5 min de lecture Cinéma

"Les Animaux Fantastiques" : un film digne des attentes des fans de "Harry Potter"

NOUS L'AVONS VU - Charmant, inventif, explosif... Ce spin-off des aventures de Harry Potter rassemble les bons éléments pour devenir un succès. Spoilers à la fin de l'article.

Eddie Redmayne et Katherine Waterston incarnent les deux sorciers principaux des "Animaux Fantastiques"
Eddie Redmayne et Katherine Waterston incarnent les deux sorciers principaux des "Animaux Fantastiques"
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Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Les fans de Harry Potter et de l'oeuvre de J.K. Rowling pouvaient avoir peur lorsqu'une "suite" cinématographique, ou plutôt un "spin-off", reprenant l'univers du plus célèbre des sorciers britanniques avait été annoncée. Qu'ils se rassurent. Les Animaux Fantastiques (Fantastic Beasts and Where To Find Them en anglais) conte les aventures de Norbert Dragonneau (Newt Scamander, incarné par l'oscarisé Eddie Redmayne), un sorcier passionné par les créatures magiques. Attention, spoilers à la fin de l'article.


Sa passion le mènera d'ailleurs à écrire un ouvrage que Harry Potter et ses amis de Poudlard étudient dans les romans originels. Ce manuel a aussi été publié dans la vraie vie par J.K. Rowling et ce bestiaire sert de canevas à la série de cinq long-métrages qui vont sortir ces prochaines années.

Cinq films, tirés d'un minuscule ersatz de manuel scolaire imaginaire... J.K. Rowling aurait-elle perdu l'esprit ? La Warner souhaiterait-elle se faire indéfiniment de l'argent avec la juteuse franchise Harry Potter ? Ces questions sont légitimes et sans doute y a-t-il un intérêt financier derrière cette nouvelle saga. Les vraies questions demeurent : le film est-il bon et J.K. Rowling a-t-elle encore des aventures intéressantes à raconter aux millions de fans de Harry Potter ?

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Une mythologie enrichie et mondialisée

Harry Potter est une aventure longue, mais plus que le destin d'un garçon avec une cicatrice et des lunettes, c'est l'histoire d'un lieu : Poudlard, l'école de sorcellerie dissimulée des yeux du monde en Écosse. Dans Les Animaux Fantastiques, J.K. Rowling qui a directement inventé et écrit le script du film, élargit une nouvelle fois son univers. L'aventure se passe aux États-Unis. Les protagonistes sont des adultes. L'époque est aussi différente puisque les événements se déroulent dans les années 20. En adoptant ce changement de lieu et de temps, J.K. Rowling bouscule les certitudes des fans et s'offre une vraie liberté créative afin d’agrandir son monde de sorciers et de créatures.

Sur le site Pottermore, de très nombreux textes sont déjà parus afin de montrer à quel point son imagination est débordantes : Ilvermorny (l'école américaine de magie et ses maisons), MACUSA (le gouvernement magique américain)... Toutes ces institutions simplement évoquées dans le film ont déjà une histoire dans des textes. C'est sans doute l'un des reproches que les fans de Harry Potter pourront d'ailleurs faire aux Animaux Fantastiques : il n'y aura que les films et rien d'autre (ou si peu) pour étancher la soif de savoir des lecteurs. L'avantage : les films ne souffriront pas la comparaison avec des romans tellement gros qu'ils sont par essence inadaptables sur grand écran.

Une réalisation impeccable mais peu surprenante

David Yates, le réalisateur, reprend sa marque de fabrique. Après tout, il est celui qui s'est chargé de toute la fin de la saga Potter et qui a offert la plus juste esthétique à l'oeuvre de Rowling. L'histoire est riche, les effets spéciaux efficaces, la reconstitution de l’époque via New York, les décors et les costumes saisissante. On pourra regretter certains arrière-plans en fond vert que l’œil avisé peut déjà percevoir et se dire que le grand nombre de créatures magiques numériques donneront un sacré coup de vieux à ce film dans 10 ans. Les sortilèges et effets de lumière et de texture dont le spectateur est abreuvé lors de la dernière demie-heure sont impeccablement réalisés. On avait rarement vu aussi beau dans la franchise depuis le duel épique entre Voldemort et Dumbledore dans Harry Potter et l'Ordre du Phoenix.

