1. Accueil
  2. Culture
  3. Ciné et séries
  4. "God of War" mérite-t-il les notes stratosphériques qu'il a reçu ?
6 min de lecture

"God of War" mérite-t-il les notes stratosphériques qu'il a reçu ?

NOUS Y AVONS JOUÉ - La presse spécialisée couvre de louanges le nouveau "God of War", dernier blockbuster de la PlayStation 4. Mérité ?

Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Kratos est de retour. Après une série qui a fait les beaux jours de la PlayStation 2 et 3, le dieu de la guerre revient sur PlayStation 4 avec un nouveau look, de nouvelles armes et un tout nouveau cadre mythologique à explorer. 

Le guerrier à la peau marmoréenne est devenu père et vit désormais en Scandinavie. Loin de la Grèce où il est né (et où il a semé la destruction), le héros de God of War fait profil bas et apprend à son jeune fils Atreus les rudiments de la vie alors que la mère de l'enfant vient de mourir. Là, commence une longue aventure qui a récolté les notes les plus fabuleuses qu'un studio puisse espérer de la presse. Cinq étoiles, 20/20... God of War est présenté comme le jeu vidéo de l'année ou le "chef-d'oeuvre de la PlayStation 4"

RTL Super a joué et terminé ce nouvel opus nordique qui est commercialisé à partir de ce vendredi 20 avril 2018. Voici notre verdict. 

Neufs mondes splendides à explorer

God of War est tout d'abord un des plus beaux jeux du moment. Fluide, réaliste, coloré... Se balader dans les décors enchanteurs du jeu est un plaisir de chaque instant. Chaque grotte, chaque fresque, chaque arbre, chaque décoration d'arme est un régal par les yeux. On se prend à faire tourner la caméra pour observer tel ou tel paysage, tel ou tel détail du sol dans un sanctuaire perdu. God of War donne vraiment l’impression de se balader dans les contes et légendes scandinaves avec une structure très réaliste, mais avec un twist magique qui apporte un charme fou aux lieux. 

À lire aussi

Le monde et les décors sont d'ailleurs particulièrement variés. Cosmogonie nordique oblige, vous avez neufs terres à explorer. D'abord Midgar, notre monde qui s'articule autour d'un lac. Helheim, le pays des morts et du froid, la fournaise Muspelheim, mais aussi Asgard le monde des dieux, sans oublier les royaumes des nains, des elfes ou des géants... Certains sont vastes et d'autres des successions d'arènes, mais tous ont une identité propre. Et tous sont assez remarquables en terme de conception. 

Les bois de la sorcière dans "God of War"
Les bois de la sorcière dans "God of War"
Crédit : Sony

La musique, discrète et cinématographique, est aussi un plaisir. Aucun thème ne restera vissé dans votre esprit une fois que la manette aura quitté vos mains, mais les bruitages et la bande-son (douce, inquiétante ou épique en fonction des scènes) demeurent de belles réalisations. Le son flatte l'aventure sans prendre le pas sur elle. 

En revanche, les voix sont proches de la perfection. Tous les échanges sont doublés en français et les comédiens se sont donné du mal à donner les justes interprétations aux personnages. Atreus, jeune, intrépide, inquiet ou en colère, donne le change à la voix grave et impérieuse de Kratos. Mimir ou la sorcière des bois racontent avec intelligence les mythes (réels ou adaptés pour le jeu) du panthéon nordique. Il n'y a presque aucun temps mort dans les échanges entre les protagonistes. Chaque promenade en haut d'une montage ou en barque sur le Lac des Neuf est l'occasion d'en découvrir plus sur le monde. Les textes sont d'ailleurs très fins, capables de toucher ou de faire rire. Une rareté dans les jeux vidéo.

Une évolution toute naturelle

God of War propose une évolution qui permet aux joueurs de s'approprier les subtilités du gameplay très rapidement. Le jeu dispose des contraintes classiques des jeux de rôle. Vous pourrez faire évoluer votre personnage selon votre mode de jeu : bourrin, défensif, stratège... Les arbres de compétences vous permettront de faire des choix et de façonner votre équipe de guerrier (car vous êtes toujours accompagnés du jeune Atreus et de son précieux arc). 

Une partie de votre temps sera aussi consacrée à la gestion de votre équipement. Vous pouvez trouver, acheter et fabriquer différentes pièces d'armures, talismans et enchantements pour booster telle ou telle aptitude de Kratos. Le système est déjà vu, il rappellera des souvenirs aux amateurs de RPG (jeu de rôle) jusque dans le code couleur utilisé pour indiquer la rareté de tel ou tel objet (vert puis bleu, puis violet, puis jaune...). Un système très proche des jeux Blizzard (Diablo, World of Warcraft...). 

