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"Il sera difficile à manœuvrer" : Seixas peut-il vraiment faire vaciller Pogacar dès son premier Tour de France ?

Le prodige Paul Seixas s'élance ce samedi 4 juillet sur son premier Tour de France avec un statut déjà immense. À 19 ans, le dernier vainqueur de la Flèche wallonne cristallise les espoirs français, mais le défi s'annonce colossal face à Tadej Pogacar, favori à un cinquième sacre.

Paul Seixas et Tadej Pogacar lors de Liège-Bastogne-Liège, le 26 avril 2026.

Crédit : Bernard PAPON / Belga / POOL / AFP

Jérémy Descours

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Paul Seixas peut-il vraiment faire tomber Tadej Pogacar dès son premier Tour de France ? La question accompagne déjà le départ de l'édition 2026, qui s'élance ce samedi 4 juillet de Barcelone. À 19 ans, le Français suscite une attente rare avant même ses débuts sur la Grande Boucle. Mais le défi est immense : battre, sur trois semaines, un coureur qui vise un cinquième sacre et qui reste le grand favori du peloton.

Vainqueur du Tour du Pays basque 2026, le prodige incarne pour beaucoup un espoir français inédit par sa précocité. Celui de voir un très jeune coureur peser sur la course, et peut-être s'installer à terme parmi les prétendants au maillot jaune. Reste une question simple : ce moment peut-il arriver dès maintenant ? Sur ce point, les anciens coureurs interrogés par RTL.fr sont globalement d'accord : Paul Seixas a le talent pour marquer ce Tour, mais sans doute pas encore pour renverser Tadej Pogacar. 

Laurent Jalabert le dit très franchement. Pour lui, le leader de Decathlon CMA CGM Team peut être "la révélation" de cette édition, mais pas son vainqueur. "Je n'y crois pas", tranche l'ancien vainqueur du Tour d'Espagne. "Pogacar, c'est un coureur aguerri qui a montré qu'il était encore très fort. Il sera difficile à manœuvrer. Je ne pense pas que Seixas puisse y arriver".

Le Slovène, l'obstacle immense...

L'analyse de notre consultant RTL repose sur deux écarts majeurs. D'abord, l'aspect physique : selon lui, Pogacar garde un avantage sur tout le monde. Ensuite, l'expérience. Celle d'un leader qui connaît parfaitement les exigences du Tour, mais aussi celle d'une équipe - UAE Team Emirates XRG - rompue à la gestion du classement général. À l'inverse, Paul Seixas et son équipe vont, eux, découvrir ce terrain-là. 

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Même prudence chez Alexis Vuillermoz. L'ancien coureur français (AG2R La Mondiale, Total Direct Énergie) estime lui aussi qu'espérer une victoire finale dès une première participation serait aller trop vite. "Objectivement, ça va être compliqué", explique-t-il à RTL.fr, en rappelant l'écart d'expérience entre Pogacar et Seixas, mais aussi entre leurs équipes. Pour lui, il faut éviter de transformer en déception ce qui pourrait déjà être un immense succès. Un podium, un top 5, un top 10, ou simplement un Tour terminé avec panache à 19 ans, constituerait déjà une performance majeure.

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L'ex-coureur de la FDJ, Sandy Casar, va dans le même sens. Lui aussi appelle à ne "pas aller trop vite" avec le jeune Français. Selon lui, le premier enjeu est d'abord de découvrir ce qu'est réellement le Tour de France : trois semaines de tension permanente, de fatigue accumulée, de concentration à chaque instant. "Le Tour, c'est multiplié par 100 à tous les niveaux", résume-t-il. 

Quand on joue le classement, insiste-t-il, "il n'existe aucun moment de relâchement". "Une cassure, une chute, une crevaison, trois secondes perdues dans un sprint : tout peut basculer très vite", ajoute-t-il. Un constat qui fait aussi écho à ce qu'a vécu Paul Seixas sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, où une chute était venue rappeler à quel point un classement général peut se fragiliser en un instant.

"Je ne prendrai pas de risque"

C'est précisément là que réside l'incertitude. Non pas sur le talent de Paul Seixas, que peu contestent, mais sur sa capacité à l'exprimer pendant trois semaines. "Hypnotisé" par la "pépite" française, le patron du Tour de France est, lui aussi, prudent. "Tadej Pogacar reste l'incontestable favori numéro 1 et Jonas Vingegaard son incontestable challenger", a répondu Christian Prudhomme.

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Tout comme le principal intéressé. Jeudi 2 juillet, à Barcelone, le leader de Decathlon CMA CGM a assuré que sa priorité restait de jouer le général, sans annoncer d'objectif précis. "Je ne prendrai pas de risque pour autre chose que le classement général", a-t-il insisté.

D'autant que la concurrence ne se limite pas à Pogacar et Vingegaard. Derrière les deux grands favoris, plusieurs noms peuvent compliquer encore davantage la tâche du Français au général ou dans la bataille pour les étapes : Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-hansgrohe - troisième du Tour en 2024), Florian Lipowitz (Red Bull-BORA-hansgrohe, troisième du Tour 2025), Isaac Del Toro, très attendu dans son rôle de lieutenant de luxe chez UAE, ou encore Davide Piganzoli (Visma-Lease a Bike), autre jeune grimpeur en pleine ascension.

On l'a donc compris, l'attente est immense autour de Paul Seixas. Mais le plus important sera - sans doute - de d'abord rester fidèle à ce qu'il montre depuis ses débuts : du calme, de l'audace et du plaisir. Avant, peut-être, de devenir le successeur que la France attend depuis Bernard Hinault en 1985.

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