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Quand "Que sais-je" s'est créé pendant la Seconde Guerre mondiale

Que sais-je relève le défi de monter une marque en 1941, avec un format qui prend le moins de papier possible et en tentant de plaire à l'ennemi sans tomber dans la collaboration.

Un rayon de librairie Que sais-je (Illustration)
Un rayon de librairie Que sais-je (Illustration)
Crédit : MYCHELE DANIAU / AFP
Quand Que sais-je s'est créé pendant la seconde guerre mondiale
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Anaïs Bouissou

En 1940, c'est la débâcle, la France occupée. C’est un défi pour les Presses Universitaires de France. Il faut s’adapter. Une marque nait de cette bataille pour survivre, la collection Que Sais-je ? Dans la France occupée, le papier est strictement rationné. Pour une société d’édition c’est une catastrophe. La petite centaine d’employés des Presses Universitaires de France commence à sérieusement s’inquiéter pour son avenir. "Il faut trouver une manière de faire vivre une maison, des salariés, et un éditeur c’est quelqu’un qui produit des livres, qui doit vendre du papier", explique Julien Brocard, responsable de la collection Que Sais-je.

Et plus les jours passent, plus la situation devient périlleuse. Les frontières sont fermées, donc plus de ventes à l’étranger et le papier vient à manquer. "Il y a la contrainte matérielle, on a peu de papier, notre marché extérieur est fermé, les frontières sont fermées, dans la France occupée, les éditeurs sont contrôlés", poursuit-il. Alors il faut vite trouver une solution. Selon Valérie Teynière, spécialiste de l’histoire des éditions, "tous les grands éditeurs allaient pleurer pour avoir des stocks auprès de l’occupant. Et les Allemands considéraient que ce qui était prioritaire, c’était le scolaire. Donc il était plus commode de négocier du papier pour des ouvrages encyclopédiques ou des manuels que pour la littérature".

Un livre à 12 francs

Le patron, Paul Angoulvant, a alors une idée : créer une nouvelle collection. Une collection à la fois encyclopédique et qui utilise peu de papier. "La recette magique de Que Sais-je c’est 128 pages. Une grande feuille, rationnement oblige, raocnte-t-il. On imprimait tout d’un côté, on retournait la feuille, pour l’autre côté, on pliait cette feuille en 6 fois, et on obtenait les 128 pages (...) Pas trop cher parce que on peut en faire à la chaîne, en série, pas trop cher aussi parce que les couvertures peuvent être faites à l’identique. Seulement le nom de l’auteur change mais le format est toujours le même".

L’encyclopédie de poche pour tous, le point des connaissances actuelles, envoie des flyers aux libraires. Et les ventes décollent tout de suite. Dans les premiers mois on dépasse les 100.000 exemplaires. "À l’époque il faut bien se dire qu’on n’a pas internet, qu’on n’a pas la télévision, on a juste à peine la radio, et paradoxalement on se dit qu'il y a quelque chose qu'on peut faire sans trop de risque, c'est lire. Ça fonctionne tout de suite", ajoute Paul Angoulvant. Et Que sais-je évite au maximum les sujets polémiques. Son but c’est la vulgarisation scientifique.

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"Quand on regarde la liste des premiers titres, on a des sujets qui ne sont pas politiques. Et on a aussi des auteurs sensibles, des idées qui font alors flores, toute l’idéologie de révolution nationale qui entoure alors Pétain". Et quelques livres douteux, le numéro 9, anti-syndicalisme. Les titres les plus sulfureux disparaissent après-guerre et le reste de la marque continue de se développer de manière exponentielle.
20 ans après sa création en 1961, Que sais-je compte plus de 1.000 exemplaires dans sa collection.

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