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Des images de la bande-annonce du film "La bataille de Gaulle" (à gauche) et de "Moulin" (à droite).
Crédit : Capture d'écran de la bande-annonce du film "La bataille de Gaulle" et de "Moulin"
Pourquoi un tel engouement pour les fresques historiques ? Après le succès des derniers longs-métrages sur le Général de Gaulle, un film sur Jean Moulin porté par Gilles Lellouche arrive dans les salles obscures ce mercredi 28 octobre 2026. La Bataille de Gaulle, dont les deux parties sont sorties avant et pendant l'été, n'a cessé de progresser. Et son ascension se poursuit actuellement. Chaque semaine, 50.000 spectateurs vont voir les deux films, qui comptabilisent 6,2 millions d'entrées.
Les Misérables, la nouvelle adaptation de l’œuvre de Victor Hugo au cinéma depuis le 14 octobre, a déjà réalisé 550.000 entrées en une semaine d'exploitation. Des chiffres qui peuvent surprendre, tandis que pendant des années, certains spécialistes affirmaient que l'histoire au cinéma ou à la télé ne fonctionnait pas.
"Il y a un phénomène de concentration, notamment autour de la période de la Seconde Guerre mondiale", souligne Antoine de Baecque, professeur d'Histoire spécialiste cinéma à l'École normale supérieure (ENS), sur RTL. Cet engouement est sûrement lié au contexte actuel. Un contexte d'angoisse surtout en France." Selon l'enseignant, ces histoires sont rassurantes pour les spectateurs qui se rendent compte que lors des crises passées, le pays a réussi à s'en sortir.
"Dans le film sur De Gaulle, il y a l'idée qu'on va pouvoir retrouver quelque chose qui a fait la grandeur de la France. Pour Jean Moulin, il y a cette idée de se reconstruire autour de héros", indique-t-il. Et de saluer la manière avec laquelle les cinéastes revisitent ces personnages historiques. "On redécouvre ces héros. Cet homme seul, presque fou. Tout le monde le prend pour un fou", ajoute-t-il.
Pour Antoine de Baecque, "le cinéma a toujours joué avec l'histoire en l'intégrant déjà dans des fictions". Pour rendre l'intrigue davantage palpitante, les scénaristes usent souvent d'incohérences historiques. Mais pour le professeur, cela a peu d'importance. "Ce qui serait grave, c'est qu'il y ait une manipulation, une falsification de l'Histoire", souligne-t-il.
De son côté, Stéphane Boudsocq, journaliste spécialiste cinéma de RTL, dresse un parallèle entre ces longs-métrages et notre histoire. "Qu'est-ce que résister ? C'est quoi avoir des alliés ? Qu'est-ce que l'oppression ?", s'interroge-t-il dans un premier temps.
Et d'ajouter : "Dans De Gaulle, on voit déjà l'attitude de Roosevelt par rapport à la France. Quand on met Roosevelt et l'administration Trump aujourd'hui, on se pose quand même des questions. Est-ce que les Américains viendraient aujourd'hui ? Dans les films De Gaulle, on comprend qu'ils sont venus mais il a quand même fallu les pousser. Il y avait cette volonté d'asservir culturellement et politiquement la France".
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