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Les athlètes paralympiques face à la critique de leurs performances sportives

REPLAY - Les athlètes des Jeux paralympiques sont enfin jugés pour leurs performances sportives et non plus sur leur handicap. Ils vont désormais devoir accepter la critique, dit l'un d'entre eux.

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Les athlètes paralympiques face à la critique de leurs performances sportives Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

Para, préfixe d'origine grecque signifiant à coté de... Dans leur appellation même, les Jeux paralympiques sont à part alors que les athlètes qui y participent n'aspirent qu'à une chose, être reconnu comme des sportifs de haut niveau comme les autres. "Un objectif que les Jeux de Rio qui se terminent dimanche est en passe de parachever", écrit Erwan Le Duc dans Le Monde de cet après-midi. Et c'est une révolution copernicienne qui tient beaucoup au fait que les Jeux paralympiques sont devenus visibles. "La couverture de France Télévision, ça change tout", dit la présidente du comité paralympique français Emmanuelle Assmann. Et elle sait de quoi elle parle. En 2004 aux Jeux d'Athènes, elle avait dû envoyer un télégramme à son père pour lui dire qu'elle avait remporté la médaille de bronze en épée. Les réseaux sociaux y sont aussi pour beaucoup, qui ont permis une démocratisation du handicap et du handisport. "On se sent respecté pour nos performances, pas pour notre jambe en moins", dit le pongiste Florian Merrien. 

L'autre révolution, c'est justement que ce sont d'abord les meilleurs sportifs de ces Jeux et pas les plus éclopés qui ont été mis en avant, et le nageur Charles Rozoy s'en félicite. "J'ai pas fait de médaille, personne s'est intéressé à moi, tant mieux." "Le revers, reconnaît-il, c'est qu'il va falloir qu'on accepte la critique, avant personne n'osait nous critiquer à cause du handicap. Maintenant va falloir accepter d'être jugé seulement sur nos performances." La fin de la compassion dans le regard des valides. On communie avec les athlètes, on oublie le handicap pour penser au sportif, on est épaté par Marie-Amélie Le Fur, on se demande comment jouer au ping-pong avec une raquette dans la bouche comme le fait un pongiste égyptien, et on fait corps avec la devise paralympique, l'esprit en mouvement. 

Alain Juppé dans un canapé sur M6

Et après les Jeux ? On se dit que des vocations vont naître. Mais comment y répondre ? Que dire aux enfants amputés qui ne peuvent pas courir avec une simple prothèse car il faut ce qu'on appelle une lame, et qu'elle coûte au moins 6 000 euros... Pas remboursé par la sécu d'autant qu'il faut changer la prothèse chaque année parce que l'enfant grandit ? Ces questions, un homme a décidé d'y répondre ; il s'appelle Jean-Luc Clémençon , il est orthoprothoséiste en Lorraine, et le magazine VSD nous raconte comment avec l'association qu'il a fondée il a réussi à réunir des financements pour équiper les enfants amputés d'une lame comme celle d'Oscar Pistorius. C'est d'ailleurs le fournisseur de l'athlète sud-africain qui est le partenaire de l'association, il fabrique des lames en fibre de carbone et a accepté de lui faire un prix. 35 enfants sont désormais équipés en France. Quand ils grandissent, ils donnent leur lame à un autre enfant, avant d'en avoir une nouvelle. C'est une initiative unique au monde que l'on doit à un homme vraiment à part et qui donne des ailes aux enfants. À lire dans VSD avec le sourire d'Émilien, 9 ans, le dernier à avoir été équipé.


Dans la presse également, la politique. Vos journaux reviennent bien sûr ce matin sur les deux interviews du moment. D'un côté, François Hollande qui accorde un long entretien de haute tenue à la revue Le Débat. De l'autre, Nicolas Sarkozy deux heures et demi hier soir sur France 2. Et c'est pas fini puisque arrive sur M6  "Une ambition intime". "Attention, objet télévisuel non identifié", prévient Le Figaro qui a visionné le premier numéro et qui publie une photo extraite de l'émission. Exit le grand plateau froid, place à un salon cosy dans une maison avec un grand canapé douillet sur lequel est assis Alain Juppé avec à ses cotés la présentatrice Karine Lemarchand, jambes repliées sur les coussins. Elle a même gardé ses chaussures.  Et il y a même deux coupes de champagne posées sur la table basse. 

La fatigue des hommes politiques

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Mais en fait ce qu'il faut lire à propos de politique et de présidentielle ce matin, c'est le long papier d'Ariana Huffington sur le Huffington Post. Ce que peut nous apprendre la pneumonie atypique d'Hillary Clinton. Parce que cette maladie est l'occasion rêvée de parler d'un mal beaucoup plus insidieux : une société qui pousse nos responsables politiques à devenir de véritables zombies. Une société où la candidate du parti démocrate et ses conseillers ont jugé bon de ne pas ralentir la cadence quand elle a été diagnostiquée. Une société où on parle tellement de la santé des candidats que le fait d'admettre qu'ils ne sont pas surhumains et qu'ils ont parfois besoin de repos est considéré comme un signe de faiblesse. La fatigue, voilà ce qui expliquerait les gaffes aussi bien de Clinton que de Trump. Cette campagne est peut-être l'occasion idéale de redéfinir le concept obsolète de "présidentiable". Si vous voulez avoir les idées suffisamment claires pour être capable de gérer une situation de crise à trois heures du matin, il vaut mieux vous assurer que vous êtes bien réveillé-e quand le téléphone sonnera. Et pour cela il faut dormir. 


On termine avec le procès du jour. La justice est parfois amenée à trancher des questions existentielles. C'était le cas hier à la cour administrative d'appel de Paris. L'affaire était grave : a-t-on le droit de sourire sur une photo d'identité ? Compte-rendu d'audience dans Le Parisien. Le tribunal avait été saisi par Thierry, un haut fonctionnaire dont la demande de renouvellement de passeport a récemment été rejetée au motif que sur les photos qu'il avait fournies, il arborait une légère moue qui confine au discret sourire. L'homme un brin procédurier tout de même ne s'en est pas laissé dire, il a saisi la justice administrative après s'être plongé dans les textes de droit. Il affirme que l'interdiction de sourire n'est clairement notifiée dans aucune loi. Son avocat, le bien nommé maître Boulet, a plaidé hier en invoquant la Joconde : depuis plus de 500 ans on se demande si elle sourit vraiment, aucun éminent spécialiste n'a réussi à l'affirmer alors ce n'est pas au préfecture de déterminer si un sourire est neutre ou pas. Thierry, quant à lui, fournit un argument supplémentaire. Est-il responsable que dans une France dépressive les autorités reprochent leur sourire aux français ? On peut se réjouir qu'il y ait encore des hommes vraiment à part pour parler d'identité heureuse !

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2016-09-16 10:11:13
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