3 min de lecture Littérature

Ken Follett : "Je n'aime pas écrire des histoires uniquement sur l'Angleterre"

RENCONTRE - L'écrivain Ken Follett s'est confié à RTL sur son dernier ouvrage, "Une colonne de feu", suite des "Piliers de la terre".

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Pourquoi le thème des espions dans "Une colonne de feu" ? Crédit Image : RTLnet | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Bernard Lehut
Bernard Lehut Journaliste RTL

Un géant débarque jeudi 14 septembre en librairie : Ken Follett. L'écrivain gallois publie Une colonne de feu chez Robert Laffont, la suite des Piliers de la terre, la monumentale fresque historique consacrée par Follett aux constructeurs de cathédrale du Moyen-Âge puis prolongée à l'époque de la Grande Peste dans Un monde sans fin.

Le lecteur est de retour pour la troisième fois à Kingsbridge, la ville du sud de l'Angleterre imaginée par Ken Follett pour en faire le berceau de sa saga. On est plongé jusqu'au XVIe siècle, au moment de l'accès au trône d'Angleterre d'Elisabeth I : "J'ai réalisé que la reine Elisabeth I d'Angleterre a créé notre premier service secret [...]. Beaucoup des trucs de l'espionnage du XXe siècle naissent dans le XVIe. J'aime beaucoup les romans d'espionnage de suspens et d'histoire, je me suis dit que j'allais mélanger les deux", explique l'écrivain.

Avant le succès mondial des Piliers de la Terre, Ken Follett s'est fait connaître comme un excellent auteur de roman d'espionnage. Dans Une colonne de feu, il réussit à conjuguer ses deux passions et passionner tous les lecteurs. 

De l'espionnage sur fond de guerre de religion

Si la reine Elisabeth I crée les James Bond du XVIe siècle, c'est parce que son trône est particulièrement menacé. Nous sommes au temps des guerres de religion. Elisabeth, la protestante, s'empare de la couronne. Inacceptable pour les catholiques, non seulement d'Outre-Manche mais aussi d'une Europe déchirée, ravagée par l'intolérance et la haine religieuse. 

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Complots, massacres, attentats au nom d'un Dieu, cette fièvre fanatique du XVIe siècle renvoie de manière troublante à celle de notre époque. "Si on veut comprendre pourquoi on a ces attentats à cause des religions, si on compare avec des événements parallèles du XVIe siècle, peut-être nous allons mieux comprendre les événements d'aujourd'hui", ajoute l'écrivain.

Ken Follett fait revivre les reines

L'un des talents de Ken Follett, c'est de savoir faire revivre de grandes figures historiques. C'est plus que jamais le cas dans Une colonne de feu, et priorité ici aux femmes, trois d'entre elles jouent un rôle majeur en ces temps d'affrontements religieux, Catherine de Médicis en France, Marguerite de Parme, moins connue, à la tête des Pays-Bas et donc Elisabeth I, surnommée la Reine Vierge : "On ne peut pas en être certain, mais j'y crois. On pense qu'elle a aimé, elle n'était pas belle mais c'est clair qu'elle avait un charme formidable."

Elle est si puissante qu'elle fera exécuter sa rivale, la catholique Marie Stuart, reine d'Écosse, une des scènes marquantes du livre sous la plume habile de Ken Follett. 

Autre épisode historique magistralement revisité par Ken Follett dans ce XVIème siècle tourmenté : le massacre des protestants, le jour de la Saint-Barthélémy. "J'ai découvert que Sir Francis Walsingham, qui a réellement construit les services secrets pour Elisabeth était par hasard à Paris pendant ce massacre. Cela m'a permis de faire une connexion entre l'Angleterre et la France. Je n'aime pas écrire des histoires uniquement sur l'Angleterre."

Un héros attachant

L'auteur greffe au contexte des guerres de religions du XVIe siècle une pure fiction et son propre héros, Ned Willard, un jeune protestant de Kingsbridge, fasciné par la reine Elisabeth et qui va entrer à son service en tant qu'espion : "J'admire le courage. Donc un héros de Ken Follett, en général, est courageux, intelligent", décrit l'auteur.

Avec cet espion de la reine et rival des redoutables agents français, Ken Follett brosse l'un de ses personnages les plus attachants et comme il n'y a pas de roman parfaitement réussi sans amour, Ned, le protestant va tomber sous le charme de Margery, une belle et douce catholique dont la famille s'oppose à l'idylle des deux jeunes gens, comme dans Roméo et Juliette. "N'importe quelle histoire d'amour, c'est Roméo et Juliette", s'amuse l'écrivain. "Il faut que les deux ne puissent pas être ensemble, on voit ces jeunes personnes tomber amoureux pour montrer à quel point cette guerre est stupide".

Une reconstitution historique soignée

Le succès phénoménal des romans de Ken Follett tient, bien sûr, à son talent de conteur mais aussi au soin qu'il apporte à sa reconstitution historique. Une méthode efficace et bien rodée qui passe d'abord par un énorme travail de documentation : "Il me fallait beaucoup de livres. J'en ai utilisé environ 250. J'aime beaucoup, aussi, visiter les endroits", ajoute l'auteur, qui a visité Paris avec un ami historien. "En allant sur place, je peux imaginer ce que les personnages font dans une rue ou une ville. Quand je connais l'endroit, je peux imaginer les événements."

Mais Ken Follett pousse encore plus loin son souci d'exactitude historique : "Ayant écrit un premier jet, je paie des historiens pour le lire et chercher des erreurs ou des choses qui leur paraissent erronés pour l'époque."

Il ne vous reste plus qu'à vous précipiter sur Une colonne de feu, publié chez Robert Laffont et d'ores et déjà disponible en librairie. 

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