3 min de lecture Fabrice Luchini

Pour Fabrice Luchini, président de cour d'assises dans "L'hermine", "l'habit fait le moine"

REPLAY - Le comédien sera mercredi à l'affiche de "L'hermine", film de Christian Vincent. Dans le film, il incarne un président de cour d'assises, qui voit resurgir dans le jury d'un procès une femme qu'il a jadis aimée.

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Entretien avec Fabrice Luchini - Partie 1 Crédit Image : © Jérôme Prébois / Albertine Productions - Gaumont | Crédit Média : Stéphane Boudsocq | Durée : | Date :
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Stéphane Boudsocq et Martin Cadoret

Dans L'hermine, le film de Christian Vincent qui sort mercredi au cinéma, Fabrice Luchini joue un président de cour d'assise confronté à la fois à un procès particulièrement sensible et aux aléas de sa vie amoureuse. Un rôle qui lui a valu le prix Volpi de la meilleure interprétation masculine à la Mostra de Venise le 12 septembre.

On dit souvent que le costume fait beaucoup pour endosser un rôle, c'est encore plus vrai sous l'hermine, la robe de magistrat bordée de fourrure, portée par le personnage de Luchini. "L'habit fait le moine ! J'ai observé des procès. On ne m'a donné qu'un conseil : parler extrêmement gentiment aux accusés. J'ai pris conscience que ce métier avait un point commun avec la mise en scène. Cette robe nous met en contact avec l'humanité, elle est l'axe central", développe le comédien.

Sobre, digne, magnifiquement écrit

Dans le film, on a le sentiment que Raymond Depardon croise Georges Simenon. L'hermine montre les coulisses d'un procès d'assises comme jamais au cinéma : le travail abrutissant et nécessaire de la justice, les doutes des jurés, les failles des accusés et des témoins. Et puis il y a aussi le récit d'une vie amoureuse, celle de Michel Racine, le personnage incarné par Fabrice Luchini. On notera d'ailleurs le clin d’œil du nom de famille pour vous qui aimez tant les belles lettres. Michel est confronté à une femme surgie son passé qui va bouleverser son quotidien rigoureux et remettre l'humanité au cœur d'une vie confrontée, procès à après procès, à l'inhumanité. C'est sobre, digne, magnifiquement écrit, joué au cordeau.

"J'ai dit à Christiane Taubira et à François Hollande : 'financez la justice'"

Fabrice Luchini
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Ce personnage est glaçant, agaçant, touchant et attachant. "Je ne comprenais pas ce que je disais. Les acteurs sont pas obligés de tout comprendre", lâche Luchini, tout en reconnaissant qu'en réentendant des dialogues, tout devenait plus clair. Les personnages sont tellement criants de vérité, (jurés, accusés, témoin, etc), que l'on se demande tout le long du film s'il s'agit de comédiens ou d'acteurs professionnels. "J'en ai parlé à Christiane Taubira, même à François Hollande, je leur ai dit 'financez la justice, financez les prisons'. Les pauvres, ils ne savent plus où ils en sont. Bon, j'exagère un peu", cabotine le comédien.

Une chronique judiciaire réaliste

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Le film est fidèle à la réalité surtout grâce à une foule de petits détails. Le premier d'entre-eux c'est que l'action se passe à Saint-Omer. La cour d'assises de Saint-Omer, c'est celle qui a jugé le premier procès de l'affaire d'Outreau. Pour tous les spécialistes de la justice, il y a bien d'autres petites touches qui sonnent juste. La sonnette très théâtrale qui marque l'entrée de la cour, l'urne et le boulier qui servent à tirer les jurés au sort... et puis aussi ses va et vient dans la salle. Alors bien sûr, la seule entorse du film - et elle est de taille - c'est que jamais un président de cour d'assises ne se risquerait à séduire un membre du jury. Et le président Racine le dit lui-même dans le film : c'est un motif de cassation, c'est à dire d'annulation du procès.

C'était pas à moi de me jouer, c'était au procès de se jouer

Fabrice Luchini
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Sans grandes envolées, le personnage est dense. C'est parfois bien quand le comédien en fait moins. "Le rôle est sublime car je donne la parole à tout le monde. C'était pas à moi de me jouer, c'était au procès de se jouer. Si au contraire, on essaie de se dire qu'on n'est pas le héros mais le servant, on reçoit le prix d'interprétation à Venise", explique, un brin fanfaron, Fabrice Luchini.

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