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Pete Townshend (The Who) se confie sur le nouvel album très solide "WHO"

RENCONTRE - Dans "WHO", le guitariste et parolier Pete Townshend fait chanter à Roger Daltrey le temps qui file, le monde qui change, le refus de la sagesse et la réincarnation.

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Pete Townshend (The Who) se confie sur son nouvel album très solide "WHO" Crédit Image : SUZANNE CORDEIRO / AFP | Crédit Média : Steven Bellery | Durée : | Date :
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

The Who, l'un des groupes les plus influents de la scène rock, est de retour. Leurs chansons ont rythmé les années 60 et 70. Quatre de leurs tubes ont illustré les génériques des séries Les Experts. Les Britanniques publient aujourd'hui WHO, c'est leur douzième album, le premier depuis 13 ans... Pete Townshend, le guitariste, parolier et compositeur des Who est l'âme du groupe. Avec Roger Daltrey, le chanteur, il est le seul membre originel à être encore dans la bande. 

The Who reviennent avec 11 nouveaux titres. Une très belle surprise. Endless Wire, paru en 2006, manquait de panache. WHO est tout l'inverse. Un disque solide, sans faute de goût, qui ne lorgne pas vers le passé. Il y a tout l'ADN des Who dans ces nouvelles chansons. Les riffs secs, des lignes de piano, les chœurs. The Who ne jouent pas aux jeunots. Les paroles sont d'ailleurs plutôt subtiles. Le guitariste fait chanter à Roger Daltrey le temps qui file, le monde qui change, le refus de la sagesse, la réincarnation.

"J’ai décidé que je ne voulais pas faire des chansons pour les Who, pour un groupe de légende qui n’existe plus véritablement, confie Pete Townshend. J’ai plutôt voulu écrire pour ce que nous sommes aujourd’hui sans oublier le parolier, le musicien et le guitariste que j’étais."

Et ça c’est révélé être plus facile que prévu… "Il fallait dépasser l’idée, l’image, le concept des Who, poursuit le fondateur du groupe. Parce que ça fait des années que les membres des WHO originels ne sont plus vivants ou actifs. Vous savez, on a probablement perdu l’alchimie magique de 1976… Préserver la flamme avec son public, c’est quelque chose de délicat. Particulièrement pour moi, parce que je n’aime pas particulièrement le rock’n roll, je n’aime pas particulièrement les Who, je n’aime pas particulièrement l’industrie du rock. J’aime la musique". 

Avec Roger Daltrey, (...) nous ne sommes d’accord sur rien.

Pete Townshend
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"J’ai la sensation que les chansons doivent être honnêtes, en lien avec qui nous sommes vraiment, dit-il au micro de RTL. Roger Daltrey est quelqu’un de très sensible, il n’est pas très sûr de lui, il n’est pas aussi confiant qu’il en a l’air. Quand moi je suis à gauche politiquement, lui est à droite. Je crois en Dieu, en la spiritualité, pas lui. Cet album n’a aucun thème à part celui que nous sommes tous les deux vieux et que nous ne sommes d’accord sur rien."

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On entend des cordes, des guitares sèches ou électriques, des percussions, des synthés, des boucles électro. Le rock des Who est riche, coloré sans jamais être lourdingue. Pete Townshend a été un des premiers à bidouiller, à faire entrer le synthétiseur dans le rock notamment. "Le studio est mon aire de jeu pour dire vrai, dit le musicien. C’est un endroit que j’adore. J’ai toujours aimé les nouvelles technologies. J’avais déjà un petit studio d’enregistrement à la maison quand j’avais 17/18 ans. Celui où j’ai écrit ces nouvelles chansons est bien plus grand, il ressemble plus à un vieil entrepôt. Un petit peu comme celui de Jean-Michel Jarre avec tous ses synthétiseurs."

"Jean-Michel est un très bon ami, confie-t-il. Et on a beaucoup parlé de cela : comment accommoder, mélanger, nos vieilles machines qui étaient si grosses et les ordinateurs d’aujourd’hui qui peuvent tout faire. La musique et la technologie sont des cycles permanents, et j’ai voulu m’en faire l’écho. J’ai de vieux et formidables synthés, des pianos Rhodes, et des vieilles guitares fantastiques. Les jeunes millenials tueraient leurs mères pour mettre leurs mains dessus donc je les ai utilisées..."

Un compagnonnage rare

Le jeu de guitare de Pete Townshend est toujours aussi agressif et rythmique. Il est l'un des premiers à avoir mimé le moulin à vent pour frapper ses cordes. Sa première guitare ? Sa relation à l'instrument ? Nous avons posé la question à Pete Townshend. "La première guitare que j’ai eu entre les mains n’était pas une vraie guitare, plutôt un objet de déco. Ma grand-mère me l’avait acheté dans un restaurant italien ou espagnol", se souvient-il. 

Et d'ajouter : "C’est un truc génial la guitare, mais je n’y vois aucune romance. J’adore ça, mais par exemple, je suis venu passer quelques jours à Paris et je n’ai pas apporté de guitare avec moi… Je n’ai pas besoin de vivre avec une guitare comme certains guitaristes… Je ne fais pas de musique tous les jours, je n’écoute pas de musique tous les jours, mais je lis quotidiennement, j’écris, parfois des chansons sans mettre de musique dessus. La musique n’est plus aussi importante pour moi que lorsque j’étais jeune".

Une tournée en 2020

50 ans après leur concert mémorable à Woodstock, The Who reste l'un des groupes majeurs de la scène rock. Ils ont vendu plus de 100 millions de disques. Ils repartent en tournée l'an prochain. Des dates françaises devraient être annoncées.

"Je ressens de la fierté quand je suis sur scène, quand j’entends des chansons comme Baba O Riley, explique Pete Townshend. Je me dis que j’avais 24 ans quand j’ai enregistré ça. Je me vois couper les bandes. Créer cette chanson pour le projet Lifehouse dans lequel on a vu internet arriver… C’était en 1971 ! Je suis fier de ce travail. Sinon je n’ai pas véritablement de fierté… J’ai appris le métier. Je n’aime pas vraiment jouer sur scène. Mais je suis bon à cela, je trouve ça facile. Si t’es bon dans un truc, c’est de la chance. Tu n’as aucune fierté à en tirer. J’aurais vraiment préféré faire de l’art, mais je suis un musicien rock… Et je suis vieux. De nombreux performers des années 60 sont morts ou très vieux. Des compagnonnages comme Roger et moi, c’est très rare. On a réussi au moins cela. Et finalement on a fait un nouvel album qui a peut-être capturé un peu de la magie qu’il y avait quand on était jeunes, mais nous ne sommes plus jeunes".

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