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Les invités politiques chez les Youtubeurs bientôt encadrés par l'Arcom ? Sur RTL, Sam Zirah considère que c'est une "mauvaise nouvelle pour ceux qui font de la propagande"

À six mois de l'élection présidentielle de 2027, l'Arcom réfléchit à de nouvelles règles pour encadrer les interviews politiques diffusées sur YouTube et les réseaux sociaux. Une évolution qui interroge Sam Zirah, l'un des principaux créateurs de contenus, suivi par plus de deux millions d'abonnés sur YouTube.

Sam Zirah photographié le 19 mai 2026 à Paris.

Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

Alexian Giron & AFP

Guillaume Pley, Hugo Décrypte, Sam Zirah... À eux seuls, ils représentent plus de dix millions d'abonnés sur YouTube, et les candidats à l'élection présidentielle l'ont bien compris. Ces intervieweurs en ligne pourraient bientôt faire face à de nouvelles réglementations lors des périodes électorales.

"Nous réfléchissons à de nouvelles règles pour la campagne de 2027", a affirmé Martin Ajdari, président de l'Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, dans La Tribune dimanche. Objectif : mieux encadrer les formats audio et vidéo en ligne dans lesquels sont invités des personnalités politiques. 

"Nous venons pour cela d'engager une concertation avec les principaux créateurs de contenu, ceux dont l'audience est la plus importante", a-t-il ajouté, précisant que cet éventuel encadrement ne serait pas identique à celui des médias traditionnels. Martin Ajdari laisse entrevoir une possible évolution importante dans la régulation de ces contenus, qui échappaient jusque-là au contrôle direct de l'Arcom.

Les créateurs de ces interviews sont déjà tenus de respecter le "silence électoral, qui interdit toute propagande politique" deux jours avant le scrutin, précise le patron de l'Arcom. Mais le pluralisme politique, l'équité et l'égalité du temps de parole ne sont pas obligatoires dans ces formats. D'après Martin Ajdari, la réflexion engagée doit ainsi servir à "réfléchir à ce qui pourrait être opportun en matière d'honnêteté et d'équité", évoquant des formats qui rassemblent autant d'auditeurs ou de spectateurs que "certaines chaînes de la TNT". 

"Il n'y a pas de règle. C'est juste des concertations"

Parmi eux, Sam Zirah, avec sa chaîne éponyme, et Guillaume Pley, avec son média en ligne Legend, cumulent chacun plusieurs millions d'abonnés sur YouTube. Interrogé par RTL.fr, Sam Zirah - suivi par plus de deux millions de personnes sur sa chaîne YouTube et qui a déjà reçu dans ses émissions la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, l'Eurodéputée insoumise Rima Hassan ou encore le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy - explique avoir été approché par le gendarme de l'audiovisuel.

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Le Youtubeur en a profité pour demander des précisions au sujet de ces nouvelles règles. Vont-elles s'appliquer sur toutes les plateformes ou sur certaines d'entre elles ? 

"Il n'y a pas de règle. C'est juste des concertations. L'Arcom souhaite prendre la température auprès de différents créateurs de contenu", affirme Sam Zirah, rappelant qu'aucun dispositif concernant le temps de parole, n'a été évoqué jusqu'à présent. "On ne peut pas reprocher à un créateur de contenus de donner 1h30 de temps de parole à une personne ou 1h à l'autre [...] Certains le font simplement avec plus d'éthique que d'autres", défend-t-il. 

Sam Zirah souhaite avoir des réponses de l'Arcom

Sam Zirah se questionne néanmoins sur la faisabilité de mettre en place des dispositifs plus ou moins identiques à ceux des médias traditionnels. "Comment on fait quand on est face à des politiques qui ne veulent pas venir ou qui choisissent leurs médias ?", s'interroge-t-il. "Si Gabriel Attal [candidat Renaissance, ndlr] n'a pas envie de venir, je ne vais pas tomber dans un délit de harcèlement pour forcer des gens à venir non plus. Il va falloir que l'Arcom réponde", pointe-t-il.

Dans les médias traditionnels, il arrive régulièrement que certaines personnalités politiques refusent de faire des émissions. En réalité, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas obligés d'avoir le même temps de parole sur une même chaîne. Ce sont les groupes politiques dans leur ensemble qui sont comptés par l'Arcom. Ainsi, si Gabriel Attal refuse, un cadre de son parti peut le représenter.

Celui qui se défend de recevoir une pluralité d'invités allant d'un candidat à la présidentielle à un candidat de télé-réalité se questionne également sur les limites de ces possibles règles concernant "la liberté d'expression". Sam Zirah explique ne pas avoir une programmation 100% dédiée à la politique. Bien au contraire, elle est "diverse et variée". "Je pense que c'est l'une des difficultés qu'a déjà rencontrée ou que rencontrera l'Arcom, c'est où s'arrête la liberté d'expression sur les réseaux sociaux quand on n'est pas une chaîne d'information en continu ?", se questionne-t-il.

"Je continuerai de recevoir tous les partis et c'est ma volonté"

Le créateur de contenus espère ainsi que ces nouvelles réglementations ne soient pas un frein aux "interviews longues, indépendantes, et qui donnent envie à des jeunes de s'intéresser à la politique". Quoi qu'il en soit, il se dit prêt à respecter ces nouvelles mesures si elles venaient à être mises en place. "Je les respecterai, bien évidemment, affirme-t-il. Je suis quelqu'un qui respecte les règles."

Et de poursuivre : "Je pense que ce serait une mauvaise nouvelle pour les créateurs de contenus qui font de la propagande et qui n'ont pour volonté que de porter, d'être le mégaphone d'un seul parti ou d'une seule mouvance. Moi ce n'est pas mon cas". Le créateur de contenu explique recevoir toutes les personnalités politiques allant du Rassemblement National à La France insoumise en passant même par le Parti animaliste. "Je continuerai de recevoir tous les partis et c'est ma volonté", conclut-il. 

Contacté par RTL.fr, l'Arcom n'a pas répondu pour le moment à nos sollicitations. 

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