Kratos et Atreus ont une relation particulièrement difficile
Kratos et Atreus ont une relation particulièrement difficile
Crédit : Sony

Le jeu évolue et s'agrandit au fur et à mesure de votre avancée. Vous récupérerez des armes et des compétences qui vous permettront de débloquer certains passages dans un style déjà initié, voire inventé, par The Legend of Zelda. Ici, Kratos n'a pas de flèche de glace ou de boomerang comme Link, mais il a des flèches électriques ou des lames de vent... 

Ces pouvoirs vous permettront de résoudre les très nombreuses énigmes disséminées dans les Neuf Royaumes. Rien n'est révolutionnaire, mais tout est extrêmement bien pensé et réalisé. La curiosité est sans cesse récompensée par un butin et le tout devient rapidement addictif. God of War donne cette envie de "platiner" (trouver tous les objets, tous les trophées, tous les secrets d'un jeu).

Des combats brutaux, mais plus fins

God of War conserve des volets précédents son style très direct dans les combats. Il ne faut pas avoir peur du sang ou de quelques décapitations plus ou moins nettes. Le jeu est néanmoins plus varié et plaisant que les précédentes éditions dans cette catégorie. La hache magique que vous jetez et appelez comme Thor dans les films Marvel y fait beaucoup. God of War n'est plus qu'un jeu de corps-à-corps, c'est aussi beaucoup de combat à distance, si vous le voulez. 

Il y a toujours ces centaines de morts-vivants, elfes noirs et loup-garous à dégommer de la plus brutale des manières en les faisant flamber ou en écrasant leurs têtes contre le sol. Les boss (dont on ne révélera rien) sont aussi des défis de taille. Les combats demandent une grande concentration dans la gestion des super-pouvoirs de Kratos, les éléments des armes, le management d'Atreus, des jauges de vie, de rage, d'amulette, etc.

Sans devenir aussi exigeant que les titres de From Software (Dark Souls, Bloodborne) certains passages vous donneront des sueurs froides et des envies de destruction de votre manette, surtout dans les modes de difficultés les plus ardus. Les combats contre les Valkyries (une quête optionnelle) resteront probablement gravés dans votre mémoire. Mais quelle satisfaction de réussir à leur arracher les ailes (après la 15e tentative) !

Une aventure longue et cinématographique

God of War se déroule comme un long plan-séquence. Pas d'interruption. Pour peu que vous n'usiez jamais des portes de téléportation, vous ne verrez jamais un écran noir durant les trente heures de jeu qui vous attendent. Le jeu n'est pas un monde ouvert même s'il vous laisse l'opportunité de faire des quêtes annexes dans l'ordre que vous souhaitez.

Le scénario est bien présent, il vous guidera et c'est tant mieux puisqu'il est aussi agréable à suivre qu'Uncharted ou The Witcher, des références dans la catégorie (God of War n'est pas supérieur au brillant The Last of Us, mais il joue clairement dans la même catégorie). On se prend à ralentir notre progression lorsque l'on sent la fin arriver (et on la sent poindre plusieurs fois puisque le scénario n'est pas avare en surprises).

"God of War" propose un voyage initiatique mémorable
"God of War" propose un voyage initiatique mémorable
Crédit : Sony

Tout y est grandiose jusqu'à la fin qui devrait garder pas mal de joueurs assis au fond de leur canapé pendant quelques instants une fois le titre terminé. Vous l'aurez compris, God of War est clairement le meilleur jeu de la saga et probablement le meilleur jeu du marché depuis Zelda : Breath of the Wild (la puissance graphique de la PS4 en plus pour en faire un jeu particulièrement somptueux). Mérite-t-il les compliments qu'il reçoit de la presse mondiale ? Oui, mille fois oui.

Les plus

- Beau à en perdre la vue
- Une narration impeccable (même en français)
- Un monde cohérent et organique
- L'évolution et l'exploration gratifiantes
- Des combats jouissifs
- Une difficulté parfaitement calculée (aïe les Valkyries !)
- Des compagnons (Atreus et Mimir) parfaits
- Une belle durée de vie entre 30 et 50h

Les moins

- Des points sur la carte peu précis
- Les voyages rapides qui nous font tourner en rond

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/