Les acteurs jouent avec justesse. Eddie Redmayne offre un regard timide, excentrique et passionné. Dan Fogler joue un New-yorkais dépourvu de magie terriblement attachant dans sa volonté de ne pas avoir sa mémoire effacée (les amateurs de Harry Potter ne pourront que sympathiser). Le duo des sœurs Goldstein (Katherine Waterston et Alison Sudol) est convaincant. Les personnages interprétés par Colin Farrell (Percival Graves, sorte de directeur du FBI sorcier), Carmen Ejogo (Serafina Pickery, présidente afro-américaine de MACUSA) ou encore Ezra Miller apportent des interprétations plus sombres et mystérieuses qui collent avec la noirceur cachée derrière le charme coloré des créatures de Norbert Dragonneau. 

De toute cette galerie de personnages, on ne peut que regretter de n'en savoir pas plus sur chacun. On voudrait connaître d'où vient la passion pour les animaux de Norbert, les dons de télépathe de Queenie Goldstein, la force et l'autorité naturelle de Serafina Pickery... Ce sera pour les prochains films, on l'espère.

Révélation, amour, écologie et guerre mondiale

Les Animaux Fantastiques satisferont les fans de Harry Potter et les amateurs d'aventures fantastiques. Dans son esprit, ce spin-off pourrait être comparé à la trilogie du Hobbit telle qu'elle accompagne Le Seigneur des Anneaux. Il y en a pour les fans, pour les enfants (même si certains thèmes peuvent être assez sombres pour un public trop jeune), pour les adultes. Ceux qui ne connaissent pas Harry Potter pourront être séduits, même s'ils ne saisiront pas toute la profondeur de l'univers et des références distillées dans tout le film. C'est un film réussi qui traite de nombreux thèmes et qui réservent de jolies surprises. 

L'heure est d’ailleurs venue d'évoquer ces surprises. Alerte SPOILERS ! Si vous ne voulez pas en savoir plus avant votre séance de cinéma, cliquez vite sur "Précédent". Pour les autres, c'est parti !

Le film emprunte certaines mécaniques des films Harry Potter. Certains parleront de références ou d'hommages. D'autres regretteront ces redondances. Le twist final du film concerne la véritable identité de Percival Graves (Colin Farrell) qui devient de plus en plus pressant et agressif. Après une ultime bataille, notre héros Norbert Dragonneau révèle la véritable apparence de Graves. Colin Farrell prend les traits de Johnny Depp, l'acteur qui incarne et incarnera Gellert Grindelwald le plus terrible des sorciers du monde avant Voldemort. Il était le plus proche ami (voire l'amant) d'Albus Dumbledore avant de souhaiter la domination des sorciers sur les Moldus dans une tradition toute hitlérienne. Une telle révélation fera écho à la fin de Harry Potter et la Coupe de Feu où l'on découvre qu'un des professeurs de Harry était en réalité un serviteur de Voldemort déguisé.

La question de l'effacement de la mémoire (très présent à la fin du deuxième livre) fait aussi un retour. Tout comme la thématique de l'amour qui résiste même aux sortilèges (Harry Potter survit à Voldemort grâce au sacrifice de sa mère, ici Jacob Kowalski résiste au sortilège d'amnésie final grâce à l'amour de Queenie. Une fin qui n'est pas une surprise mais qui reste absolument charmante. Plus que des répétitions, il s'agit surtout d'une réinvention de la part de J.K. Rowling. Une réinvention pour parler encore d'amour et de tolérance d'une autre façon ; y a-t-il plus universel ? L'auteure développe aussi la thématique de l'abandon familial et de l'absence d'amour qui crée souffrance et rage chez ceux qui la subissent. Voldemort avait grandi dans un orphelinat et le personnage de Credence Barebone (Ezra Miller) reprend ici le flambeau. Ce n'est d’ailleurs pas un hasard si l'association caritative de J.K. Rowling "Lumos" lutte concrètement contre le placement d'enfants en dehors de cellules familiales. 

Deux nouveaux grands thèmes sont abordés : celui de la protection de la faune et de la flore par l'intermédiaire de Norbert Dragonneau et celui de la politique, des médias et de la guerre ; des questions qui devraient devenir de plus en plus importantes avec la parallèle promise entre la Seconde Guerre mondiale des moldus et l'ascension du mage noir Grindelwald. Rendez-vous dans deux ans pour la suite de ces aventures magiques, nous devrions d'ailleurs en savoir plus sur la France des sorciers puisque des scènes devraient être tournées dans l'Hexagone. Patience...

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2016-11-16 07:00:00
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