrait peut-être "remodeler le calendrier complètement", une perspective lourde à mettre en œuvre. Une hypothèse encore lointaine donc, mais qui n'a plus tout à fait valeur de fiction.
Le podcast "5 cols de légende du Tour de France racontés par Laurent Jalabert" est à retrouver sur RTL.fr et sur l'application RTL.
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