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Tennis : coûteuse, difficile à entretenir... Pourquoi la terre battue recule en France

Face à un déclin depuis les années 80, la Fédération de tennis veut inverser la tendance.

Luca Nardi renvoie la balle contre Fabian Marozsan au tournoi du Grand Chelem de Roland Garros, le 25 mai 2025.

Crédit : ROBERT SZANISZLO / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

La Fédération de Tennis veut relancer la terre battue

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Tom Lefevre

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À un mois de Roland-Garros, un paradoxe intrigue dans le tennis français : le pays du plus célèbre tournoi sur terre battue… voit cette surface disparaître peu à peu de ses clubs. Aujourd’hui, la terre battue ne représente plus que 16% des courts en France d'après un article du journal Le Monde. Un chiffre en chute libre : dans les années 1950, elle couvrait quasiment tous les terrains. Même dans les années 1970, elle pesait encore la moitié des surfaces. Pendant ce temps-là, nos voisins font l’inverse. En Espagne, en Italie ou en Allemagne, la terre battue est largement dominante, parfois jusqu’à 80% des courts.

Ce recul s’explique en grande partie par des raisons économiques. À partir des années 1980, la France a massivement développé le tennis amateur avec la construction de milliers de terrains. Mais la plupart ont été réalisés en béton poreux ou en résine, des surfaces moins coûteuses. Car la terre battue demande un entretien constant : arrosage régulier, réparation des lignes, remise à niveau chaque année... Le coût peut atteindre plusieurs milliers d’euros par an et par court. À cela s’ajoutent les contraintes climatiques : gel en hiver, sécheresse en été, restrictions d’eau… autant de facteurs qui compliquent son maintien.

Ce déclin n’est pas sans conséquence sportive. La terre battue est souvent considérée comme la surface idéale pour apprendre : elle ralentit le jeu, oblige à construire les points, à varier les effets et à développer l’endurance. Or, en France, les jeunes joueurs s’entraînent de moins en moins sur cette surface. Un manque qui, selon plusieurs formateurs, pourrait expliquer en partie les difficultés des Français à briller à Roland-Garros, où aucun joueur masculin tricolore ne s’est imposé depuis 1983.

Une tentative de reconquête

Face à ce constat, la Fédération française de tennis veut réagir. Objectif affiché : doubler la proportion de courts en terre battue d’ici 2032, pour atteindre environ 30%. Pour y parvenir, elle mise notamment sur une innovation : la terre battue artificielle. Une surface hybride, composée d’un tapis recouvert de brique pilée, qui demande beaucoup moins d’entretien et d’arrosage. Dans le viseur : environ 13.000 courts en dur vieillissants, susceptibles d’être transformés.

Au-delà de la performance, la terre battue reste un symbole fort. Sa couleur ocre, ses traces de glissades, la poussière qui s’élève à chaque échange… font partie de l’identité du tennis français. À l’approche de Roland-Garros, cette surface iconique est donc au cœur d’un enjeu plus large : préserver un héritage… tout en l’adaptant aux contraintes d’aujourd’hui.

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