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Justin Bieber, Kylie Jenner, Iggy Azalea... Ces stars accusées d'appropriation culturelle

En arborant des dreadlocks, Justin Bieber est accusé d'appropriation culturelle. Cette pratique consiste à s'approprier des codes et pratiques culturelles issues d'une communauté qui est, ou a été, opprimée, et à laquelle on n'appartient pas.

En 2013, Katy Perry avait suscité la polémique en apparaissant vêtue comme une Geisha aux American Music Awards
En 2013, Katy Perry avait suscité la polémique en apparaissant vêtue comme une Geisha aux American Music Awards Crédit : John Shearer/AP/SIPA
MorganeGiuliani
Morgane Giuliani
Journaliste RTL

En arborant sa toute nouvelle coupe de cheveux, constituée de petites dreadlocks, Justin Bieber ne s'attendait sûrement pas à un violent retour de bâton. La popstar de 22 ans s'est attirée les foudres d'une partie des internautes, qui l'accusent d'appropriation culturelle. Ce terme désigne le fait qu'une personne s'approprie des codes et pratiques culturelles liées à une communauté minoritaire à laquelle elle n'appartient pas, et qui a subi des violences et/ou discriminations, ou en subit toujours.

Séparer l'esthétique de l'aspect culturel et social

En l’occurrence, le fait que Justin Bieber, Canadien de peau blanche, adopte une coupe de cheveux apparue au sein de la communauté afro, et faisant partie de son identité, comme si elle était un "simple" style capillaire sans histoire culturelle et sociale, peut faire grincer des dents.

Dans une vidéo de novembre 2015, la Youtubeuse française Naya revient sur une autre coupe de cheveux afro qui a été "récupérée" par des stars blanches : les tresses. "Quand on parle de tresses portées par les Noirs, il faut savoir que c'est un moyen de coiffer des cheveux crépus, une coiffure pratique qui, au fil des années, s'est ancrée dans la culture afro, pour faire partie de l'identité des femmes noires. Ces coiffures ont commencé à être considérées comme étant à la mode à partir du moment où de nombreuses personnalités blanches ont commencé à les porter." À l'écran, on peut voir des photos de Lorie, Christine Aguilera et Kylie Jenner, coiffées de tresses dites "africaines". 

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L'appropriation culturelle peut prendre différentes formes. Il y a la coupe de cheveux, comme avec Justin Bieber, mais aussi, les vêtements ou ce qui peut être considéré comme un "accessoire". Qui, en soirée ou en festival, n'a jamais croisé une personne ayant décidé de sortir la parfaite "panoplie" d'un Indien d'Amérique, avec un pantalon imitation cuir, des traces de peintures sur la peau et une énorme coiffe faite de plumes ? 

Le festival de musique Osheaga, à Montréal, a décidé d'y mettre un terme. En 2015, il a interdit le port de coiffes amérindiennes, appelant les festivaliers à "respecter et honorer les personnes issues des Premières Nations (terme utilisé par les populations autochtones canadiennes pour désigner les peuples premiers d'Amérique du Nord, présents avant l'arrivée des colons, ndlr)", et de ne pas utiliser ce "symbole comme un accessoire de mode"

Entretenir des stéréotypes

Pour une bonne partie des personnes liées à la culture améridienne, c'est une petite victoire. C'est le cas d'Adrienne Kenne, dont le blog Native Appropriations est une référence en la matière : "Je ne suis pas une mascotte. (...) Je n'ai pas oublié l'histoire du Génocide (...) S'il ne s'agissait que de plumes, alors pourquoi est-ce qu'on le lie aux racines, à la sauvagerie, à une connexion à la Nature ? Nous n'avons aucun honneur à être honoré par vous. Cela promeut les stéréotypes", écrit-elle à propos des "costumes d'Indien". 

Nous n'avons aucun honneur à être honoré par vous

Adrienne Kenne, blogueuse amérindienne
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Pour Adrienne Kenne, se déguiser en Indien véhicule une image caricaturale d'une culture complexe et marquée par les massacres des colons. Chaque année, à l'approche d'Halloween, cette doctorante rédige un nouvel article demandant aux gens, blancs ou non, d'arrêter de se déguiser en Indien d'Amérique du Nord. En 2011, elle avait relayé la campagne "Nous ne sommes pas un costume". En 2012, le mannequin Karlie Kloss, meilleure amie de Taylor Swift, avait dû présenter ses excuses après avoir porté une énorme coiffe amérindienne lors d'un défilé de la marque de lingerie Victoria's Secret.

