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Bernard Arnault et LVMH rachètent "Le Parisien" et "Aujourd'hui en France"

Le milliardaire Bernard Arnault, PDG de LVMH et propriétaire des "Echos", a racheté les quotidiens "Le Parisien" et "Aujourd'hui en France".

Bernard Arnault le 5 septembre 2012.
Bernard Arnault le 5 septembre 2012. Crédit : AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le leader mondial du luxe LVMH, déjà propriétaire des Echos, va racheter les quotidiens Le Parisien et Aujourd'hui en France, créant ainsi un nouveau poids lourd de la presse française capable de rivaliser avec Le Monde/L'Obs, Le Figaro et Libération/L'Express. Les deux groupes se sont félicités de cet accord, sans en divulguer le prix, après l'avoir annoncé au personnel des deux groupes mardi 26 mai.

"C'est une opportunité très récente. Nous avons estimé qu'il s'agissait pour Le Parisien d'une vraie opportunité d'avoir un actionnaire solide pour accompagner son développement. Elle va nous permettre d'accélérer notre croissance sur un marché du sport très dynamique en France et à l'international, ainsi que sur le digital", a souligné à l'AFP Philippe Carli le directeur d'Amaury, propriétaire de L'Equipe et organisateur de grands événements sportifs comme le Tour de France. 

Une vente attendue mais pas si tôt

Même satisfaction aux Echos: L'opération est "très positive", et "prouve que notre actionnaire croit en la presse", a expliqué le directeur des Echos, Francis Morel, devant sa rédaction mardi. "Notre titre a certes retrouvé l'équilibre, mais il était important d'accélérer et d'accompagner le mouvement de concentration du secteur". 

Une combinaison du quotidien d'infos générales et du journal de l'économie afficherait une diffusion d'environ 500.000 exemplaires et près de 10 millions de lecteurs numériques, a-t-il ajouté. "Les deux titres sont très différents, ils resteront distincts au niveau éditorial, cela va de soi", a précisé Francis  Morel. L'annonce a surpris analystes et syndicats car jamais LVMH n'avait manifesté son intérêt pour les deux quotidiens généralistes. 

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"Ce n'est pas une surprise qu'Amaury vende, même si nous pensions que cela n'interviendrait que l'an prochain. Mais que ce soit LVMH est une surprise", a commenté une syndicaliste du Parisien. Le rachat inclut aussi la filiale de diffusion du groupe Amaury et son imprimerie de Saint-Ouen, qui devrait fermer prochainement, peut-être dès fin 2015. 

La presse papier aux mains des milliardaires

Selon Le Figaro, le groupe de Bernard Arnault n'aurait offert que 50 millions d'euros pour ces deux titres qui se vendent, en cumulé, à 378.000 exemplaires par jour, et génèrent 185 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Ce prix ne serait que le quart des 200 millions réclamés par Amaury lors d'une précédente tentative de vente en 2010. 

Le Parisien a réussi à redresser ses comptes après quatre ans de déficit, à la suite d'un sévère plan d'économies. Mais il reste affaibli par des ventes en recul de quelque 8% par an depuis 2 ans et la crise du marché publicitaire. Il est aussi en retard dans le numérique. En s'offrant bon marché des titres papier, Bernard Arnault suit les traces d'autres milliardaires français comme Patrick Drahi, propriétaire de SFR, qui vient de racheter Libération et l'Express, Xavier Niel (Free), coactionnaire du Monde et du Nouvel Observateur, et avant eux Serge Dassault, qui détient le Figaro

"Le Parisien", un atout pour LVMH

Bernard Arnault avait déjà acquis en 2007 Les Echos, groupe qui comprend également Radio Classique et les magazines Investir et Connaissance des arts. Depuis le décès de Philippe Amaury en 2006, sa veuve Marie-Odile a voulu vendre Le Parisien plusieurs fois. En 2010, plusieurs groupes s'étaient mis sur les rangs, dont Serge Dassault, propriétaire du Figaro, que dirigeait alors Francis Morel, aujourd'hui PDG des Echos. L'affaire avait achoppé sur le prix

"Ce rachat fait sens pour Bernard Arnault et Francis Morel", juge l'économiste des médias Patrick Eveno, "car Paris est au cœur de l'univers du luxe. Ils peuvent positionner Le Parisien un peu plus sur ce créneau". "Une fois délesté de ses imprimeries, Le Parisien est une belle entreprise, et un achat pour 50 millions ne serait pas cher. C'est aussi la continuation d'une concentration entamée il y a 20 ans, où ceux qui rachètent sont ceux qui ont les moyens de perdre de l'argent, comme Arnault ou Drahi. Pour ces milliardaires plutôt discrets, la presse est aussi un moyen d'influence, de notoriété et de réseautage, qui les aide aussi pour leurs affaires", conclut-il. 

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