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Françoise Hardy : les audaces, l'amour et la mort... Les confidences de la chanteuse

Après avoir annoncé qu'elle ne pourrait plus jamais chanter, Françoise Hardy publie "Chansons sur toi et nous", un recueil de tous ses textes agrémenté de ses commentaires.

Françoise Hardy en décembre 1988
Françoise Hardy en décembre 1988
Crédit : GEORGES BENDRIHEM / AFP
Françoise Hardy publie "Chansons sur toi et nous", un livre dans lequel elle commente les textes qu'elle a écrit. Confidences autour de ses chansons, au micro de Steven Bellery.
22:13
Françoise Hardy publie "Chansons sur toi et nous", un livre dans lequel elle commente les textes qu'elle a écrit. Confidences autour de ses chansons, au micro de Steven Bellery.
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Steven Bellery & Aymeric Parthonnaud

Un an et demi après avoir annoncé sur RTL que plus jamais elle ne pourrait chanter, Françoise Hardy est de retour en librairies. Elle publie Chansons sur toi et nous, un recueil de tous ses textes agrémenté de ses commentaires. Le livre vient de paraître aux Éditions des Équateurs. 

Elle n'a choisi de compiler que les textes qu'elle a signés. Pour elle et pour les autres. Parfois, elle n'ajoute qu'une phrase, parfois rien, parfois des pages. L'artiste a beaucoup hésité avant de débuter l'écriture du livre. "Mes premiers textes sont trop mauvais", argumente-t-elle. Françoise Hardy sévère avec elle-même mais aussi avec les autres... À 77 ans, l'icône replonge dans ses souvenirs. Tout commence il y a bientôt 60 ans. Le 25 avril 1962, Françoise Hardy entre en studio pour enregistrer Tous les garçons et les filles dont elle signe paroles et musique. Pourtant, à l'époque, elle avait dû partager ses droits d'auteurs. 

"Malheureusement mon éditeur et directeur artistique - un bien grand mot pour ce qu'il faisait - avait pris comme orchestrateur le premier qui était entré dans son bureau, raconte Françoise Hardy. Et c'était quelqu'un qui n'avait aucun talent et à cette époque là on ne connaissait pas encore les guitares planantes des Shadows, etc. Moi, je rêvais de ça. Quand j'ai entendu les musiciens jouer de cette façon, raide, mécanique, sèche, froide, j'étais désappointée et insatisfaite au dernier degré. J'ai vraiment eu l'impression de faire un très mauvais disque". 

"Pour toucher les droits de mélodiste, il fallait passer un examen à la Sacem, complète-t-elle. Mais pour ça il fallait être capable d'écrire des notes de musique, de composer une petite chose et de l'écrire. Et j'en étais tout à fait incapable. Donc Roger Samyn a touché mes droits à ma place et c'est aussi pour cette raison que la Sacem a modifié ses droits". 

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C'est François Hardy qui a insisté pour que le premier single de son album soit la chanson Tout les garçons et les filles. "La maison de disque voulait absolument prendre la chanson J'suis d'accord. Mais je me voyais très mal en train de gesticuler et de danser... J'étais très timide et j'ai dit : 'si vous ne sortez pas Tout les garçons et les filles, je ne ferai aucune promotion !'. Je savais que cette chanson là avec quelque chose de plus, notamment parce qu'elle avait quelque chose à voir avec mon vécu, contrairement aux autres..."

Sublimer la douleur

Un nom revient tout au long du livre de Françoise Hardy, c'est celui de Jacques Dutronc, Elle commence à le fréquenter en septembre 1967. "C'est lui qui m'a inspiré la plupart de mes chansons. Enfin ce n'est pas lui, ce sont mes sentiments pour lui, corrige Françoise Hardy. Mes états d'âme."

"Mes chansons m'ont toujours fait du bien. Comme j'ai eu une vie sentimentale plutôt douloureuse. Le fait de pouvoir sublimer cette douleur ça m'a sauvé, confie la chanteuse. Je ne savais pas trop à ce moment-là qu'il n'écoutait jamais mes chansons donc ça ne servait à rien... sinon à écrire de belles chansons. Il est comme il est. il faut l'accepter tel qu'il est".

Jacques Dutronc continue d'inspirer Françoise Hardy. La chanson Personne d'autre, parue en 2018, est "le parfait résumé de notre histoire", nous a confié l'artiste qui échange toujours quotidiennement avec celui qui est toujours son mari...

À partir du milieu des années 70, Françoise Hardy fait un choix radical, elle décide de cesser de composer : "Mon ignorance musicale m'empêchait de me renouveler", avance-t-elle comme argument. Hardy s'amuse de ses problèmes rythmiques puis avoue - à propos de la création  : "Je suis quelqu'un d'obsessionnel et de compulsif". Au fil des pages, se dessine alors sa définition des mots chanson et mélodie.

"Je suis dans un état de souffrance vraiment cauchemardesque"

Françoise Hardy

Depuis, Françoise Hardy se bat contre la maladie. Elle a dû affronter notamment un cancer du larynx nécessitant de nombreuses séances de radiothérapie. Aujourd'hui, Françoise Hardy le confirme. La chanson, c'est du passé. "J'ai déjà du mal à vous parler, reconnaît Françoise Hardy à notre micro. Quand on n'a plus de salive et qu'on est sourd d'une oreille à cause des rayons... Ce n'est pas possible de chanter quand on n'a plus de salive".

"Ce n'est pas le mot fin qui m'effraie. C'est la mort qui me fait peur, confie-t-elle. Bien que je sache tout à fait que la mort n'est que la mort du corps et non la mort de qui l'anime, dit-elle. Ce qui me fait peur, ce n'est pas la mort elle-même, c'est de mourir. En général, ça passe par des souffrances pires. Je suis dans un état de souffrance vraiment cauchemardesque la plupart du temps et si ça doit être encore pire pour rendre l'âme..."

Françoise Hardy nous a confié n'avoir aucun projet. Elle attend simplement et avec impatience les nouveaux albums de Juliette Armanet et Clara Luciani...

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