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Eurovision 2015 : Stéphane Bern, Marie Myriam et Nathalie André décryptent l'échec de la France

RÉACTIONS - La France a terminé 25e sur 27 au concours de l'Eurovision, samedi 23 mai. La directrice des programmes de "France 2", Nathalie André, se demande s'il "faut encore y aller l'année prochaine". Participer sans avoir une chance de l'emporter a-t-il encore un sens ?

Lisa Angell, la candidate française pour le concours de l'Eurovision, samedi 23 mai.
Lisa Angell, la candidate française pour le concours de l'Eurovision, samedi 23 mai.
Crédit : DIETER NAGL / AFP
Eurovision : "Je ne sais pas s'il faut y aller l'année prochaine", dit Nathalie André, la directrice des programmes de "France 2"
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Marie-Pierre Haddad & Laurent Marsick

Après 37 années de vaches maigres, la France a vécu une nouvelle désillusion lors du 60e concours de l'Eurovision, samedi 23 mai, à Vienne, en Autriche. Arrivée 25e sur 27 de la compétition remportée par la Suède, Lisa Angell est venue allonger la liste des candidats tricolores qui n'auront pas réussi à convaincre le jury européen pour remporter ce concours ou, au moins, obtenir un accessit pour ne pas occuper les bas-fonds du classement. 

Très affectée par son échec, la chanteuse parisienne a dénoncé une profonde injustice et mis en cause ce qui apparaît à ses yeux comme un choix politique. Diffuseur de l'événement dans l'Hexagone, France 2 s'interroge également : faut-il claquer la porte d'un concours dont la France est, avec le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie, un des plus gros contributeurs financiers et où les copinages géopolitiques seraient les seuls maîtres ?

La France mauvaise perdante ?

Directrice des programmes de la chaîne, Nathalie André souligne au micro de RTL que les critères des juges ne sont pas seulement portés sur la performance artistique. "Certains pays, que je ne citerai pas, ne chantaient pas forcément juste. Après franchement, on nous répète chaque année qu'il y a des histoires géopolitiques, je ne sais pas s'il faut y aller l'année prochaine". 

Elle précise néanmoins ne pas être en mesure de prendre une telle décision, mais insiste : "Si c'était moi, j'irais les voir et je leur dirais 'Ciao, on n'est pas là l'année prochaine'. Attention, je ne dis pas du tout qu'on laisse tomber l'Eurovision parce qu'on n'est pas dans les cinq premiers. Mais je pense qu'on méritait d'être dans les 10 ou 15 premiers".

Un problème de sélection en amont, selon Marie Myriam

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L'interprète de L'Oiseau et l'enfant et dernière lauréate française Marie Myriam relativise : "Est-ce que lorsqu'au foot, on perd une Coupe du Monde, on n'y retourne pas ? C'est la même chose, ce n'est pas parce qu'on ne gagne pas, qu'on ne doit pas participer. Nous sommes l'un des pays fondateurs de ce concours qui est le plus important du monde. Je pense que l'on n'y va pas avec les bons outils. On n'a pas les bonnes chaussures et le bon ballon".

Si le pays qui envoie une chanson, l'aime déjà, il peut faire croire à l'Europe que cette chanson est bonne. Ce n'est pas le cas chez nous.

Marie Myriam, dernière gagnante de l'Eurovision pour la France en 1977

L'ancienne candidate explique ainsi que dans les autres pays, ce sont les gagnants de télé-crochet qui participent à l'Eurovision. "Le titre est déjà un tube depuis un ou deux mois, avant d'y aller. Si le pays qui envoie une chanson, l'aime déjà, il peut faire croire à l'Europe que cette chanson est bonne. Ce n'est pas le cas chez nous, on n'y croit pas vraiment et c'est ça qui est dommage", déplore-t-elle.

Pour Stéphane Bern, "c'est devenu l'Anglovision"

Le présentateur de la 60e édition sur France 2, Stéphane Bern, regrette quant à lui la mise en place d'"un réseau de votes". "Les Grecs votent pour l'Albanie. Chypre vote pour la Grèce. Tous les anciens pays communistes votent pour la Russie. Ça commence à bien faire. Au bout d'un moment, on se dit 'Laissez parler les choix artistiques. Arrêtez avec la géopolitique, il y en a marre'". 

Pendant le concours, la célèbre chaîne de télévision anglaise BBC s'est faite remarquée pour avoir avoir souligné que Lisa Angell ne chantait pas en anglais. "Ce concours est devenu l'Anglovision et non plus l'Eurovision. Il faut peut-être que les pays chantent dans leur langue. Si on veut construire des ponts entre les nations, il faut que chacun reste soi-même. On ne peut pas la nier", estime Stéphane Bern. Le débat est ouvert, donc. Mais pas sûr que cela suffise à la France pour espérer pouvoir l'emporter ces prochaines années.

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