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Isabelle Morini-Bosc : "Jérémy Ferrari est souvent mal élevé, aigre, radical au mauvais sens du terme"

ÉDITO - Michel Boujenah n'a pas du tout apprécié le comportement de Jérémy Ferrari dans "Le Grand Journal", le 6 juin dernier, à Patrick Kanner.

Jérémy Ferrari dans Le Grand Studio RTL
Jérémy Ferrari dans Le Grand Studio RTL
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

C'est vrai, les premières minutes du Cinq à sept offertes vendredi sur TF1 étaient moins excitantes que les suivantes. Elles m'ont pourtant divertie. Pour éviter toute ambiguïté dans un propos qui ne doit pas être hors de propos, j'explique. La scène se déroule donc dans Cinq à sept, la nouvelle quotidienne d'Arthur sur TF1. Le match France-Roumanie étant ensuite diffusé à 21 heures sur la chaîne, il est de bon ton pour tous de se laisser aller à la liesse comme une loutre se laisse glisser dans l'eau du ruisseau. C'est bruyant, joyeux, "ça" chante "ça" crie, et c'est stimulant pour des chroniqueurs qui ne manquent pas d'air(s)! 

Invité ce soir-là, Michel Boujenah. Or, que fait-il sitôt installé sur son siège ? Une remarque qui, justement, les laisse tous assis. Tant pis s'il casse en plus l'ambiance avec le propos qu'il va tenir. Il veut le placer quitte à être déplacé. Lui, quand il est remonté, il se laisse pas démonter. Jérémy Ferrari, le comique au vitriol qui a pourtant le physique plaisant du bon-copain-de-lycée qu'on emmène avec soi en soirée. Cet humoriste grinçant a un réel talent, parfois à temps partiel. Il ose tout même le pire, ce qui donne précisément parfois le pire ! Comme ce jour où il déclare Gérard Depardieu décédé dans un séquence-télé mal maîtrisée. Il faut dire que l'humour façon Monsanto (on arrose tous azimuts avec de l'ultracorrosif) demande une rigueur totale qu'il n'a pas toujours. Sauf que, au nom de son "pluralisme d'attaques", on s'attache à son énergie pleine de santé et on lui pardonne ses relâchements. On lui pardonnait, plutôt. Du moins en ce qui me concerne. 

Jeremy Ferrari, le penseur que le millénaire attend

Depuis qu'il est passé dans On n'est pas couché où il a "pourfendu" Manuel Valls, encensé de surcroît par le tandem Salamé-Moix, il se prend en effet pour Jeremy-Ferrari-le-penseur-que-le-millénaire-attend. L'oracle. Un oracle désormais souvent "gratuitement" mal élevé, aigre, radical au mauvais sens du terme. Or quand on est cassant par principe, on ne casse rien. Sauf les c******* de Boujenah. On ne lui demande évidemment pas de s'autocensurer : il faut parler sans trop s'écouter. Mais ne pas s'écouter parler. Et laisser s'exprimer les autres, contrairement à ce qu'il a fait dans Le Grand Journal jeudi dernier, face au ministre Patrick Kanner

Qu'a dit l'élu ? Je l'ignore, Jeremy lui a constamment "parlé dessus", ne justifiant son nom de Ferrari que par son écart... de conduite ce soir-là. Dommage : pour bien "casser", il ne faut pas être cassant. À l'écoute, s'entend. Comment tourner en dérision les propos de l'autre, si on n'écoute justement pas ses propos ? Comment nourrir ses sketchs si on "prend-les-devants-sans-recul" ? Impossible dès lors de donner tort à un Boujenah qui met les pieds dans le plat, et surtout sur le plateau, en déclarant : "Que le ministre soit bon ou mauvais, le problème n'est pas là. Qu'on se comporte comme ça, avec cette violence et ce mépris, ça m'a sidéré". Moi aussi. Parce que c'est regrettable quand l'humeur gâche l'humour. 

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