3 min de lecture Cinéma

"Good Time" : comment Robert Pattinson est devenu le nouveau visage du cinéma d'auteur

PORTRAIT - Acclamé à Deauville, l'acteur britannique est passé en quelques années d'idole des jeunes à star du cinéma d'auteur.

Robert Pattinson
Robert Pattinson Crédit : JOHN MACDOUGALL / AFP
Manon Bricard
Manon Bricard
Journaliste

Robert Pattinson a opéré un virage à 180°. Après avoir envahi les murs de chambres de bon nombre d'adolescentes avec Twilight, son nom est désormais gage de qualité sur les lèvres des cinéphiles. Depuis la fin de la saga, il y a cinq ans, le comédien de 31 ans affirme sa volonté de se tourner exclusivement vers un cinéma d'auteur, plus exigeant

Le 13 septembre, il remet le couvert avec la sortie dans les salles françaises de Good Time, la dernière oeuvre des frères Safdie, acclamée lors du Festival de Deauville. Robert Pattinson incarne dans ce polar noir un jeune homme dont le frère se fait arrêter après un braquage qui tourne mal, et qui va arpenter New-York pour le retrouver. 

Le comédien montre une fois de plus sa volonté d'égratigner son image de jeune premier qui lui colle à la peau depuis des années, pour œuvrer dans des sentiers battus plus complexes.

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GOOD TIME Bande Annonce (2017) Robert Pattinson

Idole des jeunes

Robert Pattinson débute sa carrière en 2003, avec la sortie du film Vanity Fair, la foire aux vanités. Peu connu alors, il enchaîne les petits rôles avant d'obtenir celui de Cédric Diggory dans Harry Potter et la Coupe de Feu. Ils sont alors nombreux à remarquer sa gueule d'ange mais cela ne sera pas suffisant pour le faire briller sous les feux des projecteurs.

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Le succès sonnera à sa porte trois ans plus tard, en 2008, alors qu'il accepte le rôle du ténébreux vampire Edward Cullen dans la saga Twilight. Sans crier gare, Robert Pattinson est érigé en star et idole des jeunes, particulièrement des adolescentes, notamment à cause de sa beauté et du rôle torturé et "romantique" qui en fait craquer plus d'une. Encore aujourd'hui, l'acteur est reconnaissant d'avoir pu incarner ce personnage : "J’ai pris plaisir à incarner Edward. C’était un personnage riche, complexe, mystérieux, plein de facettes différentes", a-t-il déclaré à TéléZ.

Les portes d'Hollywood s'ouvrent alors au jeune homme, mais il faut pour cela accepter le lourd fardeau de la célébrité : ses fans sont constamment à ses trousses. Hors Twilight, Robert Pattinson se montre toutefois ambitieux.

Des rôles plus complexes

Entre deux Twilight, Robert Pattinson cherche à égratigner à vif son image glamour. Il se lance à corps perdu dans des rôles plus sulfureux : les biopics et les adaptations littéraires tiennent alors une place de choix dans sa carrière, gages de plus de sérieux que ne l'est la saga pour adolescents.

En 2008, il incarne le peintre fantasque Salvador Dali dans le biopic Little Ashes, rôle aussi excentrique que sulfureux, avant de tenir le premier rôle dans De l'eau pour les éléphants, lui-même adapté du roman homonyme de Sara Gruen. Les fans se souviendront également de son rôle dans Bel Ami, adapté de l'oeuvre de Maupassant, qui contribue à briser progressivement cette image de gendre idéal qui lui colle encore à la peau.

Le tournant enclenché avec David Cronenberg

Le dernier film de la saga Twilight sort en 2012. L'occasion parfaite pour Robert Pattinson de se détacher de ce rôle lourd à porter pour se tourner vers des films beaucoup plus complexes. Il présente dans la foulée Cosmopolis de David Cronenberg, en compétition à Cannes. "Cosmopolis me donne une raison supplémentaire de me battre, de faire mes preuves", expliquera-t-il aux Inrocks lors de la promotion. 

"Cosmopolis" de David Cronenberg
"Cosmopolis" de David Cronenberg Crédit : DR

Il retrouvera la caméra du cinéaste canadien dans Maps to the Star, chauffeur de limousine dans cette critique d'Hollywood. Il prouve alors qu'il est parfaitement capable d'assurer dans d'autres genres et des registres plus sombres.

"Reprendre le contrôle"

Ces dernières années, le public a pu voir Robert Pattinson dans les long-métrages de cinéastes de renom tels James Gray ou Anton Corbijn. Il se démarquera ainsi dans The Rover à Lost City of Z en passant par Maps to the Star, démontrant sa capacité à s'effacer derrière d'autres acteurs tout en marquant le spectateur. Le public de Deauville a d'ailleurs acclamé sa performance brute dans Good Time, incarnant un anti-héros sombre et manipulateur.

Ces différentes œuvres creusent définitivement le fossé avec la carrière qu'a pu connaître Robert Pattinson par le passé. Interviewé dans l'émission Boomerang sur France Inter le 8 septembre 2017, l'acteur assume complètement cette ardente volonté de briser son image : "Si les gens ont des préjugés à votre égard, il faut désamorcer ça et c'est pourquoi j'essaie de changer d'apparence. J'essaie de reprendre le contrôle sur l'image que les gens ont de moi." 

C'est désormais certains : Robert Pattinson n'est pas qu'une belle gueule. C'est un acteur prometteur surprenant que s'arrachent les plus grands réalisateurs. L'époque de Twilight semble désormais lointaine

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