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Gustave Doré le plus célèbre des dessinateurs à l'honneur au musée d'Orsay

Les œuvres du plus important et populaire illustrateur français du 19ème siècle, Gustave Doré, font l'objet d'une grande rétrospective au Musée d'Orsay à Paris.

Gustave Doré au musée d'Orsay jusqu'au 11 mai
Gustave Doré au musée d'Orsay jusqu'au 11 mai Crédit : musée d'Orsay

Gustave Doré est le plus important et le plus populaire des illustrateurs du 19ème siècle. Ses illustrations des contes de Perrault, de Don Quichotte ou même de la Bible ont bercé l'enfance de cinq générations de petits et grands lecteurs. Une grande rétrospective lui est consacrée au Musée d'Orsay, à Paris.

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Gustave Doré, le plus célèbre des dessinateurs français du 19ème siècle Crédit Média : Monique Younès | Durée : | Date :

Il est le plus célèbre, le plus admiré, le plus copié, le plus génial des dessinateurs français du 19ème. Il est aussi le plus malheureux des peintres. Tout a commencé le jour où le petit Gustave a reçu en cadeau une boite de peinture. L'enfant n'a rien trouvé de mieux pour débuter sa carrière que de peindre en vert une poule. Le pauvre animal s'est échappé de la basse-cour et a semé la terreur dans tout le village.

15 dessins par jour et pendant 20 ans

Obligé d'avouer son forfait, la sorcière du coin lui a jeté ce sortilège: "vous avez bien fait pleurer le monde, Gustave, vous pleurerez bien à votre tour, avec votre peinture". Mais avant qu'il réalise l'ampleur de son malheur, Gustave Doré s'est longtemps contenté de dessiner, mais de dessiner comme personne. A 33 ans, tout imbu de son génie, il demandait pardon de n'avoir réalisé que 100.000 dessins dans sa vie.

Cela donne une moyenne de quinze dessins par jour pendant vingt ans. Pas de gribouillis au coin de la table. Ses illustrations de la Divine comédie de Dante ont changé notre vision de l'enfer, elles l'ont façonné. On n'a plus vu le paradis de la même façon après la description qu'en a fait Gustave Doré. Il semblait l'avoir traversé avec Virgile en personne.

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Il y a aussi Don Quichotte et les contes de Perrault, sans oublier Rabelais. Qui peut encore penser à Gargantua sans que vienne aussitôt à l'esprit le chef d'œuvre qu'en a tiré Gustave Doré ? Personne n'a eu autant d'influence que lui. Van Gogh la carrément copié.

Polanski, Burton et Spielberg

Et que serait le cinéma de Cecil B DeMille, de Fritz Lang, de Jean Cocteau, de Terry Gillian, de Roman Polanski, de Tim Burton, de Steven Spielberg, sans l'audacieuse démesure de l'illustrateur des aventures du baron Munchausen ? Il suffit de les interroger pour le savoir.

En visitant l'exposition, on se rend surtout compte des illustrations de Gustave Doré qui ont influencé les réalisateurs cinéma depuis les années 1900 jusqu'à nos jours. Vous verrez grâce à un superbe montage, la ressemblance flagrante des gravures de Doré et certaines créatures de Star Wars ou de King Kong.

Roman Polanski raconte qu'il a tourné Oliver Twist, les gravures de Doré à la main pour réajuster l'éclairage et les figurants sur le modèle imprimé. Jean Cocteau a fait de même pour La Belle et la Bête. Quant à Tim Burton, dans Sleepy Hollow, il use de la même technique. Terry Gillam a officiellement déclaré vouloir rendre Gustave Doré vivant. Tous revendiquent cet héritage.

Un caricaturiste cruel pour son temps

Mais il n'est pas sûr que cela ait suffi à le consoler du drame de sa vie. Gustave Doré n'a jamais été reconnu comme un grand peintre. Et il est probable qu'il ne le sera jamais.

Après Honoré Daumier, de vingt-cinq ans son aîné, Gustave Doré a été le caricaturiste le plus cruel et le plus drôle de son temps. Il avait commencé à 15 ans. Dépassant le maître et voulant tout dépasser, à commencer par lui-même, Gustave Doré voyait les choses en grand, en immense.

Il exigeait que ses illustrations soient reproduites dans des formats hors-norme, au point que certains de ses livres illustrés arrivaient à peser plus de 5 kilos. De même pour ses sculptures et ses peintures. Lui qui s'était spirituellement moqué des artistes incompris, c'était son tour de tâter de l'humiliation et de subir l'épreuve que la vieille sorcière lui avait promis.

Violionniste et acrobate

Gustave Doré qui avait son atelier au 3 rue Bayard, était un mondain qui organisait des fêtes très courues. Il jouait à ses convives du violon et faisait de l'acrobatie. Attiré par les actrices, il eu même comme maitresse Sarah Bernard, mais il mourra célibataire à 51 ans d'une angine de poitrine.

Il a toujours vécu chez sa mère, qui le traitait de génie depuis ses 9 ans. L’État français a mis du temps pour acheter une toile à Gustave Doré, comme pour lui faire payer son arrogance et son ironie sur le monde de l'art officiel. Le rebelle tient aujourd'hui sa revanche. La rétrospective qui lui est consacré à Orsay, confirme le talent de ce peintre et de ce dessinateur de génie. 

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