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Un combat de sumo (illustration)
Crédit : AFP
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Un tournoi hors-norme. Paris va prendre des airs de Japon ancestral ce week-end du 13 juin à l'occasion d'une compétition de sumo organisée à l'Accor Arena de Paris (MUFG Tournoi de Paris de Sumo). Un évènement inédit qui réunira les 62 meilleurs lutteurs du monde dans la capitale, 31 ans après le dernier tournoi dans la capitale sous l'impulsion de Jacques Chirac.
Cet évènement est rarissime hors du Japon. Et pour cause : accueillir un tournoi de sumo à Paris est un sacré défi logistique. Il a été rendu possible notamment grâce à un ingrédient clé : le sel. Celui-ci occupe une place centrale dans ce sport de haut niveau, qui possède une dimension sacrée issue de la religion shintoïste.
De longs rituels rythment en effet la compétition. Ils lancent notamment du sel pour purifier l'air de l'arène de combat, nommée le dohyo. Au cours des confrontations, les lutteurs, appelés rikishis, évoluent également sur un sol argileux recouvert d'une fine couche de sel, balayée de temps en temps par les yobidashi (les annonceurs).
"Lorsque le combattant tape des mains, c'est pour appeler les Dieux. Quand il tape des pieds, c'est pour faire fuir les démons. Et le sel, c'est pour purifier l'espace. Il est là pour éloigner tout ce qui pourrait poser problème : les blessures, les malédictions, ce genre de choses...", détaille David Rotschild, organisateur en chef de l'événement parisien, et passionné de la discipline, auprès de l'Agence France-Presse (AFP).
Pour que le sel soit conforme aux règles de l'art, les équipes organisatrices se sont tournées vers un producteur de sel de Guérande. Au total, 200 kilos ont été acheminés depuis Le Croisic (Loire-Atlantique). "C'est vrai que c'est une demande qui n'est pas très habituelle. Mais je me suis dit : "why not?"", raconte Mérédith, fière que ses marais salants de Guérande partent à la rencontre du Japon.
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Récoltée l'été dernier, la fleur de sel a ensuite été stockée puis séchée, déshumidifiée, tamisée et enfin broyée à la main, rapporte l'AFP. Un strict cahier des charges a également dû être respecté.
"Ils ont demandé une blancheur quand même relativement blanche et surtout une granulométrie très fine pour éviter que ça abîme la peau des pieds", explique Mérédith, des Artisans du sel. "La molécule de chlorure de sodium, telle qu'elle est présente dans la nature, est plutôt cubique. Et s'ils ont des peaux douces avec 200 kg dessus, ça peut faire mal."
Les organisateurs de l'évènement sont aussi partis à la quête d'une terre similaire à celle nippone pour la plateforme dohyo. "On avait reçu un échantillon, qu’on a fait analyser par un ingénieur spécialiste qui fournit la terre pour différents événements et qui a réussi à nous sourcer trois types de terre, dont une a été approuvée lors de la venue des dirigeants de la JSA en février", détaille David Rotschild dans les colonnes du Parisien. Selon le quotidien, c'est celle des Ardennes qui a été validée.
Pour le reste des équipements, tout est importé du pays du Soleil-Levant. D'après David Rotschild, interrogé dans RMC Sport, la plateforme dohyo a été acheminée par cargo. "À part l'écran géant de Bercy et ce qu'on doit fournir sur place, tout vient du Japon", précise-t-il.
Les 150 voyageurs dont les 62 rikishis (lutteurs) viennent eux par avion, dans deux engins séparés. Une volonté d'une part pour respecter le poids maximal d'un avion. De l'autre, c'est "comme pour "le Président et le Premier ministre, les rikishis doivent être séparés pour qu’en cas de problème, il en reste". Dans le détail, un Yokozuna - le plus haut grade chez les sumos - sera dans un avion avec la moitié des rikishis et un Yokozuna dans l'autre avec le reste des rikishis, en cas d'accident.
"Ensuite, suivant le rang du rikishi, ils sont soit en éco, soit en business, soit en première classe", détaille l'organisateur. Pour ceux qui ne seront qu'en classe économique, ils auront néanmoins deux sièges chacun. "C'est impossible pour eux de tenir dans un seul", sourit le passionné auprès du Parisien.
Une fois sur place, le défi n'en reste pas moins important. Selon l'organisateur, les toilettes ont notamment été adaptées pour les sumos, qui pèsent en moyenne 150 kg. "On a des toilettes suspendues en France. Donc il faut créer des cales en-dessous", décrit-il. Des véhicules adaptés ont également été validés.
Côté repas, les organisateurs ont aussi dû voir les choses en grand. Les lutteurs, dont certains pèsent jusqu'à 200 kg, mangent beaucoup pour conserver leur masse. "On prévoit entre une fois et demie et deux fois les quantités pour une personne 'normale'", souligne David Rotschild. Ils mangeront majoritairement japonais avec un petit-déjeuner occidental, supplément riz".
"Il faut aussi pouvoir fournir de la nourriture pour qu'ils s'alimentent la nuit s'ils ont faim : des ramens instantanés, des boîtes isothermes pour ramener de la nourriture dans les chambres en cas de besoin", précise l'organisateur. Ils devront ainsi fournir trois onigiris (boulettes de riz farcies) par lutteur tous les soirs.
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