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"Tenet" : le James Bond de Christopher Nolan qu'il ne faut pas chercher à comprendre

NOUS L'AVONS VU - Présenté comme le grand spectacle de l'été du Covid, que vaut ce nouveau film du créateur d'"Inception" et "Interstallar" ? Critique garantie sans spoiler.

Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Si Christopher Nolan souhaitait se faire remarquer par Barbara Broccoli, la toute puissante productrice de la franchise James Bond, il n'aurait pas pu s'y prendre autrement. Le nouveau long-métrage du réalisateur d'Inception et Interstellar complète parfaitement son CV pour prouver au monde du 7e art qu'il serait idéal pour piloter le futur de la franchise culte d’espionnage. Nous n'allons pas rentrer dans le détail de l'intrigue donc vous pouvez lire les prochains paragraphes sans avoir peur d'être spoilés. 

Tenet est un James Bond en puissance avec toujours une touche de science-fiction qui fait le sel des dernières épopées de Christopher Nolan. Si le réalisateur s'était amusé avec le concept de relativité du temps et les trous noirs dans Interstellar, des rêves et de la mise en abîme dans Inception, dans Tenet, il joue avec l'entropie et le temps. Outre cet élément imaginaire, le seul blockbuster de l'été du Covid, dispose de tous les éléments de la franchise 007. 

Un cocktail Bond...

Le personnage principal est un espion américain et, pendant une mission, il se retrouve confronté à une gigantesque machination qui met le monde en danger. Classique.  On retrouve, malgré le caractère épique et global de l'enjeu, un nombre très réduits de personnages gravitant autour de notre agent incarné avec brio par John David Washington (Malcolm X, BlacKkKlansman). Il y a le grand méchant avec un accent russe, Sator (Kenneth Branagh), la James Bond-girl froide et superbe qu'il faut sauver (sans séduire, une vraie différence) incarnée par Elizabeth Debicki ou la scientifique (comme Q) qui explique deux-trois choses indispensables à notre héros dans un labo en début de film. Ici, c'est la Française Clémence Poésy en blouse blanche qui fait de la pédagogie sur un stand de tir.

Comme dans James Bond, la scène d'ouverture de Tenet est gorgée d'action, saisissant immédiatement l'attention du spectateur. Comme dans James Bond, notre héros explore un univers mondialisé en changeant de pays à chaque séquence. Comme dans James Bond, le méchant veut dominer le monde ou, à défaut, le détruire. Il dispose d'une petite armée de sbires charmants et d'un yacht de luxe. En parlant de luxe, tous les personnages de Tenet dispose d'une impressionnante garde robe, un échange comique entre le héros et le très british Michael Caine en fait la démonstration. Christopher Nolan s'est aussi cassé la tête pour trouver des lieux modernes, très architecturaux, où les lignes droites et le béton gris dominent. 

...avec un zeste de Nolan

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Mais ne pensez pas que Tenet n'est qu'une copie de James Bond. Si l'hommage, la lettre d'amour est claire, Christopher Nolan a suffisamment d'idées et d'ego pour donner son identité propre à son film d'espionnage SF. Toute l'intrigue et la mise en scène tournent autour de son concept de voyage temporel. Une invention qui bouscule les règles du libre-arbitre, de la gravité, de la physique toute entière d'ailleurs et qui sert de terrain de jeu métaphysique au réalisateur. en faisant exploser des bâtiments et des voitures à l'envers, en gelant avec du feu ou en réparant les erreurs du passé, Nolan nous offre un grand spectacle et nous fait réfléchir sur la notion même de destin

On retrouve ici, la patte Nolan, qui propose toujours un feu d'artifice hollywoodien tout en voulant aller plus loin sur des notions scientifiques souvent très abstraites pour le spectateur. Comme avec la toupie d'Inception, on se pose des questions tout au long du film. Est-on dans le passé ? Qui a déclenché quoi ? Qui est responsable de telle ou telle action ? Qui manipule qui ? Le petit exposé de Clémence Poésy au début du film est tout ce que le spectateur doit retenir de son expérience face à Tenet. Alors que notre héros ne comprend pas vraiment le phénomène temporel et mécanique mystérieux qui lui est présenté, la scientifique lui répond : "N'essayez pas de comprendre, ressentez les choses". 

"N'essayez pas de comprendre"

Si vous essayez de comprendre la logique de l'histoire, vous risquez clairement de vous faire mal aux neurones. Tenet vous présente une intrigue en cercle qui vous demande qui de la poule ou de l’œuf est né en premier. Il n'y a pas de bonne réponse, et là n'est pas l'intérêt de ce film qui propose une expérience de haut vol (tout en accusant quelques longueurs et bavardages sur la fin). Notre conseil serait donc de profiter de l'expérience sans trop vous préoccuper du plan global du labyrinthe mental dans lequel vous venez de plonger. Le deuxième visionnage n'en sera que plus satisfaisant, une tradition dans le cinéma de Nolan désormais. 

Reste à saluer l'incroyable travail sur l'image et le son, dans Tenet. Un montage qui n'hésite pas à faire des ellipses sèches et bienvenues pour rythmer le tout. Et surtout, des acteurs très bien exploités avec une belle palette d'émotion, beaucoup de finesse et une grande élégance dans leurs interprétations. John David Washington, Elizabeth Debicki, Kenneth Branagh et surtout Robert Pattinson font un travail formidable pour humaniser un monde volontairement glacial.

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