Le cas d'Iggy Azalea

L'appropriation culturelle peut aller bien plus loin que le look. La chanteuse Iggy Azalea a très vite été accusée, par une partie du public et d'autres chanteurs (notamment le rappeur Q-Tip et la chanteuse Azealia Banks), de proposer une musique fondée sur l'appropriation culturelle. Ils lui reprochent notamment de prendre un accent rappelant celui des artistes hip-hop originaires du sud des États-Unis, alors qu'elle est blanche et australienne. Une journaliste du Daily Beast a même réduit sa manière de chanter à une "imitation". La polémique, lancée en 2014 presque en même temps que sa carrière, a fait beaucoup de tort à Iggy Azalea, en tête des ventes avec son single Fancy.

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Iggy Azalea - Fancy (Explicit) ft. Charli XCX

À cause de ces accusations, la rappeuse s'est faite discrète en 2015, "une année qu'elle préférerait oublier", fuyant les médias et annulant une partie de sa tournée. Elle n'est revenue sur le sujet qu'en février 2016, auprès de Elle Canada, expliquant "J'ai juste une perspective différente sur la musique rap" : "Les États-Unis ont une histoire très tendue avec le concept de race, et je ne pense pas avoir réalisé à quel point le racisme y est toujours présent, et combien il blesse encore des gens, avant d'y avoir déménagé et vu de mes yeux. (...) Mais beaucoup de gens pensent encore que je vis dans cette bulle et que je ne comprends pas que les États-Unis sont toujours dans un schéma qui n'avantage pas les minorités."

Amandla Stenberg, une actrice contre l'appropriation culturelle

Iggy Azalea a au moins raison sur un point : l'appropriation culturelle est, pour l'instant, beaucoup discutée aux États-Unis. Alors que de nombreuses célébrités multiplient les "maladresses", comme Katy Perry déguisée en geisha pour "rendre hommage à la culture chinoise", d'autres élèvent leurs voix pour dénoncer l'appropriation culturelle. La première en lice est Amandla Stenberg, notamment connue pour avoir incarné Rue dans le premier volet de la saga Hunger Games

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Amandla Stenberg: Don't Cash Crop On My Cornrows

À seulement 17 ans, la jeune actrice est très engagée sur les questions féministes et raciales, et notamment, la problématique de l'appropriation culturelle. En avril 2015, elle a fait sensation avec une vidéo très revendicative, où elle déplore le détournement des codes physiques et culturels de la communauté afro-américaine : "L'appropriation a lieu quand un style amène à des généralisations racistes ou des stéréotypes, mais est estimé comme très à la mode, cool ou drôle quand les privilégiés le prennent à leur compte."

À quoi ressemblerait l'Amérique si nous aimions les gens noirs tout autant que nous aimons la culture noire ?

Amandla Stenberg
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"Le hip-hop provient de la lutte noire, il vient du jazz et du blues, des styles de musique que les Afro-Américains ont créé pour conserver une part d'humanité face à l'adversité. À une échelle plus petite, les tresses africaines ne sont pas simplement stylistiques. Elles sont nécessaires pour tenir en place des cheveux noirs." Cette vidéo a été vue près de 2 millions de fois, et a été reprise dans de nombreux médias anglosaxons. Elle conclue par cette question : "À quoi ressemblerait l'Amérique si nous aimions les gens noirs tout autant que nous aimons la culture noire ?"

Amandla Stenberg ne s'est pas arrêtée là. Elle a justement reproché à la star de télé-réalité Kylie Jenner de s'être coiffée avec des tresses africaines, durant l'été 2015 : "Tu t'appropries des caractéristiques noires et sa culture, mais tu ne parviens pas à utiliser ta position de pouvoir pour aider les Américains noirs en dirigeant l'attention vers la violence policière ou le racisme."

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En arborant des dreadlocks, Justin Bieber est accusé d'appropriation culturelle. Cette pratique consiste à s'approprier des codes et pratiques culturelles issues d'une communauté qui est, ou a été, opprimée, et à laquelle on n'appartient pas.
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2016-04-07 08:00:00
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