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Une question "de sécurité" : un concert d'Amir annulé à Marseille après des appels au boycott de militants propalestiniens

Le chanteur devait se produire au Sunset Live de la cité phocéenne. Les organisateurs ont annoncé l'annulation du show après des appels au boycott.

Le chanteur Amir, en 2021.

Crédit : JOEL SAGET / AFP

AFP & Benjamin Pierret & Ellissar Mokadim

Une prestation d'Amir prévue dimanche 26 juillet à Marseille a été annulée pour des raisons de sécurité, après des appels au boycott de la part d'organisations de soutien à la Palestine. L'annulation intervient quelques jours après l'interruption du concert de la DJ Barbara Butch, samedi soir à Grenoble, par des militants propalestiniens et LFI. 

Le chanteur franco-israélien devait se produire dans le cadre du Sunset Live, un festival qui propose des concerts chaque dimanche de l'été aux Terrasses du Port, à Marseille. La programmation de dimanche regroupait également Adèle Castillon, Peter Cincotti et Oria. 

"Pour des raisons de sécurité, la session du Sunset Live prévue ce dimanche 26 juillet aux Terrasses du Port est annulée", ont annoncé ces dernières sur les réseaux sociaux mercredi. "Cette décision vise à garantir la sécurité des artistes, du public, de nos équipes et de l’ensemble des personnes présentes sur le site. Nous regrettons cette annulation et vous remercions de votre compréhension"

Les détracteurs pointent du doigt un soutien à Israël

En début de semaine, le collectif Union pour la Palestine Marseille avait publié un appel au boycott sur sa page Instagram : "Cet artiste soutient activement l’armée et la politique israéliennes", y affirmait-il, l'accusant notamment d'avoir "participé à des événements dans des colonies en territoire palestinien occupé, assisté à des galas de soutien à la police des frontières (Magav), et tenu des propos occultant la réalité vécue à Gaza." Le site Association France Palestine Solidarité avait publié, de son côté, un appel au rassemblement sur le lieu du concert

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Après l'annonce de l'annulation pour raisons de sécurité, Union Palestine Marseille a revendiqué sur Instagram une "victoire de la mobilisation populaire". Tout en insistant : "Nous rappelons avec fermeté qu’à aucun moment les collectifs mobilisés n’ont appelé à la violence."

Le Crif déplore un "veto par l'intimidation"

Contacté par RTL, le président du Crif Marseille-Provence a déploré "la raison de l'annulation" : "Les Terrasses du port ont reçu de menaces", affirme-t-il. "C'est contre ça qu'il faut se battre, ce sont des groupes de pression qui imposent leur veto par l'intimidation. En quoi Israël devrait être concerné ? C'est un artiste qui vient et qui chante. (Les artistes) ont le droit d'avoir les idées qu'ils ont et de les affirmer, et ce n'est pas une raison de les boycotter".

Cette affaire intervient quelques jours après l'interruption d'un concert de la DJ Barbara Butch par des militants propalestiniens et LFI, qui répondaient à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise des Insoumis. Les militants reprochaient à l'artiste sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l'ambassadeur de France en Israël et d'avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à "lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme", contestée et retirée depuis. 

Dans un entretien à Libération, la DJ a déclaré que des militants lui avaient jeté du gravier et des liquides durant sa prestation, ainsi que des bouteilles en verre. Elle a annoncé déposer plainte contre LFI, un média d'extrême droite et Alain Soral pour provocation à la haine raciale et à la violence. 

Un précédent en Belgique

Ce n'est pas la première fois que la participation d'Amir à un festival génère une levée de boucliers. En juillet 2025, un collectif d'artistes programmés aux  Francofolies de Spa, en Belgique, avait publié une lettre ouverte pour s'opposer à la participation du chanteur. Ils lui reprochaient alors d'avoir participé "à un événement dans la colonie illégale d’Hébron" en août 2014 ainsi que sa présence à une soirée de soutien à Tsahal organisée par Yoni Chetboun, membre du parti nationaliste d’extrême droite israélien "HaBayit HaYehudi", comme le détaillait la RTBF

Amir n'avait pas été déprogrammé et avait assuré son concert. Après cet épisode, il était revenu sur ce qui lui était reproché dans les colonnes du Parisien : "Il faut se mettre dans le contexte. On est en 2014, le conflit n’est pas celui que l’on connaît aujourd’hui, c’est bien avant le 7 octobre (...) Je ne sais pas qui est ce Yoni Chetboun, je ne m’intéresse pas à la politique. Pointer ces deux événements, que je ne cache pas, c’est ne pas comprendre ce que c’est que de vivre en Israël." Et d'affirmer qu'il ne participerait plus à ces événements aujourd'hui : "Ça n'aiderait pas à la paix", avait-il déclaré,  dénonçant la guerre "atroce" à Gaza. Il avait également  déploré une '"ambiance est délétère en France comme en Europe" ainsi qu'un "antisémitisme d’atmosphère".

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