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Lewis Hamilton après la casse de son moteur au GP de Malaisie, le 2 octobre 2016.
Crédit : C.L. DONALD LIM / AFP
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La dernière fois que la Formule 1 s'est rendue en Malaisie, le leader du championnat Kimi Antonelli n'avait que 11 ans. C'était en 2017, Lewis Hamilton dominait avec l'écurie Mercedes, Sebastian Vettel et Kimi Räikkönen se battaient avec les couleurs de Ferrari, Pierre Gasly disputait son premier Grand Prix et Fernando Alonso peinait déjà à gagner des courses. Près de 10 ans ont passé depuis que le circuit de Sepang a quitté le calendrier officiel du championnat et les choses ont bien changé.
Mais la Malaisie fait son grand retour ce week-end des 3 et 4 septembre, d'une manière (et surtout avec un nom) assez étrange. Car au circuit international de Sepang se tient ce week-end... le GP de Bahreïn. Ce dernier avait été annulé mi-avril, tout comme celui d'Arabie Saoudite, en raison de la guerre au Moyen-Orient pour au final être délocalisé des mois plus tard.
Un changement de plan qui n'est pas pour déplaire aux fans, la Malaisie étant un circuit très apprécié pour sa largeur - facilitant les dépassements - et sa météo imprévisible. La recette pour de beaux moments de course, comme ça a été le cas par le passé.
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L'une des caractéristiques préférées du circuit de Malaisie est donc la forte probabilité que la course soit chaotique. Le climat tropical du pays amène son lot d'orages, ce qui n'a pas manqué le 19 mars 2001 pour la 2e manche du championnat.
Dès le troisième tour de course, alors que les Ferrari de Michael Schumacher et du Brésilien Rubens Barrichello sont en tête, une averse orageuse dantesque s'abat sur le circuit.
Mais c'est surtout de l'huile, laissée sur la piste après une casse moteur, qui va les piéger : les deux pilotes de l'écurie italienne finissent dans le bac à graviers. Heureusement pour eux, ils arrivent à rejoindre la course après avoir dégringolé au classement alors que des trombes d'eau compliquent la course (et que leurs concurrents enchaînent les 360°C).
"La pluie était fine dans le virage précédent elle est devenue mur d'eau au suivant (...) Quand je me suis vu tirer droit dans le bac et la barrière s’approcher aussi rapidement, j’ai bien cru que tout allait s’arrêter là. Le pire est arrivé quand j’ai aperçu Rubens suivre le même chemin", racontait l'Allemand après la course.
Surtout que son malheur ne s'est pas arrêté : à cause d'un cafouillage au moment de devoir changer ses pneus, il passe plus de deux minutes dans la voie des stands.
Mais il en faut plus pour arrêter Michael Schumacher : le septuple champion du monde arrive finalement à gagner la course, passant la ligne d'arrivée plus de 23 secondes avant son coéquipier en deuxième position. "J'aime ce genre de victoires qui ont nécessité un rude travail", s'était réjoui le champion. De la pluie, du grabuge, de la confusion : le GP de 2001 est un classique de Malaisie.
Les relations entre l'Allemand Sebastian Vettel et l'Australien Mark Webber n'ont pas toujours été au beau fixe et le GP de Malaisie en 2013 en est l'apogée. Les deux pilotes étaient alors chez Red Bull pour leur cinquième et dernière saison ensemble. Vettel était triple champion du monde avec 25 victoires à son actif entre 2009 et 2012 alors que Webber n'avait que 9 victoires et deux troisièmes places au championnat.
Les coéquipiers Red Bull sont loin devant leurs adversaires lors de cette deuxième manche de la saison, Mark Webber est premier, Sebastian Vettel deuxième. Pour assurer qu'ils soient bien sur le podium à la fin de la course, l'injonction "Multi 21" est donnée dans la radio de l'Allemand. Le code est alors connu de tous : les deux pilotes doivent garder leurs positions actuelles, donc Vettel ne peut pas dépasser son coéquipier. Ce dernier refuse, prenant la tête de la course.
S'en suit l'une des "cool down rooms" (les salles de repos utilisées après chaque course) les plus tendues de l'histoire de la F1. "Multi 21, Seb. Multi 21", répète furieux Mark Webber à son coéquipier, qui ne daigne lui répondre. L'Allemand ne sera jamais sanctionné en interne mais les relations entre les deux hommes en ont pris un coup.
Se remémorant un échange pour régler les comptes, Mark Webber expliquait : "Cette conversation a été le moment le plus décevant de toute notre relation. Il a dit qu'il était agacé par ce que j'avais dit sur le podium en Malaisie, et que bien qu'il me respecte en tant que pilote, il n'avait aucun respect pour moi en tant qu'homme." Ambiance.
La Malaisie a aussi été cruciale dans une autre rivalité iconique du sport : celle entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg lorsqu'ils étaient à Mercedes.
Meilleurs amis quand ils étaient jeunes, le Britannique et l'Allemand ont vu leurs relations se détériorer publiquement entre 2013 et 2016 alors qu'ils se livraient une lutte acharnée pour le titre. Si Lewis Hamilton a su s'imposer en 2014 et 2015, c'est Nico Rosberg qui a eu les devants en 2016 alors que tout s'est (sûrement) joué en Malaisie.
Cette année, le circuit de Sepang arrive plus vers la fin du championnat, à cinq courses de la fin. Nico Rosberg est alors le leader du championnat avec une courte marge devant Lewis Hamilton. Mais lors de la course, le Britannique est confortablement en tête avec 23 secondes d'avance sur les deux voitures Red Bull et son coéquipier en quatrième position.
Le drame vient au 41e tour de course (sur 56) quand il souffre d'une casse moteur, alors que la victoire semblait être dans la poche. "C'est peut être le tournant du championnat du monde, son moteur est en feu", s'exclament les commentateurs devant les images du désarroi du clan Mercedes.
Nico Rosberg repart de Malaisie avec plus de 20 points d'avance sur son coéquipier et arrachera le titre avec cinq points de plus que Lewis Hamilton. "Cette année, il est clair que c'est la Malaisie qui a coûté le titre à Lewis", avait reconnu le patron de Mercedes après la fin de la saison. Un avis que partageait le principal concerné : "J'ai fait tout ce que j'ai pu et il est évident que Nico a connu une saison très, très sereine, sans aucun problème majeur, pour être honnête, et c'est pour cela que nous nous retrouvons dans cette situation aujourd'hui", avait balancé Lewis Hamilton.
La F1 reste avant tout un sport mécanique, les espoirs de titres partis en fumée de Lewis Hamilton en sont la preuve.
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