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JO Rio 2016 : le CIO n'exclut pas complètement la Russie de la compétition

La Russie ne sera pas totalement bannie des JO de Rio, mais les athlètes qui pourront y participer devront respecter des conditions très strictes.

Les Jeux olympiques de Rio ont commencé le 5 août
Les Jeux olympiques de Rio ont commencé le 5 août Crédit : AFP/J.Nackstrand
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Camille Kaelblen
et AFP

Les athlètes russes seront bien au rendez-vous des Jeux Olympiques de Rio. Les quinze membres de la commission exécutive du Comité international olympique (CIO) ont décidé d'autoriser la Russie à disputer les Jeux Olympiques de Rio (5 au 21 août), dimanche 24 juillet. À une condition cependant : que chaque Fédération internationale repêche, au cas par cas, les athlètes jugés "propres", qui respectent des conditions très strictes édictées par les membres du Comité. Le Comité olympique russe est maintenu et le soin est laissé aux fédérations internationales de trier les sportifs russes non contaminés par le système de dopage étatisé.

"Les sportifs russes des 28 sports olympiques doivent assumer les conséquences de la responsabilité collective (de leur pays) et la présomption d'innocence ne peut leur être appliquée", souligne le communiqué du CIO. "D'un autre côté, la justice individuelle doit être appliquée et tout athlète doit pouvoir prouver que la responsabilité collective ne doit pas être appliquée dans son cas." Le CIO a ainsi défini que le Comité national olympique russe (ROC), "contre lequel aucune preuve n'existe dans le rapport" McLaren sur le système de dopage d'État, ne pourrait sélectionner aucun sportif contrôlé positif au cours de sa carrière.

Le CIO a indiqué plusieurs critères stricts qu'elles devront respecter. Et notamment celui de ne retenir aucun athlète ayant été condamné pour dopage dans le passé, quand bien même il aurait déjà purgé sa peine. Cet argument devrait susciter de nombreuses critiques en Russie et ailleurs: Justin Gatlin, sprinteur américain, est en lice pour le titre olympique sur 100 m à Rio après avoir été deux fois suspendu pour dopage, pendant cinq ans au total.

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Combien d'athlètes russes à Rio ?

Pour sélectionner les sportifs réellement "propres", les Fédérations internationales devront également "étudier avec soin" le CV antidopage des candidats en s'assurant qu'ils ont tous subi des "contrôles crédibles", et donc faits ailleurs qu'en Russie, a précisé le communiqué du CIO. Combien donc seront les sportifs russes au Brésil? Une certitude: il y aura Darya Klishina, la seule athlète repêchée par la Fédération internationale de l'athlétisme (IAAF). Mais qu'en sera-t-il des volleyeurs, champions olympiques à Londres en 2012, des lutteurs, revenus d'Angleterre avec 11 médailles, ou d'Aliya Mustafina, la gymnaste en or olympique aux barres asymétriques ? Les autres Fédérations seront elles aussi strictes que l'IAAF? 

Mercredi, le Comité olympique russe avait couché 387 noms au total sur sa liste pour Rio. Ils ne sont déjà plus que 320 avec l'exclusion définitive de 67 des 68 athlètes engagés. Certaines Fédérations ne semblaient pas pressées de prendre des sanctions. "Nous espérons qu'en autorisant la participation des sportifs russes, un message positif sera envoyé à la jeunesse qui mérite qu'on lui donne des preuves d'amitié, et non d'une Guerre froide", avait plaidé jeudi soir l'Autrichien Marius Vizer, le président du judo mondial.

Si elles refusaient de jouer le jeu, le dernier mot resterait cependant au CIO. La règle 44 de la charte olympique lui donne le droit d'accepter ou non l'inscription de chaque sportif. Le casse-tête semble insoluble, à 12 jours du coup d'envoi des JO. Car il faudra aussi compter avec les inévitables recours des athlètes russes recalés, devant le TAS. Auprès de l'AFP cette semaine, le président de la Fédération internationale d'aviron, le Français Jean-Christophe Rolland, craignait ainsi que certains sportifs russes soient finalement déclarés inéligibles... "après les jeux de Rio".

Le CIO n'a pas utilisé "l'option nucléaire"

L'instance olympique n'a donc pas utilisé "l'option nucléaire", pour reprendre les termes de Dick Pound, le fondateur de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Elle a été à l'origine de la disgrâce de l'empire sportif russe avec ses deux rapports successifs, dont la fameuse enquête de Richard McLaren qui a dévoilé lundi les rouages du dopage russe, sous la direction du ministère des Sports et avec l'aide "active" des services secrets du Kremlin.

Le CIO n'a donc pas pris pour la Russie la mesure qu'il avait su prendre à l'automne 2015 en suspendant le Comité olympique koweïtien, pour "ingérence gouvernementale indue". Par le passé, le CIO avait exclu l'Afghanistan des Talibans des JO de Sydney en 2000, et l'Afrique du Sud de l'apartheid durant sept Jeux successifs, de 1964 à 1988. Aucune nation jusqu'à présent n'a été sanctionnée pour dopage. Après la publication du rapport McLaren, Thomas Bach avait pourtant évoqué "une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité des sports et des JO".

La Russie s'est dite "reconnaissante" de la décision "objective" du CIO, par la voix du ministre russe des Sports Vitali Moutko, qui a assuré dimanche que la "majorité" des sportifs russes iront à Rio. La décision prise par le CIO est "objective, adoptée dans l'intérêt du monde sportif et pour l'unité de la famille olympique", a estimé le ministre, interrogé par des journalistes russes. "Nous saluons le fait que le CIO, partagé entre la responsabilité collective et les droits concrets des sportifs, a décidé que chaque sportif dont la réputation est impeccable et sans trace de dopage, a le droit de participer aux JO", a-t-il ajouté, se disant "reconnaissant".

Yuliya Stepanova, persona non grata

La seule sanction du CIO a visé Yuliya Stepanova. La lanceuse d'alerte à l'origine des premières révélations sur le système de dopage étatisé en Russie a été interdite de participation par le CIO. La coureuse de 800 m avait en effet été suspendue entre 2011 et 2013 pour des irrégularités sur son passeport biologique. 
Stepanova avait été admise à s'aligner sur 800 m par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) au regard de ses dénonciations.

Jeudi, le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait par ailleurs donné raison à la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) qui avait suspendu la fédération russe en raison des conclusions accablantes d'une première commission d'enquête indépendante sur le système de dopage organisé en Russie. 

Le 19 juillet, un rapport commandé par l'agence mondiale anti-dopage révélait en effet un gigantesque scandale de dopage supervisé par les autorités russes de 2011 à 2015 dans plus d'une trentaine de sports, et qui concernait notamment les JO de Sotchi en 2014. Mercredi 20 juillet, le Comité olympique russe (COR) avait dévoilé une liste de 387 sportifs (30 sports) sélectionnés pour le rendez-vous olympique.

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