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Pauvreté : de plus en plus de femmes sans logement à la sortie des maternités

Au moins 2.400 femmes se sont retrouvées sans logement après avoir donné naissance en 2017. Ce chiffre est en hausse par rapport aux années précédentes.

selon l'AP-HP, la majorité des jeunes mères sans logement sont des migrantes originaires d'Afrique subsaharienne ou du Maghreb
selon l'AP-HP, la majorité des jeunes mères sans logement sont des migrantes originaires d'Afrique subsaharienne ou du Maghreb Crédit : Istock / Getty Images
Arièle Bonte
Arièle Bonte
et AFP

Fin novembre en Île-de-France, quinze femmes sortant d'une maternité étaient en attente d'hébergement. 62 femmes enceintes et sans-abri, avec un terme proche, étaient identifiées pour une demande d'hébergement, selon des données fournies par le ministère du Logement à l'AFP.

Les maternités sont "de plus en plus" confrontées "à des cas de mères en situation de précarité qui accouchent et n'ont aucun lieu d'hébergement à la sortie de la maternité", confirment de leurs côtés les Hôpitaux publics de Paris (AP-HP).

Le phénomène touche en particulier douze établissements en France, qui signalent au moins un cas par semaine. Parmi ces maternités, onze sont en Île-de-France, selon l'Agence régionale de santé (ARS). Dans la région, au moins 2.400 femmes se sont retrouvées dans cette situation en 2017. Un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes (2.000 en 2016) et ne sont que des estimations partielles, souligne l'ARS.

L'hébergement d'urgence s'organise

À Paris, un centre d’hébergement d'urgence dédié aux jeunes mères sans abri a ouvert le 17 décembre dernier pour trois mois seulement. Le lieu accueille 22 mères et leurs bébés âgés de quelques jours à un mois. 

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Parmi elles, il y a par exemple Bintou, 28 ans, et sa petite fille d'à peine quelques semaines. "On a vu un afflux important, le centre s'est rempli en à peine une semaine", explique Alice Monchambert de la Croix-Rouge, qui gère ce centre situé près des Invalides.

"Ici, on nous donne le lait et les couches. Pour le reste, il faut jouer avec la chance", raconte Bintou. Victime de violences dont elle porte encore les marques sur le corps, elle préfère tenter le tout pour le tout, plutôt que de retourner auprès du père de son enfant.

Il peut arriver que des mères prises en charge dans les maternités restent quelques jours supplémentaires

Les Hôpitaux de Paris
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Face au besoin, l'hébergement d'urgence s'organise. Avant le nouveau centre de la Croix-Rouge, une expérimentation avait été lancée par l'AP-HP à l'Hôtel-Dieu. Également dédié aux femmes sortant de maternité, cet accueil géré par l'association Aurore et qui va être pérennisé, a reçu 181 femmes et 188 bébés depuis mars 2017.

À Paris, l'État assure 196 places d'hébergement dédiées aux femmes enceintes ou sortant de maternité, selon le ministère du Logement. Mais les places manquent encore et souvent après la naissance, c'est le système D. "Il peut arriver que des mères prises en charge dans les maternités de l'AP-HP restent quelques jours supplémentaires, le temps de trouver une solution d'hébergement", expliquent les Hôpitaux de Paris.

La durée moyenne d'hospitalisation pour ces femmes dans les maternités publiques parisiennes est de quatorze jours, contre deux ou trois jours normalement.

Certaines se sont retrouvées à la rue après avoir dévoilé une grossesse hors mariage ou avec un homme d'une autre confession religieuse. D'autres ont fui des violences, un mariage forcé ou ont été victimes d'un viol. Beaucoup sont sans-papiers : selon l'AP-HP, la majorité de ces femmes sont des migrantes originaires d'Afrique subsaharienne ou du Maghreb.

Dix centres maternels d'accompagnement long à Paris

Pour certaines, une fois sur le territoire français, avoir un enfant d'un père français est un pass pour obtenir un droit de séjour. "Il y a des cas de 'bébés-papiers'. C'est une question de survie pour ces femmes, elles n'ont pas le choix", explique Béatrice Bilde, directrice de la résidence maternelle Les Lilas à Paris, un centre d'accueil mère-enfant ouvert toute l'année et géré par l'Armée du Salut.

"Généralement, le père reconnaît l'enfant et peut subvenir financièrement à ses besoins, mais il ne s'en occupe pas", dit-elle.

Il existe dix centres maternels comme celui-ci à Paris. Ceux-ci n'agissent pas dans l'urgence pour mettre à l'abri des personnes à la rue mais proposent un accompagnement long, possible jusqu'aux trois ans de l'enfant, dans le cadre de l'Aide sociale à l'enfance. Un des objectifs est notamment de trouver une alternative à un placement de l'enfant.

Les bébés arrivent dans un état de santé plutôt bon, mais certains sont hypertendus et ont besoin d'être rassurés

Françoise Beaudeaux, directrice adjointe de la résidence maternelle Les Lilas
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"Les bébés arrivent dans un état de santé plutôt bon, mais certains sont hypertendus et ont besoin d'être rassurés : il y a du travail à faire sur la parentalité et le lien mère-enfant", explique la directrice adjointe de la résidence maternelle Les Lilas, Françoise Beaudeaux.

En cas de doute concernant un "bébé-papier", les mères risquent un placement en centre de rétention et un renvoi vers leur pays d'origine. Mais la séparation est "rarissime", explique Béatrice Bilde. "De manière générale, il n'y a pas de placement parce que la mère n'est pas en capacité financière de s'en occuper, mais plutôt parce qu'il y a de la maltraitance psychologique et parfois physique".

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