3 min de lecture

JO d'hiver 2026 : la présidente du CIO en larmes après la disqualification d'un athlète ukrainien, Zelensky l'accuse de "faire le jeu" de la Russie

Aligné en skeleton, Vladislav Heraskevych a été disqualifié jeudi 12 février par le CIO, qui interdit toute forme "de propagande politique" aux JO, en portant un casque avec des photos de plusieurs coéquipiers victimes de l'invasion russe.

La présidente du CIO Kirsty Coventry et le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Crédit : AFP

Gabriel Joly & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Sport »

Le sport apolitique est une chimère, et Kirsty Coventry l'a bien compris ce jeudi 12 février. Peu après que le Comité international olympique a annoncé la disqualification de Vladislav Heraskevych, porte-drapeau ukrainien aux JO de Milan-Cortina, à quelques minutes du début des épreuves de skeleton, la présidente de l'instance, est apparue très touchée face aux caméras.
"Je voulais vraiment voir courir Vladislav Heraskevych aujourd'hui. Ce fut une matinée riche en émotions. Il était également ému. Je ne pense pas que nous ayons versé de larmes, mais c'était… C'est un athlète et pour moi je ne lui parlais pas dans cette pièce en tant que présidente, je lui parlais en tant qu'athlète", a-t-elle expliqué, en réprimant des sanglots. L'ex-nageuse zimbabwéenne, élue en juin 2025, a tenté de le dissuader d'arborer en compétition un casque gris, dit "mémoriel", portant les images sérigraphiées de plusieurs de ses coéquipiers tués dans le conflit avec la Russie.


Pour le CIO, cette ornementation enfreint l'article 50 de sa Charte olympique qui proscrit toute forme "de propagande politique" sur les lieux de compétition, au village olympique ou lors des cérémonies de remise des médailles. Une règle confortée depuis 2021 par une vaste enquête menée auprès des sportifs par sa commission des athlètes, alors dirigée par… Kirsty Coventry.


"Nous avons mis en place des règles pour essayer d'être justes, mais aussi pour essayer de nous permettre de faire d'autres choses. Permettre aux athlètes de s'exprimer, mais aussi leur permettre d'être en sécurité. Je crois sincèrement que lui et son père comprennent cela. Je pense que c'est une situation difficile dans laquelle nous nous trouvons tous", a-t-elle ajouté.

Consciente du tollé que provoquerait une disqualification, l'instance a multiplié les tentatives de compromis, offrant d'abord à l'athlète d'arborer un brassard noir sans message, et répétant qu'il pouvait porter son casque et conserver une totale liberté de parole en zone mixte, en conférence de presse ou sur ses réseaux sociaux. "Personne - et pas moi, en particulier - ne s'oppose au message. Le message est puissant, c'est un message de souvenir, de mémoire", a confirmé Kirsty Coventry. "Mais nous devons maintenir un environnement sûr pour tous, et cela signifie qu'aucun message n'est autorisé".

"C'est le prix de notre dignité"

Kiev a immédiatement répliqué après cet incident, le président Volodymyr Zelensky accusant le CIO de "faire le jeu" de la Russie de Vladimir Poutine. "Le mouvement olympique doit contribuer à mettre fin aux guerres, non pas faire le jeu des agresseurs. Malheureusement, cette décision dit le contraire", a écrit le dirigeant sur les réseaux sociaux.

À écouter aussi

Le chef de la diplomatie ukrainienne a estimé lui que cette décision était une "honte" : selon lui, l'instance olympique avait "disqualifié sa propre réputation". "Nous corrigerons cette erreur par la voie légale", a de son côté promis le ministre des Sports, Matvii Bidnyi. En fin de journée, Vladislav Heraskevych a saisi le Tribunal arbitral du Sport.

Avant cela, il a posté une photo de lui avec le fameux casque portant les images sérigraphiées de plusieurs de ses compatriotes tués, avec la légende : "C'est le prix de notre dignité", peu après la décision.

"Vladislav n'a pas pris le départ, mais il n'était pas seul - il avait toute l'Ukraine avec lui, et il l'aura toujours. Car lorsqu'un athlète défend la vérité, l'honneur et la mémoire, c'est déjà une victoire. Une victoire pour Vladislav. Une victoire pour tout le pays", a réagi de son côté le Comité olympique ukrainien dans un communiqué. L'ahtlète représentait une réelle chance de médaille pour son pays car il avait terminé 4e des Mondiaux l'an dernier.

"Je n'ai jamais voulu de scandale avec le CIO, et je ne l'ai pas créé. C'est le CIO qui l'a créé avec son interprétation des règles, que beaucoup considèrent comme discriminatoire", avait déclaré avant l'annonce de sa décision l'Ukrainien dans une vidéo sur ses réseaux sociaux, demandant trois conditions pour mettre fin à cette situation embarrassante. D'abord la levée de l'interdiction d'utiliser son casque, puis des excuses pour la pression subie ces derniers jours et "la fourniture de générateurs électriques aux installations sportives ukrainiennes qui subissent des bombardements quotidiens" par solidarité avec le sport ukrainien. Il n'aura rien eu de tout cela.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info