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"A Knight of the Seven Kingdoms" (HBO Max) : la série spin-off de "Game of Thrones" sonde le cœur des hommes et réussit un petit miracle

Après la fresque épique "Game of Thrones" et le thriller politico-familial "House of the Dragon", une nouvelle série dans l'univers de G.R.R. Martin s'offre au public. Elle prend le contrepied de ses grandes sœurs. Voici notre critique sans spoiler.

Ser Duncan et Egg dans "A Knight of the Seven Kingdoms"

Crédit : HBO

Aymeric Parthonnaud

Encore une série Game of Thrones. Les téléspectateurs pourraient-ils frôler l'indigestion après tant d'années à Westeros, le continent fantastique imaginé par l'auteur de fantasy G.R.R.Martin ? C'est ce que l'on pourrait craindre lorsque l'on lance la nouveauté signée HBO A Knight of the Seven Kingdom (Un chevalier des Sept Royaumes) qui est disponible sur HBO Max à partir du 19 janvier 2026. Après Game of Thrones et House of the Dragon (qui est toujours en cours), les producteurs américains ne seraient-ils pas en train d'abuser de leur poule aux œufs d'or ? Bonne nouvelle : non. 

A Knight of the Seven Kingdom
propose une expérience bien différente de ses deux aînées. Épisodes plus courts, saison de seulement 6 épisodes, intrigue centrée sur deux personnages et un seul événement. A Knight of the Seven Kingdom réduit complètement le spectre pour faire ce que Game of Thrones ne savait pas faire : se concentrer. N'imaginez pas une aventure épique à dos de dragon qui déterminera le destin du monde face à une menace existentielle. Ici, on vous propose de suivre l'histoire de Duncan Le Grand, chevalier sans envergure et sans renommée qui essaye désespérément de participer à un tournoi. Objectif : être adoubé par ses pairs, vivre selon les préceptes de la chevalerie et... se faire un peu d'argent. 

Nous ne rentrerons pas ici dans le détail de l'intrigue de la série pour vous préserver des spoilers et conserver le plaisir de la découverte. Naturellement, les plus grands fans de Westeros sauront de quoi parle la série puisque l'histoire de ser Duncan a déjà été couchée sur le papier dans les Chroniques du chevalier errant, une saga dérivée du Trône de Fer publiée à partir de 1998 par G.R.R. Martin. Mais nombre de fans des séries télé ne découvriront les aventures de ces personnages qu'aujourd'hui.

Entre "House of the Dragon" et "Game of Thrones"

Afin de replacer les événements, vous devez savoir que A Knight of the Seven Kingdom prend place moins d'un siècle avant les aventures de Jon Snow, Arya Stark ou Daenerys Targaryen. La série se déroule aussi bien après la fameuse "Danse des Dragons" de House of The Dragon, ce qui signifie que les grands reptiles cracheurs de feu ont quitté le ciel de Westeros même si la famille Targaryen dirige toujours le royaume. C'est dans ce contexte politiquement tendu que se déroule la série.

Si cette mini-série (qui connaîtra au moins une saison 2) se consacre essentiellement aux déboires de ser Duncan, ce dernier se retrouve rapidement aux prises avec les grandes familles nobles de Westeros. On croisera donc le chemin de grands noms comme les Lannister, les Baratheon ou encore les Targaryen et leurs légendaires cheveux argentés. Duncan (incarné par l'Irlandais Peter Claffey, ses 1m95 et sa stature d'ancien pro du rugby), s'il est le personnage principal, partage la lumière avec un jeune enfant baptisé Egg (Œuf). 

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Ce garçon, à la voix fluette et au crâne parfaitement rasé, rencontré par hasard dans une auberge au début de la série, entreprend de devenir son écuyer. Immédiatement, l'enfant joué par Dexter Sol Ansell fascine. Il n'est pas qu'un garçon qui souhaite voir le tournoi pour son plaisir personnel. Son élocution, ses connaissances sur les arbres généalogiques, l'histoire et les lieux traversés nous font immédiatement penser qu'il est loin d'être un fils d'aubergiste en manque de sensations. Le lien tissé entre les deux est l'une des grandes forces de la série qui mise manifestement sur les émotions. Deux menteurs magnétiques et attendrissants que l'on a grand plaisir à suivre. 

Ser Duncan est un orphelin qui a tout appris de son maître, un chevalier errant doté de nombreux atouts : des compétences martiales redoutables et un goût certain pour les femmes et le vin. La série s'ouvre sur la scène où Duncan enterre son maître et reprend le flambeau en espérant faire valoir ses compétences et son esprit chevaleresque. Cette relation maître-élève, voire père-fils, est au cœur de la série qui ne cesse d'exploiter ce thème de la paternité et de la fraternité dans le monde brutal et masculin de la chevalerie. Duncan transmet malgré lui sa vision de l'homme bon et noble à un Egg avide d'apprendre, d'être considéré et d'échapper à l'éducation qu'il a reçue jusqu'alors. Toute une galerie de personnages, toujours nuancés, apparaît au fil des épisodes. Princes, seigneurs, forgeron, oncle, père, fils, cousin, écuyer, garde, servant... Chacun dit quelque chose du cœur des hommes en un temps record.

Les histoires les plus courtes sont les meilleures

Les épisodes n'excèdent en effet que rarement les 30 minutes. Preuve qu'une bonne histoire peut être courte. La série offre un rythme inédit pour la saga Game of Thrones. On bavarde peu. L'intrigue évolue constamment et pourtant rien de l'atmosphère d'un tournoi ne nous échappe. Le fait de se maintenir presque constamment dans le même lieu et de concentrer l'intrigue en quelques jours (à l'exception de quelques flash-backs bien pensés) permet à la série d'être efficace sans être superficielle. Les beuveries, les prostituées, les entraînements, les réunions des organisateurs, les artistes... La série nous plonge dans un monde médiéval riche et auquel on croit. A Knight of the Seven Kingdoms joue aussi la carte de l'humour du plus grossier au plus fin. La vulgarité est inattendue, mais rassurez-vous, il ne s'agit là que des petites ponctuations dans un récit relativement sérieux et émouvant. 

La série atteint son sommet lors de la scène du tournoi où tous les règlements de compte construits depuis le premier épisode viennent converger dans la boue et la brutalité. On retrouve l'esprit du très réussi film de Ridley Scott Le Dernier duel sorti en 2021, dans cette séquence. Production HBO et marque Game of Thrones oblige, le casting est particulièrement réussi, la direction artistique est soignée, des costumes aux couleurs en passant par les choix sonores et musicaux d'un habile anachronisme. Vous l'aurez compris, nous avons été totalement séduits par cette nouvelle série qui tire le meilleur de l'âme de Game of Thrones et place haut les nobles valeurs du courage et de l'honneur. Certainement une œuvre qui aurait beaucoup plu à Ned Stark et que nous avons déjà hâte de retrouver pour la suite.

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