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"Je suis de retour" : la montée en puissance d'Arthur Fils, titré à Barcelone et débarrassé de sa blessure au dos, à un mois de Roland-Garros

Le Français de 21 ans a remporté le quatrième titre de sa carrière dimanche 19 avril, grâce à sa victoire en finale contre le Russe Andrey Rublev. Un succès qui valide sa stratégie d'un retour prudent et lui permet de repasser numéro 1 français.

Arthur Fils avec le trophée de l'ATP 500 de Barcelone après sa victoire en finale contre Andrey Rublev, le 19 avril 2026.

Crédit : Manaure Quintero / AFP

Gabriel Joly

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Fils prodigue. Après une longue traversée du désert et plusieurs mois à soigner une vilaine blessure au dos, Arthur Fils a confirmé sa dynamique ascendante sur ce début d'année 2026 en décrochant le quatrième titre de sa carrière, dimanche 20 avril, grâce à sa victoire en deux sets contre le Russe Andrey Rublev en finale de l'ATP 500 de Barcelone (6-2, 7-6 [7-2]), où aucun Français ne s'était imposé depuis 1985.


"Ça fait du bien, vraiment 'très du bien'. Être de retour à ce niveau, dans le cercle des vainqueurs, ça signifie beaucoup et c'est un sentiment génial. Ça veut dire que je suis de retour. Ça fait un an et demi que je n'avais pas gagné de titre et de revenir de cette manière-là, ça fait du bien. C'est toujours bien de faire des demis, des quarts, des finales. Mais gagner, c'est important", a-t-il réagi après le traditionnel plongeon du champion dans la piscine du tennis club catalan, en compagnie des ramasseurs de balle.

"Je dois encore acquérir de l'expérience"

"Cette semaine a peut-être été l'une de celles où j'ai été le plus concentré sur le court, c'est probablement pour ça que j'ai gagné", a encore estimé le Francilien de 21 ans face à la presse, préférant toutefois son parcours tokyoïte victorieux d'il y a deux ans. Pourtant, le tombeur sur les tours précédents de Lorenzo Musetti (6-3, 6-4) et du phénomène Rafael Jodar (3-6, 6-3, 6-2), à qui l'Espagne promet un grand avenir, s'est fait peur contre Andrey Rublev.

En contrôle jusqu'au moment de servir pour le gain du tournoi à 5-3 dans la deuxième manche, il a laissé son adversaire revenir à hauteur. "Goran [Ivanisevic, son entraîneur] m'a dit que c'était peut-être le pire jeu qu'il ait vu sur le circuit", s'est-il amusé, souriant après avoir finalement plié l'affaire au tie-break.
"Je devais juste rester calme. Il fallait rester serein : dans ces situations, c'est très difficile de garder la même attitude et la même mentalité parce qu'on commence à se dire qu'on va gagner. Je pense que je me suis projeté, et c'est pour ça que j'ai joué des jeux médiocres. Mais c'est normal, je dois encore acquérir de l'expérience là-dessus", a-t-il analysé, conscient de ses axes de progression.

Un état d'esprit qui témoigne de ses ambitions notamment sur terre battue, sa surface de prédilection où il a remporté le tournoi 250 de Lyon en 2023, et l'ATP 500 de Hambourg l'année suivante.

Numéro 1 français et tête de série à Roland-Garros ?

Au lendemain de ce succès barcelonais, celui qui remonte à la 25e place mondiale et repasse numéro 1 tricolore devant Arthur Rinderknech affiche de belles promesses à un mois de Roland-Garros, là où le cours de sa jeune carrière a basculé lors de la dernière édition.

Sur l'ocre parisienne, il était allé au bout de lui même pour écarter Jaume Munar au deuxième tour, étant victime d'une fracture de fatigue au dos. Écarté ensuite des courts jusqu'en février en simple, le temps de se soigner, il n'a pas brûlé les étapes en dépit d'une reprise particulièrement encourageante : finale d'ATP 500 à Doha contre Carlos Alcaraz - lequel a déclaré forfait à Barcelone après une alerte au poignet -, quart au Masters 1000 d'Indian Wells, et demi-finale à celui de Miami.

Sur ces bonnes lancées, Arthur Fils aurait pu décider de battre le fer tant qu'il était encore chaud en enchaînant tournois et déplacements. Mais le 6e à la Race a finalement fait l'impasse sur plusieurs rendez-vous comme Dubaï ou Monte-Carlo, alors même qu'il y avait de gros points à défendre. Un choix raisonnable pour se préserver de toute rechute. Au vu de son niveau de tennis mais également de sa résistance mentale, la stratégie semble payante.

"Ça a été huit mois difficiles", a-t-il commenté après sa victoire dimanche, en s'adressant à son clan. "Mais on est de retour sur les courts et on gagne le trophée." De très bon augure avant de retrouver Paris. D'ici là, il pourrait même profiter de détours par les prestigieuses joutes de Madrid et Rome pour "frapper dans la balle, bien libéré", encore monter dans le classement et aborder Roland-Garros avec un statut de tête de série… histoire d'éviter de croiser les routes Carlos Alcaraz ou Jannik Sinner trop tôt. Une chose est sûre, le public de la porte d'Auteuil l'attend de pied ferme.

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