3 min de lecture

Barbara Butch, "protestations pacifiques", La France insoumise... Ce que l'on sait du concert interrompu à Grenoble

Un concert de la DJ Barbara Butch a été interrompu, samedi 18 juillet à Grenoble après que des militants propalestiniens ont perturbé sa performance à la suite d'un appel au boycott soutenu par LFI.

Barbara Butch

Crédit : Joel Saget / AFP

Barbara Butch, "protestations pacifiques", La France insoumise... Ce que l'on sait du concert interrompu à Grenoble

00:01:29

La rédaction numérique de RTL & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

Un boycott, une plainte à venir et des accusations d'antisémitisme. Le samedi 18 juillet, un concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble a été interrompu par des militants propalestiniens. Cette action est intervenue dans le cadre d'un boycott soutenu par LFI a déclenché des accusations d'antisémitisme, et la mairie annonce qu'elle va porter plainte. 

"Les événements survenus hier soir sont d'une extrême gravité", a dénoncé dimanche soir la maire de gauche de Grenoble, Laurence Ruffin, dans un communiqué transmis à l'AFP. "La Ville de Grenoble déposera plainte afin que toute la lumière soit faite sur ces faits et que leurs auteurs répondent de leurs actes devant la justice", a-t-elle par ailleurs indiqué. 

Le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, a assuré ce lundi 20 juillet comprendre "des protestations pacifiques" contre la "prise de position politique" de la DJ Barbara Butch. 

Que s'est-il passé lors du concert de Barbara Butch ?

Samedi soir, au bout d'une vingtaine de minutes, la mairie a pris la décision de suspendre le concert "afin de garantir la sécurité du public, des équipes et de l'ensemble des personnes présentes". Barbara Butch a ensuite quitté la scène sur Imagine de John Lennon. 

À écouter aussi

Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des personnes agitant des drapeaux de la Palestine, brandissant des doigts d'honneur et faisant retentir des sifflets alors que l'artiste est sur scène. 

"On est extrêmement fiers d'avoir participé à cette manifestation pacifique", a déclaré à l'AFP Allan Brunon, élu insoumis à la mairie de Grenoble, qui était lui-même présent, rappelant qu'il avait plusieurs fois demandé la déprogrammation de ce concert auprès de la Ville. Selon lui, "il n'y a pas eu de projectiles qui ont été jetés" samedi soir. "La France insoumise n'a jamais appelé à la violence contre Mme Butch", a-t-il affirmé. 

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a condamné ces violences "avec la plus grande fermeté". "L'antisémitisme, les intimidations et les pressions n'ont pas leur place dans notre République. Empêcher une artiste de se produire est une atteinte inacceptable à la liberté d'expression", a-t-il réagi sur X.

Pourquoi la DJ est visée par une campagne de boycott ?

Depuis le mois de mai, ce concert faisait l'objet d'un appel au boycott, notamment de la part de l'antenne grenobloise de La France insoumise. Celle-ci dénonçait le fait que l'artiste juive avait signé une tribune en soutien à la contestée proposition de loi Yadan visant à "lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme", retirée depuis. 

Ce texte entendait élargir le délit d'apologie du terrorisme. Il avait été très critiqué, ses opposants y voyant un risque pour la liberté d'expression et un possible amalgame dangereux entre les Français juifs et Israël.


Barbara Butch, 45 ans, figure des nuits parisiennes LGBTQ+ qui avait notamment participé à la cérémonie d'ouverture des JO de Paris en 2024, se produisait vers 22h20 dans le cadre du festival Cabaret Frappé, organisé par la Ville depuis 25 ans. La musicienne "a été la cible d'une agression intolérable en plein spectacle", avait réagi la Ville plus tôt dans la journée auprès de l'AFP, dénonçant des "jets de bouteilles en verre" et autres projectiles "visant délibérément la scène" et affirmant que des installations électriques avaient aussi été sabotées.

"Il y avait à peu près 150 militants devant la scène qui avaient des banderoles, qui sifflaient, l'insultaient", selon un responsable de la programmation du festival.

"Un amalgame antisémite"

En mars, Allan Brunon avait, entre les deux tours des élections municipales, invectivé un individu dans un commerce : "Viens devant ! De quoi t'as peur ?", avait-il lancé avant de le traiter de "sale tapette", selon une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. L'élu LFI avait ensuite dit "regretter l'utilisation d'une insulte homophobe".

"Dans un État de droit, la contestation ne saurait jamais prendre la forme de violences visant à faire taire une personne ou à entraver l'exercice de ses libertés fondamentales", a réagi la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme. L'ONG dénonce "un amalgame antisémite consistant à assigner les personnes juives à la politique de l'État d'Israël et à leur faire porter collectivement cette responsabilité". Contactée par l'AFP, l'avocate de Barbara Butch n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

Depuis son apparition dans le spectacle d'ouverture des JO de Paris, aux côtés de célèbres drag queens et qui a vivement été critiqué par l'extrême droite, Barbara Butch est aussi victime de cyberharcèlement. Dans cette affaire, quatre hommes ont été condamnés à des peines allant jusqu'à de la prison ferme.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée