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Nicolas de Tavernost sur RTL
Crédit : RTL
La bataille autour des droits télévisés de la Ligue 1 bat son plein entre la filiale commerciale de la Ligue de Football Professionnel (LFP Media) et beIN Sports.
La crise a pris une autre tournure avec l'annonce, ce mercredi 11 février, par Nicolas de Tavernost, directeur général de LFP Media, de son intention de démissionner après l'échec de Ligue 1+ à obtenir les droits de diffusion de la Coupe du monde 2026, finalement attribués à beIN Sports, qui aurait fait une offre supérieure à celle de la chaîne de la LFP.
Invité de RTL, ce jeudi 12 février, Nicolas de Tavernost n'a pas caché son incompréhension après ce revers. Selon lui, les "règles du jeu ont été pipées" lors de l'attribution de ces droits à beIN Sports.
"Je dis que la procédure n'a pas été loyale. BeIN n'était pas venue sur les droits de la Coupe du Monde, c'est la FIFA qui nous a interrogé. Nous nous sommes mis d'accord avec la FIFA et au dernier moment, sans explication, on nous a dit c'est pas vous. Ce n'est pas une procédure normale, ça n'est jamais arrivé dans l'histoire".
Après cet imbroglio, l'ancien patron de M6 pointe particulièrement du doigt le rôle du Qatar et du PSG, notamment celui de Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain et de beIN Media Group, la maison mère de beIN Sports. Également présent au conseil d’administration de la LFP, il incarne pour certains observateurs une double influence source de conflits d'intérêts dans les discussions sur les droits TV et la stratégie média du football français.
"Je considère qu'aujourd'hui, je n'ai pas le soutien de tous les clubs français et de tous leurs propriétaires pour continuer ma mission à la tête de Ligue 1+", a expliqué, ce jeudi, Nicolas de Tavernost face à Marc-Olivier Fogiel. Et d'ajouter : "Il y a manifestement des conflits d'intérêts à l'intérieur de la Ligue. C'est ça la difficulté. Je pose le problème : on ne réussira pas. Ligue 1+, c'est la seule solution qui restait".
À la question : le PSG joue-t-il contre son camp ? "Je ne sais pas si c'est le PSG... En tous les cas, il y a un problème d'actionnariat qui fait que les intérêts ne sont pas alignés", répond le président de LFP Media.
Peu après l'interview de Nicolas de Tavernost, l'AFP a fait savoir que Nasser Al-Khelaifi, le président de beIN Media Group et du PSG, "n'avait absolument pas été impliqué" dans les négociations avec la Fifa pour l'attribution des droits TV du Mondial-2026 en France à la chaîne beIN Sports au détriment de Ligue 1+, citant une source proche du dossier.
"Cette décision était purement commerciale. L'offre la plus avantageuse, tant financièrement que pour la diffusion de plusieurs tournois Fifa, a été retenue. Nasser Al-Khelaifi n'a absolument pas été impliqué. Comme toujours, toutes les interactions se sont faites avec Yousef Al-Obaidly (président de beIN Sports France, ndlr) (...) La Fifa n'a jamais signé d'accord avec Ligue 1+", a indiqué cette source.
Derrière ce duel technique se cache une fracture profonde entre clubs français sur l'avenir de leurs revenus TV. Le modèle de Ligue 1+, lancé par la LFP pour reprendre la main sur la diffusion, avait séduit certains présidents de clubs souhaitant moins dépendre de partenaires externes après les déboires de Mediapro, DAZN et autres diffuseurs historiques.
Toutefois, avec son million d'abonnés, beIN Sports continue de jouer un rôle central dans l'écosystème audiovisuel français, notamment grâce à son contrat sur l'affiche du samedi après-midi avec la LFP (78,5 millions d'euros par an) et à ses offres sur d'autres compétitions majeures.
Mais les intérêts du PSG sont également, d'une certaine manière, liés à ceux de beIN Sports, ainsi qu'à ceux de Canal+, qui agit en arrière-plan, puisque Canal+ ne diffuse pas Ligue 1+, mais distribue beIN Sports.
C'est pourquoi Nicolas de Tavernost pose aujourd'hui un ultimatum. "J'ai posé le problème au conseil d'administration. Soit tous les clubs et leurs propriétaires sont derrière Ligue 1+, défendent Ligue 1+ et font tout pour que nous ayons le maximum de droits, soit ce n'est pas le cas et, moi, je ne fais pas une mission impossible". Autrement dit, si le PSG refuse de s'aligner, le président De Tavernost quittera son poste.
La perspective d'un départ Nicolas de Tavernost, quelques mois seulement après sa nomination, illustre encore une fois la crise de confiance et l'instabilité institutionnelle autour des médias du football français. De son côté, le diffuseur franco-qatarien conteste les restrictions imposées par la Ligue sur le choix et la programmation des rencontres, estimant qu'elles limitent sa liberté d'antenne et sa valorisation commerciale.
BeIN Sports avait d'ailleurs saisi le tribunal des activités économiques de Paris, réclamant jusqu'à 29 millions d’euros d'indemnités pour préjudice, tout en justifiant des retards de paiement partiels. En réponse, la LFP a assigné beIN pour non-paiement intégral de ses échéances. En janvier 2026, la justice a donné gain de cause à la LFP en condamnant le diffuseur franco-qatarien à verser plus de 14 millions d'euros à LFP Media et a rejeté ses demandes d'indemnités, rappelant l'importance du respect des engagements contractuels.
Dans ce contexte, beIN Sports a annoncé son intention de ne plus diffuser le match de Ligue 1 qu’elle détient à partir de la saison 2026-2027. Cette "guerre des droits TV" révèle bien une fracture profonde entre les clubs français, certains craignant que les revenus ne suffisent plus à assurer leur compétitivité, et d’autres défendant une révolution audiovisuelle pour renforcer l’attractivité de la Ligue.
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